Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a inauguré jeudi à Oran une nouvelle unité de production du groupe public Saïdal dédiée à la fabrication de kits de diagnostic rapide à usage humain. Cette infrastructure s’inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer les capacités de diagnostic précoce des maladies et à consolider la souveraineté sanitaire du pays.
La cérémonie s’est déroulée en présence du directeur général de Saïdal, Mourad Belkhelfa, de responsables du secteur pharmaceutique et des autorités locales. À cette occasion, le ministre a souligné que la mise en service de cette unité s’inscrit dans la dynamique engagée depuis la création, en 2020, du ministère de l’Industrie pharmaceutique, une décision qu’il a qualifiée de tournant majeur dans le développement du secteur. Il a rappelé que l’Algérie a depuis renforcé son cadre réglementaire, facilité l’investissement, encouragé les partenariats et soutenu les activités de recherche et de développement. Ouacim Kouidri a affirmé que l’Algérie occupe aujourd’hui la première place en Afrique en nombre d’unités de production pharmaceutique et nourrit l’ambition de devenir un véritable hub régional dans ce domaine. Dans cette perspective, il a annoncé que Saïdal prévoit d’élargir progressivement sa gamme de réactifs, passant de 32 références dans une première phase à près de 300 à terme. Cette montée en puissance permettra de couvrir un large éventail de pathologies relevant de la santé humaine, animale et végétale. Le ministre a également indiqué que son département étudie, en coordination avec le groupe Saïdal, la possibilité de produire localement les matières premières entrant dans la fabrication des médicaments essentiels figurant dans la nomenclature nationale, qui compte environ 350 produits. L’objectif est de réduire la dépendance aux importations et de renforcer l’autonomie pharmaceutique du pays. Abordant la dimension internationale du secteur, il a précisé que l’Algérie a atteint un taux d’avancement avoisinant les 90 % dans le processus d’évaluation de la maturité de son système réglementaire pharmaceutique par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette étape devrait faciliter l’enregistrement et l’exportation des médicaments algériens, notamment vers les marchés africains. Pour sa part, le directeur général du groupe Saïdal, Mourad Belkhelfa, a qualifié cette nouvelle unité de projet stratégique destiné à bâtir une industrie pharmaceutique intégrée couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, du diagnostic au traitement, tout en réduisant le recours aux produits importés. Selon lui, l’usine produira dans un premier temps 32 types de kits de diagnostic rapide destinés notamment au dépistage précoce de certains cancers, des pathologies gynécologiques, du VIH ainsi que de la toxicomanie. La capacité de production est estimée à 40 000 unités par jour grâce à une organisation reposant sur trois équipes de travail. Une extension est déjà prévue à court terme afin de porter la production à 85 types de kits, en réponse à la demande croissante du marché national. Au-delà de la santé humaine, cette nouvelle unité développera également des solutions destinées au diagnostic vétérinaire et à la détection des maladies affectant les cultures agricoles, contribuant ainsi au renforcement de la sécurité sanitaire et alimentaire. Cette inauguration intervient quelques heures après celle de la première unité algérienne spécialisée dans la fabrication des anticorps monoclonaux, des médicaments biologiques innovants utilisés notamment dans le traitement de plusieurs maladies graves, dont certains cancers. À travers ces investissements, Saïdal poursuit sa stratégie d’intégration industrielle et de développement des technologies de santé, avec l’ambition de renforcer la production nationale et de consolider la place de l’Algérie sur le marché pharmaceutique régional.
Sonia Stambouli






