Professeur des universités- Expert international -Docteur d’Etat – Abderrahmane MEBTOUL
1.- Dans le domaine militaire et sécuritaire, le Général d’Armée, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, Chef d’Etat-major de l’ANP, a présidé, le 16 avril 2026, au Cercle national de l’Armée, à Béni-Messous, en première Région militaire, l’ouverture des travaux du séminaire, organisé par la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure sous le thème « les menaces extérieures à l’ombre des mutations géopolitiques et technologiques : défis sécuritaires et enjeux stratégiques ,traçant les stratégies d’adaptation de l’Algérie face aux nouvelles mutations que traverse le monde s’adressant tant au gouvernement qu’à l’institution militaire et sécuritaire du pays en présente du directeur de cabinet de la présidence de la république, du chef du gouvernement, de la majorité des ministres et des responsables militaires . Car les politiques socio-économiques et les systèmes de défense- sécurité ont profondément changé rendant obsolètes certaines politiques économiques du passé et certains segments militaires comme le montre clairement l’actuel conflit USA ISRAËL IRAN et donc le problème posé est le suivant : quelles sont les nouvelles menaces extérieures auxquelles est confrontée l’Algérie face aux mutations géopolitiques et technologiques qui ont créé de nouvelles données sur les Etats, leurs politiques et leurs économies. Des menaces majeures sont apparues, imposant des défis sécuritaires et créant des enjeux stratégiques dans les domaines du cyberespace, de l’intelligence artificielle et de la gestion des données , où la maîtrise de la recherche-développement et la production de connaissances représentent désormais un facteur essentiel pour déterminer les équilibres de forces et d’influences dans les relations internationales. Aussi, le contrôle des outils d’anticipation et l’élaboration des scénarios prévisibles sont des clés importantes pour la prise de décisions stratégiques et sécuritaires et l’amélioration des niveaux de maturité des politiques publiques de l’Etat devant renforcer la veille stratégique, à travers l’adoption d’approches proactives face aux différents défis, qui garantissent à l’Algérie de rester un partenaire international crédible et un acteur actif dans son espace géo-sécuritaire.
2.-Dans le domaine économique intimement lié au facteur sécuritaire existant un lien dialectique entre sécurité et développement, force est de reconnaître que le système algérien est de nature publique et fortement dépendant de la rente de hydrocarbures qui irrigue directement et indirectement la majorité des secteurs et assure un minimum de cohésion sociale. La Banque mondiale en termes de PIB courant dans ses prévisions de 2026 classe l’Algérie en quatrième position en Afrique avec un PIB de 285 milliards de dollars derrière l’Afrique du Sud, l’Egypte, et le Nigeria , le FMI venant légèrement de modifier son taux de croissance prévu à 3,6%, alors que le gouvernement donne un autre montant différents dans ses prévisions contenues dans la loi de finances à 324 milliards de dollars US, un écart de 39 milliards de dollars avec une croissance économique estimée à 4,3% mais qui donnerait dans les deux cas environ 300 milliards de dollars en 2028. Les exportations hors hydrocarbures sont marginales étant évacuées fin 2025 entre 4,5 et 5 milliards de dollars mais sur ces montants selon les statistiques officielles de la douane 67% sont des dérivés d’hydrocarbures inclus dans la rubrique hors hydrocarbures . Aussi attention à certaines désinformations où récemment en avril 2026, certains responsables du ministère du commerce extérieur (reproduction par l’APS) citent des centaines de produits destinés à l’exportation sur plus d’une dizaine de pays. Mais l’important n’est pas le nombre, pour ne pas induire en erreur l’opinion publique, nationale car les étrangers connaissent parfaitement la situation, devant mentionner le montant en dollars, les produits nobles à forte valeur ajoutée , en n’oubliant pas les importations de services en devises fluctuant entre 5/6 milliards de dollars entre 2024/2025. Hors dérivés d’hydrocarbures ,les produits ferreux et semi ferreux-ciment ne dépassant pas 1 millions de dollar sur un montant global des exportations en valeur fluctuant , 2024/2025, entre de 45/5O milliards de dollars soit 2%
3.-Comme stratégie d’adaptation, il faudra été attentif aux normes internationales qui interdit tout dumping à l’exportation notamment les prix plafonnés du gaz environ 20% du prix international à certaines unités qui a conduit récemment les USA en mars2026 à imposer le taux de 72,94% correspond à des droits antidumping imposés par les États-Unis et il en sera de même pour l’Europe qui selon la banque d’Algérie représente environ 80% de ses recettes en devises en incluant la Turquie et la Grande Bretagne et également l’impact de la taxe carbone européenne sur ses exportations. Comme il faudra être réaliste, le marché un des plus difficile à pénétrer pour les entreprises algériennes devant avoir des entreprises compétitives en termes de couts-qualité loin de tout dumping, où outre l’émergence de nouveaux pays pétroliers et gaziers africains, dont la Mauritanie -Sénégal( Ile de la Tortue) en plus des anciens poids lourds comme le Nigeria, le Mozambique ,premier et deuxième réservoir de gaz en Afrique, la Libye premier réservoir de pétrole en Afrique la concurrence est acerbe, Chine-Europe-Russie, pays émergents et récemment la future stratégie des USA. C’est que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) à laquelle a adhéré l’Algérie, qui est un projet majeur visant à créer un marché unique de 1,5 milliard de personnes en 2025, regroupant 55 pays africains, avec un PIB combiné d’environ 3 400 milliards de dollars vise principalement à booster le commerce intra-africain en supprimant progressivement 90 % des droits de douane et en réduisant les barrières non tarifaires sur une période de 5 à 15 ans reprenant les fondamentaux économiques de l’organisation mondiale du commerce. . Sans oublier qu’en juillet 2025, l’Union européenne (UE) a officiellement enclenché une procédure d’arbitrage contre l’Algérie, qui selon la commission en incluant les exportations d’hydrocarbures l’Europe accuse un déficit commercial entre 2024/2055 supérieur à 20 milliards de dollars au profit notamment de la Chine : la visite de la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica prochainement à Alger pourra t-elle aplanir les divergences de l’Accord d’Association Algérie Europe qui est en stand by ?
En conclusion, d’où l’importance pour le gouvernement comme cela a été noté par le ministre délégué et chef d’État major de l’ANP repris dans la revue ANP Djeich, des stratégies d’adaptation à ce nouveau monde devant préciser outre mes conférences internationales au niveau des instituts de géostratégie , ce thème , je j’ai développé il y a de cela plusieurs années lors de conférences devant les officiers de l’Ecole supérieur de guerre, de l’Etat-major de la gendarmerie nationale , à l’Institut militaire de documentations et de prospectives et devant les cadres de la sûreté nationale DGSN. Le devenir d’un monde multipolaire, conditionne largement la réussite de cette grande entreprise de cohabitation entre les peuples, qui interpelle notre conscience commune Le grand défi auquel le monde est appelé à relever notamment est la lutte contre le réchauffement climatique qui n’est pas une vue de l’esprit, le défi du contrôle numérique dont l’intelligence artificielle qui bouleversera entre 2026/2030/2035 les relations internationales, les comportements des citoyens, la structure future des emplois, la gestion des entreprises et des institutions civiles et militaire C’est en tenant compte de ces profonds bouleversements que j’ai préconisé depuis de longues années aux pouvoirs publics algériens, un ministère d’Etat chargé de la planification regroupant les meilleures compétences sous la coupe directe du président de la république , ne pouvant naviguer à vue au risque d’une marginalisation du pays. Je considère pour ma part outre la moralité sans faille des dirigeants que la démocratisation tenant compte de notre riche anthropologie culturelle que les intermédiations politiques et sociales crédibles collant avec les aspirations de la société et notamment la participation de la femme à la gestion de la Cité dont les facteurs déterminants de la consolidation de la sécurité et de la stabilité sociale et économique.
A.M






