Algérie-Italie: Eni rejoint le projet agro-industriel de 420 millions d’euros à Timimoun 

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Dans le cadre de sa stratégie globale de souveraineté alimentaire, la wilaya de Timimoun s’apprête à accueillir un investissement majeur de 420 millions d’euros dédié à la transformation du désert en un vaste grenier agricole. L’entrée récente de la compagnie énergétique italienne Eni au capital de BF International, à hauteur de près de 50 millions d’euros, donne une impulsion nouvelle à ce partenariat bilatéral d’envergure. En rejoignant indirectement ce projet structurant aux côtés du Fonds National d’Investissement algérien, le géant pétrolier confirme l’attractivité croissante de l’agriculture saharienne pour les capitaux internationaux et scelle une alliance entre développement énergétique et sécurité alimentaire.

L’entrée du géant pétrolier italien Eni au capital de BF International, détenteur de la majorité des parts d’un mégaprojet agricole à Timimoun, marque une étape décisive dans la diversification économique de l’Algérie. En injectant près de 50 millions d’euros dans la structure holding italienne, la compagnie énergétique s’associe indirectement à une initiative titanesque évaluée à 420 millions d’euros. Cette opération financière illustre une convergence sans précédent entre les enjeux énergétiques traditionnels et la quête d’autonomie alimentaire. Étalé sur une superficie de 36 000 hectares, ce complexe agricole vise à transformer le paysage aride du Sud algérien en un pôle agro-industriel de premier plan.

La planification spatiale du site témoigne d’une rigueur industrielle affirmée, attribuant 35 450 hectares exclusivement à la production végétale, tandis que 550 hectares sont réservés au déploiement des infrastructures, des voies logistiques et des services administratifs. L’effort de mise en valeur s’accélère à un rythme soutenu, prévoyant une extension des surfaces exploitées de 7 000 à 13 000 hectares dès 2026, ce qui représente une expansion impressionnante de 85,7 %. L’initiative répond directement aux impératifs stratégiques nationaux en se concentrant sur des cultures vivrières hautement sensibles. La production s’articule autour des céréales, des légumineuses et du soja, des denrées dont l’importation pèse lourdement sur la balance commerciale de l’État. Pour garantir la souveraineté de la chaîne d’approvisionnement, le projet intègre un réseau de stockage massif composé de douze silos modernes capables de conserver jusqu’à 62 000 tonnes de récoltes. L’ambition sous-jacente consiste à bâtir un modèle complètement intégré, associant le travail de la terre, la transformation agroalimentaire locale, le stockage sécurisé et la distribution logistique.

Sur le plan social et économique, l’impact régional s’annonce considérable avec la création attendue de 6 700 emplois, dont 1 600 postes permanents. Ce vivier d’opportunités professionnelles offre un levier de développement majeur pour la jeunesse et les compétences locales de la wilaya de Timimoun. Sur le plan de la gouvernance, la structure de l’entreprise conjointe préserve scrupuleusement les intérêts stratégiques algériens. Le Fonds National d’Investissement détient 49 % des parts de la société de projet, le partenaire italien conservant 51 % via BF International. La présence financière d’Eni reste donc indirecte et n’altère en rien l’équilibre des pouvoirs au sein du partenariat public-privé. Le Fonds National d’Investissement conserve d’ailleurs un rôle déterminant dans le pilotage global de l’entreprise.

Son droit de regard s’exerce de manière décisive sur les décisions d’orientation stratégique, la validation des budgets d’investissement et l’élaboration du plan d’expansion industrielle. Cette synergie financière et technique entre l’expertise agricole italienne et la tutelle souveraine algérienne garantit que la recherche de rentabilité s’aligne parfaitement avec les objectifs de sécurité alimentaire du pays. Ce partenariat de grande envergure pourrait bien redéfinir les standards des investissements internationaux dans le Sahara. En réussissant le pari de conjuguer capitaux privés, technologies de pointe et souveraineté nationale, le projet de Timimoun jette les bases d’un modèle reproductible pour la mise en valeur des zones arides. L’Algérie démontre ainsi sa capacité à attirer des investisseurs majeurs hors du secteur des hydrocarbures, tout en bâtissant une agriculture saharienne moderne, durable et résiliente face aux défis climatiques et économiques mondiaux.

Mohamed B.

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