L’Afrique face aux défis de la maîtrise  de l’intelligence artificielle: Des perspectives prometteuses

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Pr des universités- Expert international-, Dr d’Etat 1974 Abderrahmane Mebtoul

Politiques, entrepreneurs, médias, universitaires, simples  citoyens, nous vivons tous aujourd’hui dans une société de la communication électronique, plurielle et immédiate qui nous contraint à prendre des décisions en temps réel. La maîtrise du temps étant le défi principal du siècle, en ce XXIe, engageant la sécurité nationale toute inadaptation à ces mutations isolerait encore plus le continent qui a pourtant d’importantes potentialités.

Rappelons que des  dizaines de chefs d’Etat et ministres dont Narendra Modi, Antonio Guterres et Emmanuel Macron qui ont assisté au sommet de l’IA à New Delhi en Inde  les 19 et 20 février 2026  publieront le 21 février 2026  une déclaration sur la manière de réguler l’usage de l’intelligence artificielle  et ont appelé à l’établissement rapide de règles communes afin de garantir une utilisation sûre de l’IA. Le patron d’OpenAI, Sam Altman, a déclaré que cette technologie en plein essor avait un besoin urgent de régulation, alors que grandissent les inquiétudes quant à son impact sur la société

1-La définition des menaces cybernétiques et la mise en œuvre des mécanismes de contrôle et de détection efficaces, constituent aujourd’hui les principales exigences prospectives pour assurer l’entière sécurité requise pour les infrastructures vitales de façon sûre et permanente et une  nécessité pour garantir la sécurité nationale dans ses dimensions politique, militaire, économique et sociétale, voire même technologique. Des écoutes téléphoniques ; nous sommes passées aux interceptions des messages électroniques. Lorsqu’un mail est envoyé de façon habituelle, il n’est pas crypté et peut transiter par une dizaine de proxies qui jalonnent le parcours vers sa destination. Or, ces derniers conservent, pour des raisons techniques mais aussi légales, une copie des messages reçus. Les informations contenues dans le corps du message et dans les fichiers joints peuvent donc être lues par autant de responsables de proxies que nécessite le trajet. Les vols de documents ne se produisent pas seulement en accédant, à distance ou non, à un ordinateur ou un serveur, mais également de la façon la plus inattendue par les photocopieuses. Chaque fois que l’on copie un document sur un copieur moderne, une copie est enregistrée sur le disque dur de la machine, étant devenues de véritables centres de stockage. Les copieurs et les machines multifonctions les plus modernes stockent les informations avant de les imprimer, des experts en informatique peuvent récupérer ces informations, d’autant plus que la plupart d’entre elles sont généralement connectées à un réseau, soit via un PC (imprimante partagée), soit grâce à une adresse IP propre.

2-Sur le plan macroéconomique, les nouveaux processus mis en place grâce aux TIC ont des conséquences sur l’analyse de la valeur des produits et services, que l’on effectue davantage sur le cycle de vie, lequel a tendance à se raccourcir et influe sur les gains de productivité   Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ont des implications au niveau de la gouvernance politique, la gestion des entreprises et des administrations et a un impact également sur notre nouveau mode de vie renvoyant au savoir et à l’innovation permanente. La globalisation des entreprises, des marchés et des circuits de la finance n’a pas seulement impliqué un remodelage des structures économiques et des flux d’échange, elle a aussi conduit à la professionnalisation de la communication et de l’information, ainsi qu’à une intégration de plus en plus poussée des phases de la conception, de la création et de la consommation des produits, parallèlement à la fusion de sphères d’activités jadis séparées, voire opposées.  Plus qu’une ouverture vers le grand public les TIC révolutionnent l’organisation interne de l’entreprise, les logiciels de gestion appelés les ERP (Entreprise Ressource Planning) gèrent différentes tâches comme les stocks ou la trésorerie, le travail collaboratif est simplifié grâce à l’utilisation de l’intranet et de la messagerie, le système «wireless» ou «sans fil» maintient un lien permanent avec des collaborateurs en déplacement tout comme la vidéoconférence, tout cela génère un meilleur partage ainsi qu’une meilleure circulation de l’information interne. Elles permettent de mettre en place des modèles d’organisation du travail dont les principales caractéristiques sont la décentralisation et la flexibilité. Le phénomène de délocalisation de l’emploi.  D’où l’importance du  développement d’une  stratégie  intégrée dans le domaine numérique, la combinaison des aspects prospectif et de prévention contre les menaces de l’espace cybernétique, la protection des systèmes et des données, la promotion d’une culture numérique ce qui repose sur la sensibilisation permanente, ainsi que la veille stratégique de l’ensemble des institutions. Avec la révolution du nouveau système d’information, nous devons gérer un important flux d’informations. Une gestion qui exige la crédibilité de l’appareil statistique et la sélection opératoire de cette masse d’information, pour s’adapter à la nouvelle révolution mondiale du numérique qui a un impact sur le comportement des citoyens, sur la gestion des institutions et des entreprises.

3-D’une manière générale, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) changent profondément la vie au quotidien des citoyens, le fonctionnement des entreprises, de l’Etat. Tout cela entraîne de nouvelles représentations mentales et sociales. Cela est plus patent au niveau multimédia (TV, vidéo à la demande, GPS, musique…) sur les téléphones portables.  Le développement d’Internet à haut débit, la démocratisation de l’ordinateur et des nouvelles technologies découlent d’une baisse des tarifs proposés par les fournisseurs d’accès et d’une demande de plus en plus présente de la clientèle. Le boom des blogs et des messageries électroniques donne aux TIC une place de plus en plus vaste dans notre société.  Ainsi, le monde est devenu une grande maison de verre, un acquis contre les régimes totalitaires dans la mesure où l’information n’est plus le quatrième pouvoir mais le pouvoir lui-même (voir l’American Herald Tribune du 11 août 2018 (USA) «Dr Abderrahmane Mebtoul : «Algeria Still Faces Significant Challenges» Avec l’avènement d’Internet et le développement formidable qu’il connaît depuis quelques années et les retombées  de l’application de l’intelligence artificielle  qui révolutionne  le monde, marginalisant les pays qui ne la maîtrisent  pas  , avec des impacts économiques, psycho-sociologiques , militaires  et sécuritaires,  mettent en  demeure tout Etat et toute entreprise – de quelque importance qu’elle soit – de s’adapter et d’en faire l’usage le plus judicieux et le plus productif., la sécurité et la compétitivité les obligeant à obtenir l’information en temps réel le temps, la maîtrise du temps étant le principal défi en ce XXIème siècle .  D’où l’importance de la gestion stratégique des nouvelles technologies qui sont pour une Nation et l’entreprise l’un des moteurs essentiels de sa performance globale et de sécurité. Cela explique que les grandes puissances et les nations émergentes utilisent  les Services de renseignement et de contre-espionnage, en mettant en place, si on se limite à l’Économique,  un service d’information économique pour aider leurs entreprises engagées dans le commerce extérieur.

4-Selon le Financial Times pour 2O25, les investissements dans l’intelligence artificielle  ont dépassé les 32O milliards de dollars au niveau mondial. Les analystes prévoient l’investissement  1847,5 milliards de dollars cumulé horizon 2030  et  que l’IA pourrait contribuer jusqu’à 14% du PIB mondial   soit environ 15700 milliards de dollars uniquement  pour  les  USA , sans compter les autres espaces  en expansion notamment en Russie, Europe , l’Asie Inde mais surtout  la Chine où selon l’agence  officielle chinoise  entend  devenir le numéro un mondial de l’intelligence artificielle d’ici 2030.,  le président Donald Trump pour garder le leadership  a annoncé 500 milliards de dollars d’investissements pour développer le secteur.  Les États-Unis, la Chine et le Royaume-Uni sont en tête du classement mondial de l’IA , publié par le Stanford Institute for Human-Centered AI (États-Unis), le 21 novembre 2024 la  France se classant  6e devant l’Allemagne.

Pour l’Afrique , selon Global AL Index  et Oxford Insights pour 2025   se  basant notamment sur  la gouvernance (stratégies nationales, lois de protection des données), les infrastructures (investissements dans les Data Centers  et la formation des talents  le  top des 20 des pays africains en Intelligence Artificielle  et l’enquête  « AI Talent Readiness Index for Africa 2025 » sur la  capacité des 54 pays du continent à développer, retenir et déployer des talents en IA se basant  sur 20 indicateurs tels que le pourcentage de développeurs Web par million d’habitants, le nombre d’établissements d’enseignement supérieur offrant des formations en IA et en « machine learning » (ML), le pourcentage des diplômés du supérieur dans la main-d’œuvre totale, le taux de pénétration d’Internet, l’adoption d’une stratégie nationale de développement de l’IA, le taux d’électrification, la qualité des réglementations dans le domaine de la protection des données, où le score global repose sur  vingt indicateurs, qui ont été regroupés en trois piliers selon la pondération suivante : « compétences numériques » (40 %) ; « données & infrastructures » (35 %) ; et « état de préparation du gouvernement à l’adoption de l’IA » (25 %),

 le  top des 16 des pays africains en Intelligence Artificielle est  par  ordre décroissant :1.- Égypte (47e mondial) ; 2.- Afrique du Sud (54e mondial ; 3.-  Ghana (61e mondial) ; 4.- Algérie (65e mondial) ; 5.-  Maroc (68e mondial) ; 6- Nigeria (69e mondial) ; 7- Maurice (70e mondial) ;8- Kenya (74e mondial) ; 9.-  Sénégal (75e mondial) ; 10.-  Côte d’Ivoire (84e mondial) ;11-  Tunisie (85e mondial) ;12-  Rwanda (86e mondial) ;  13–Bénin (88e mondial) ;  14 -Zambie (89e mondial) ;15-  Éthiopie (91e mondial) ; 16- Sierra Leone (93e ) .Ces enquêtes  ayant omis les  Seychelles qui  se classent généralement dans le Top 10 africain et oscillent autour de la 50e et 60e place mondiale, selon les différentes éditions des indices de préparation gouvernementale à l’intelligence artificielle (notamment le Government Al Readiness Index   d’Oxford Insights.

En conclusion, un pays sans son élite étant comme un corps sans âme  et l’intelligence artificielle (IA est devenue un enjeu majeur de souveraineté  numérique  et de développement  économique en Afrique   et laisse entrevoir des perspectives prometteuses et pose des défis substantiels.  Le continent, porté par sa jeunesse, ambitionne de concevoir des solutions locales adaptées à ses réalités (agriculture, santé, éducation) plutôt que de simplement consommer des technologies étrangères. Or  bon nombre de pays développés  favorisent  l’exode de cerveaux dont ceux provenant de l’Afrique où le  coût financier annuel de la fuite des cerveaux pour l’Afrique   est estimé à environ 4 milliards de dollars par les institutions internationales, ce montant colossal  correspondant  aux dépenses que le continent doit engager chaque année pour recruter des experts expatriés ou des consultants internationaux afin de combler le vide laissé par le départ de ses propres diplômés  Je suis persuadé que  l’Afrique sera s’adapter à ces  nouvelles transformations  qui auront un impact stratégique sur son  devenir et le devenir du monde  en   retenant la substance du développement ,  ses compétences, grâce à une nouvelle gouvernance , passant par des sous intégrations régionales, en dynamisant la  Zone de Libre-échange Continentale Africaine (ZLECAF) et en mutualisant les dépenses d’investissement dans le savoir.

A.M

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