Le spécialiste en planification stratégique et développement, le Dr Mohamed Chérif Daroui, a mis en avant un tournant significatif dans l’approche algérienne envers la région du Sahel, soulignant le passage d’un modèle de partenariat politique classique à une dynamique de coopération axée sur le développement global et concret.
Intervenant ce lundi dans l’émission « L’Invité du matin » de la Chaîne I de la Radio nationale, l’expert a estimé que l’examen, à un rythme soutenu, par le Conseil des ministres du suivi des conclusions du dernier sommet entre l’Algérie et le Tchad, constitue un indicateur fort de cette transformation. Selon lui, cette démarche traduit une volonté claire d’inscrire l’action publique dans une logique d’efficacité et de résultats mesurables. Pour Mohamed Chérif Daroui, cette nouvelle orientation ouvre des perspectives élargies à l’ensemble des secteurs, appelés à s’inscrire dans un cadre de coopération structuré et fiable. L’objectif est de répondre aux défis économiques et sociaux croissants auxquels fait face la région du Sahel, dans un contexte marqué par de profondes mutations. L’expert a, dans ce sens, insisté sur le fait que l’Algérie consacre désormais une approche fondée sur « le primat de l’action sur le discours », notamment dans un environnement régional et international caractérisé par une instabilité persistante. Il a souligné que la région du Sahel a aujourd’hui besoin d’initiatives concrètes capables de produire des effets tangibles sur le terrain, plutôt que de simples déclarations politiques. Abordant la situation sécuritaire et géopolitique, Mohamed Chérif Daroui a relevé la complexité des défis auxquels est confrontée la région, en raison notamment de l’enchevêtrement des intérêts internationaux et des rivalités d’influence. Cette configuration a transformé le Sahel en théâtre de conflits indirects et en espace propice à l’expansion des groupes armés, terroristes et criminels, aggravée par la pauvreté et la fragilité socio-économique. Une approche sans conditionnalité Dans ce contexte, l’expert a tenu à mettre en relief la spécificité de l’approche algérienne en matière de coopération, fondée sur le principe de non-imposition de conditions préalables aux pays partenaires. Une démarche qui se distingue, selon lui, de certaines pratiques observées chez des puissances ou des ensembles économiques internationaux, parfois enclins à lier coopération et objectifs géopolitiques. Mohamed Chérif Daroui a ainsi insisté sur l’enjeu majeur que représente la transformation des projets de coopération en résultats économiques concrets, directement perceptibles par les populations locales, notamment dans les zones les plus vulnérables. Dans cette optique, il a mis en avant le rôle central de l’Algérie dans la promotion de projets d’intégration régionale. Cela passe par le développement d’infrastructures communes, le renforcement des zones frontalières et l’interconnexion des réseaux de transport et d’énergie avec les pays voisins. Des projets structurants à dimension régionale L’expert a également évoqué la mise en œuvre de projets transfrontaliers d’envergure, incluant la modernisation et la connexion des réseaux routiers et ferroviaires, ainsi que le développement de pôles industriels et énergétiques. Ces initiatives visent à favoriser une intégration économique élargie, en lien avec les marchés européens et internationaux. En conclusion, Mohamed Chérif Daroui a souligné que le suivi de ce dossier au plus haut sommet de l’État témoigne d’un engagement direct du Président de la République dans la concrétisation des engagements pris. Une supervision qui vise à garantir le respect des délais de réalisation et des standards d’investissement, avec une attention particulière accordée à la maîtrise du facteur temps, considéré comme déterminant dans la réussite de ces projets structurants. Nora Mohammedi






