Le réchauffement climatique, un multiplicateur de menaces pour la sécurité mondiale

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Par Abderrahmane Mebtoul, Professeur des universités, expert international docteur d’Etat  1974 en management stratégique, membre du Forum Mondial du Développement Durable -Président de la commission transition énergétique des 5+5+Allemagne 2019/2021

Les impacts du réchauffement climatique s’aggravent à travers le monde, avec des drames humains  dont la plus grave le  26 août 2026 est la  crue dévastatrice survenue à la frontière du Népal et de la Chine qui a fait, bilan provisoire,  au moins 389 morts 466 blessés avec des  maisons, immeubles, écoles engloutis par des torrents de boue, à l’origine  une vague causée par l’effondrement d’une partie d’un glacier, d’une telle violence qu’elle a été enregistrée comme un séisme de magnitude 5,2 et  dans ‘d’autres contrées du monde, des  pays font face  à des incendies de grande ampleur inégalées favorisés par la sécheresse qui sévit depuis quelque temps  Nous assistons  impuissant à  l’intensification des vagues de chaleur et le retour marqué du phénomène El Niño  aggravant les conflits, la faim et les déplacements de populations.

Ce nuage catastrophique fut quasiment ubiquitaire en cette année   2026  avec des inondations  et brasiers d’une violence inouïe à l’ensemble du bassin méditerranéen, en Europe,  Amérique, en  Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et autour des contrées du Pacifique.  Le réchauffement climatique agit comme un multiplicateur de menaces pour la sécurité mondiale, en aggravant les conflits, la faim due à la crise alimentaire, et les déplacements de populations. Fondamentalement, si les gouvernants échouent  à passer à un monde à faible émission de carbone, c’est l’intégrité globale de l’économie mondiale qui sera menacée, car le climat mondial est un vaste système interconnecté. Le coût financier de l’inaction face au réchauffement climatique est estimé à environ 19% du PIB mondial  par an d’ici 2050 et pourrait atteindre selon les experts du climat  environ 50%  d’ici 2100, d’où l’urgence d’un nouveau modèle de production et de consommation mondial.

 La nécessité d’une gouvernance mondiale intégrant le réchauffement climatique 

Je tiens à rappeler que la  télévision de l’Assemblée française «LCP», émission « ces idées qui gouvernent le monde » animée par le docteur Emile MALET  Président du Forum Mondial du Développement Durable qui  a organisé un important débat sur l’impact du réchauffement climatique et la sécurité mondiale qui a été  diffusée le lundi 24 octobre 2022.  Les  intervenants ont été Brice Lalonde, ancien ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, ex sous-secrétaire général de l’ONU, coordonnateur exécutif de la Conférence des Nations unies sur le développement durable (Rio+20), le Professeur Hervé Le Treut, spécialiste de la simulation numérique du climat, membre de l’Académie des sciences, professeur à l’École polytechnique et à la Sorbonne, Fabienne Keller, Députée européenne, diplômée de l’Université de Californie , Ecole polytechnique, Daniel Salmon, sénateur d’Ille-et-Vilaine, EELV, professeur des Écoles et  Abderrahmane Mebtoul, professeur des Universités, expert international,  Au cours de cette émission et par la suite entre  2023/2026  dans plusieurs contributions internationales ,  j’ai mis en relief qu’avec les différents conflits pouvant conduire à des guerres pour l’eau dans différentes contrées du monde,  que les impacts principaux du changement climatique se traduisent par une pénurie des ressources hydriques, la dégradation de la qualité de l’eau, l’intrusion des eaux marines au niveau des nappes aquifères et la détérioration des infrastructures, causée principalement par les inondations et les incendie. Depuis 1850, notre planète s’est réchauffée en moyenne de 1,1°C et selon le rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), le réchauffement planétaire en cours pourrait atteindre 1,5°C à 4,4°C d’ici 2100. Les experts du Giec indiquent que le réchauffement climatique devrait être contenu à +1,5°C au maximum d’ici 2100 pour éviter que notre climat ne s’emballe. Cette limitation sera hors de portée à moins de réductions immédiates, rapides et massives des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2050. La lutte contre le réchauffement climatique est donc une question de sécurité mondiale car si l’Afrique, l’Asie dont la Chine et l’Inde abritent plus de 4 milliards d’habitants sur les 8 milliards d’habitants que compte notre planète depuis janvier 2023, avaient le même modèle de consommation énergétique que l’Europe et les USA, moins d’un milliard d’habitants pour un PIB mondial dépassant les 40%, en 2025, il faudrait selon les experts trois à quatre fois la planète terre pour couvrir les besoins. Le monde connaît un bouleversement inégal depuis des siècles, d’un côté des pluies diluviennes ainsi que des inondations, et de de l’autre côté, sécheresses et incendies. Pour réduire les coûts, impossibles à supporter par un seul Etat, il s’agira d’accélérer la coopération internationale et la transition énergétique et revoir notre modèle de consommation et penser à une économie de l’eau. Les gouvernants du monde, étant impossible pour un seul pays de réguler, doivent prendre conscience  que les impacts du  réchauffement climatique  outre le coût financier qui  se chiffre à des centaines de milliards de dollars par an en dégâts immédiats. Sans compter les impacts des pluies  diluviennes,  en raison  d’une  sécheresse historique et prolongée qui touche plusieurs pays dont l’Asie ,les feux de forêt ont   ravagé plus de 200.000 hectares en Indonésie, en Inde environ 3,73 millions d’hectares, en moyenne ,  de forêts brûlent  chaque année ,selon les évaluations   de Forest Survey  of India  FSI  et pour la Chine , selon Global Forest  Watch ,une perte d’ environ un  (1) million  d’hectares  de couverture arborée à cause des incendies sur une période  de 24 ans  montrant une relative maîtrise en référence  à ce qui se passe dans le monde  . En  2026 , le  Canada a perdu plus de 3,7 à 3,8 millions d’hectares consumés par les flammes en raison d’une intense vague de chaleur notamment en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique et   les États-Unis plus de 1,85 million d’hectares. Des foyers majeurs ont touché l’État de Washington avec plus de 80 000 hectares détruits près de Spokane au mois d’août, ainsi qu’au Nevada, où un incendie récent près de Reno a parcouru plus de 6 000 hectares et entraîné l’évacuation de dizaines de milliers de personnes.  Sur le pourtour méditerranéen et en Europe  plus de 450 000 hectares ont été détruits par les incendies  et de janvier  à août 2026, pour l’ Espagne 295.000 hectares,  en France plus de 120 000 hectares , en Italie  80.000 hectares  et  au Portugal, environ 56500  hectares , sans compter les pertes humaines, la destruction des habitations  et donc les déplacements de populations.

 L’Afrique concentre entre 50 % et 64 % des surfaces brûlées de la planète avec des  millions d’hectares  chaque année. la grande majorité de ces surfaces provenant  de feux de savane ou de pratiques agricoles (comme la culture sur brûlis) en plus  des incendies provoquées par la sécheresse,   ou d’actes humains  destructeurs. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, les chocs climatiques en Afrique provoquent des millions de déplacements , s’ajoutant aux crises de conflit, les populations quittant les campagnes pour rejoindre les villes ou les régions mieux arrosées, modifiant durablement la répartition de la population. Parmi les pays les plus touchés , nous avons la  République Démocratique du Congo (RDC) , le pays le plus touché du continent  avec environ 13,6 millions d’hectares de végétation disparus, l’ Angola, le  Soudan du Sud et République centrafricaine, entre 6 et 7,5 millions d’hectares par pays, la  Guinée (3,3 millions d’hectares), la Zambie (3,2 millions d’hectares) et le Nigeria (2,8 millions d’hectares), l’ Algérie avec plus de 17 000 à 23 000 hectares, le Maroc 4100 hectares  et la Tunisie  4000 hectares Selon la Banque mondiale, l’Afrique n’est responsable que de 3,8 % des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde et pourtant, les pays africains subissent de plein fouet les effets dévastateurs de sécheresses et d’inondations de plus en plus sévères avec des conséquences dramatiques en termes de pertes humaines, sur l’agriculture et son soubassement l’eau douce.

Les  sept impacts du réchauffement climatique

Premièrement, pour la hausse du niveau des mers : La hausse moyenne des températures provoque une fonte des glaces continentales (glaciers, icebergs, etc.). Le volume de glace fondue vient s’ajouter à celui de l’océan, ce qui entraîne une élévation du niveau des mers. Près de 30% de cette élévation est due à la dilatation causée par l’augmentation de la température de l’eau. Le taux moyen d’élévation du niveau marin s’accélère, était de près d’1,3 mm par an entre 1901 et 1971, d’environ d’1,9 mm par an entre 1971 et 2006, et il atteint près de 3,7 mm par an entre 2006 et 2020, le GIEC estimant que le niveau des mers pourrait augmenter de 1,1 m d’ici 2100. Comme impact, les zones côtières seront confrontées à des inondations dans les zones de faible altitude plus fréquentes et plus violentes et à l’augmentation de l’érosion du littoral. Deuxièmement, la modification des océans qui absorbent naturellement le gaz carbonique. En excès dans les océans, le gaz carbonique acidifie le milieu sous-marin, ce qui provoque la disparition de certaines espèces, notamment des végétaux et des animaux tels que les huîtres ou les coraux. En plus de son acidification, la modification des océans entraîne une baisse de sa teneur en oxygène, réchauffement et augmentation de la fréquence des vagues de chaleur, affectant les écosystèmes marins et les populations qui en dépendent. Troisièmement, l’amplification des phénomènes météorologiques extrêmes. Cela provoque l’évaporation de l’eau, ce qui modifie le régime des pluies plus intenses, avec les inondations qui les accompagnent dans certaines régions, et des sécheresses plus intenses et plus fréquentes dans de nombreuses autres régions. En effet, lors de pluies violentes, les sols ne peuvent pas fixer l’eau, s’écoulant alors directement vers les cours d’eau plutôt que de s’infiltrer, les nappes d’eau souterraines ne pouvant se reconstituer. Le réchauffement planétaire entraîne le dérèglement des saisons et le déplacement des masses d’air qui pourraient, à long terme, accroître le nombre d’événements climatiques extrêmes: tempêtes, ouragans, cyclones, inondations, vagues de chaleur, sécheresses, incendies. Quatrièmement, le réchauffement climatique est une menace sur les plantes et les animaux car les cycles de croissance des végétaux sauvages et cultivés sont modifiés: gelées tardives, fruits précoces, chute des feuilles tardives, etc. Beaucoup d’espèces ne supporteront pas les nouvelles conditions climatiques et l’agriculture devra s’adapter en choisissant des espèces précoces.. Les comportements de nombreuses espèces animales sont perturbés et devront migrer ou s’adapter sous menace d’extinction. Cinquièmement, l’impact du réchauffement climatique bouleverse les conditions de vie humaine. Certains de ces effets sont irréversibles. Selon le rapport du Giec, environ 3,3 à 3,6 milliards de personnes vivent dans des habitats très vulnérables au changement climatique. Si le niveau des mers augmente d’1,1 m d’ici 2100, près de 100 millions de personnes seront contraintes de changer de lieu d’habitation, et certaines terres côtières ne seront plus cultivables et en plus, le changement climatique accroît les risques sanitaires: vagues de chaleur, cyclones, inondations, sécheresses, propagation facilitée de maladies. Sixièmement, les dérèglements climatiques perturbent la distribution des ressources naturelles, leur quantité et leur qualité. De plus, les rendements agricoles et des activités de pêche sont impactés. Les rendements agricoles pourraient baisser d’environ 2% tous les 10 ans tout au long du XXIe siècle, avec des fluctuations chaque année. Septièmement, les impacts sur les coûts. Ainsi, selon l’AIE les engagements gouvernementaux actuels ne permettraient d’atteindre que 20% des réductions d’émissions d’ici 2030 et devant investir chaque année jusqu’à 4000 milliards de dollars /an au cours de la prochaine décennie, en dirigeant la majorité de ces investissements vers les économies en voie développement, et vers des investissements vers les véhicules électriques, l’hydrogène, le captage / stockage du carbone et biocarburants, et sur l’efficacité énergétique en premier lieu dans le transport de l’énergie, le BTPH, l’industrie sans compter les coûts dans, la santé , l’agriculture et les loisirs avec un nouveau mode du tourisme, nécessitant la réforme du système financier mondial du fait que les obligations vertes représentent  seulement 2% de la valeur du marché obligataire mondial. En résumé,  l’année 2026 se positionne parmi les 3 à 4 années les plus chaudes de l’histoire  et les perspectives 2030/2040/2050 iront en s’aggravant si rien n’est fait pour contrer les effets négatifs avec  pour conséquence  une recomposition  des relations internationales et  du pouvoir économique mondial au profit  des pays qui investissent  dans les industries de l’avenir dont les industries écologiques  et  marginalisant les  pays les  plus   vulnérables  Aussi, il devient impératif pour les pays développés et pour l’intérêt de l’humanité des stratégies d’adaptation  et  qu’à une vision strictement marchande se substitue un co-développement pour une richesse partagée, supposant une large coordination internationale et des partenariats gagnant-gagnant  . Car, l’incertitude s’installe au cœur du paysage mondial selon le Global Risks Report 2026 du World Economic Forum (WEF) publié le 14 janvier 2026, où dans  cette 21e édition, le WEF alerte sur un monde de plus en plus marqué par la confrontation, la fragmentation et le recul de la coopération internationale.  L’enjeu du XXIe siècle est celui d’une véritable politique écologique tenant compte de la protection de l’environnement et du cadre de vie, impliquant une réorientation de la politique agricole, industrielle et énergétique. Le dialogue des civilisations et la tolérance sont des éléments plus que jamais nécessaires à la cohabitation entre les peuples et les nations.

A.M

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