L’Algérie a refusé l’entrée du groupe émirati Taqa dans deux usines de dessalement d’eau de mer, selon les informations rapportées, hier par le journal espagnol El Confidencial.
Cette opération internationale concerne le rachat de la société espagnole GS Inima, filiale du groupe sud-coréen GS Group, par la compagnie d’Abou Dhabi Taqa, pour un montant estimé à environ 1,1 milliard de dollars. Mais la transaction ne pourrait pas inclure certaines activités situées en Algérie.
Les autorités algériennes ont exprimé leur opposition à ce que les usines de dessalement de Mostaganem et de Cap Djinet (Boumerdès) soient intégrées dans ce transfert. Ces deux unités représentent des actifs liés à la production d’eau potable à partir de l’eau de mer, un domaine considéré comme stratégique en Algérie.
Pour justifier cette position, Alger s’appuie sur les règles encadrant les investissements étrangers et les transferts d’actifs dans les secteurs jugés stratégiques. Même si les anciennes règles comme la participation locale obligatoire ont été assouplies, les autorités disposent toujours d’un système d’autorisation préalable pour les changements d’actionnariat dans certains domaines.
Le secteur de l’eau et des infrastructures de dessalement fait partie de ces activités soumises à contrôle. Sans validation administrative, tout transfert de parts reste bloqué sur le territoire national. Cette décision pourrait entraîner une réorganisation de la structure des projets concernés.
À Cap Djinet, la société espagnole Aqualia, déjà présente dans le consortium, pourrait exercer un droit de préemption pour reprendre les parts de GS Inima, ce qui permettrait de poursuivre l’exploitation sans modification majeure du contrôle opérationnel.
À Mostaganem, où GS Inima détient une part importante du projet, d’autres options sont évoquées, comme une reprise locale éventuelle via des acteurs nationaux, dont des filiales liées au groupe public Sonatrach, notamment l’Algerian Energy Company (AEC).
Ce n’est pas la première fois qu’un projet impliquant Taqa rencontre des obstacles en Algérie. En 2024, une tentative de prise de participation dans le groupe espagnol Naturgy avait déjà suscité des réactions du côté algérien, notamment via Sonatrach, partenaire et fournisseur de gaz. Cette position avait contribué à l’arrêt des discussions à l’époque.
Le cas actuel confirme une approche prudente des autorités algériennes concernant les infrastructures considérées comme essentielles, en particulier lorsque des investisseurs étrangers des Émirats arabes unis sont concernés. Pour GS Group et Taqa, cette situation pourrait conduire à revoir certains accords plus larges couvrant plusieurs projets internationaux.






