Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane MEBTOUL
Selon un communiqué de l’Elysée , M. Stephane Romanet ambassadeur de France en Algérie qui a été rappelé par Paris le 15 avril 2025, va rejoindre son poste vendredi 8 mai 2026 et comme signe du réchauffement entre Alger et Paris , la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants Alice Rufo se rendra à Sétif pour y commémorer les événements tragiques qui y ont eu lieu 08 mai 1945 à Setif et devant rappeler la visite récente d’une importante délégation du patronat français MEDEF . Comme je l’ai souvent rappelé dans maintes contributions nationales et internationales , des relations apaisées sont souhaitables entre l’Algérie et la France et, d’une manière générale, entre Algérie via l’Afrique et l’Europe, son principal partenaire économique, loin de tout esprit de domination, sur la base d’un partenariat gagnant-gagnant, l’histoire ayant tissé entre la France et l’Algérie des liens humains, culturels et économiques d’une densité unique avec une importante diaspora dynamique qui peut être un vecteur puissant de rapprochement au profit des deux nations, Dans ce monde turbulent et instable en perpétuel devenir, le dialogue des civilisations conditionne notre conscience commune, la tolérance, loin de la culture de la haine. C’est que l’ère des confrontations n’a eu cours pendant des siècles que parce que les extrémismes ont prévalu dans un environnement fait de suspicion et d’exclusion. Or, connaître l’Autre, c’est aller vers lui, c’est le comprendre, mieux le connaître et ce afin de favoriser le dialogue productif au profit de nos peuples. L’objectif stratégique sera de combattre toute forme d’extrémisme, où dans ce monde turbulent et instable en perpétuel devenir, le dialogue des civilisations la tolérance, loin de la culture de la haine conditionnent notre prospérité commune.
Aujourd’hui, face aux mutations du monde et aux défis communs, s’agissant de mettre en lumière les atouts de cette relation et les perspectives qu’elle ouvre, qu’ a été organisé par l’association France–Algérie à Paris présidé par Mme Segolene Royal qui a jouté un rôle majeur pour apaiser les tensions et ce en partenariat avec la fondation «Res Publica» dont le président est M. le professeur et ancien ministre Jean Pierre Chevènement, regroupant d’importantes personnalités le sur le thème « Demain, la France et l’Algérie », autour de deux tables rondes – Les atouts à partager et les acteurs de la coopération économique. Ayant été invité, à titre en tant qu’expert international, par le président de l’association France-Algérie, M. Arnaud Montebourg, j’ai répondu favorablement où je sis ’intervenu sur les axes de la coopération économique algéro-européenne avec une place centrale dans le domaine sécuritaire et énergétique. Dans le prolongement de mes interventions internationales, je considère que cette relation apaisée garantira la stabilité, tant économique que sécuritaire de la région méditerranéenne et africaine, le devoir de mémoire entre la France et l’Algérie devant être pris en compte, en laissant le soin aux historiens des deux pays d’en dresser le bilan, mais devant surtout avec les prochains bouleversements mondiaux de préparer l’avenir. Les visites d’importantes annoncées de personnalités françaises en Algérie dont celle du ministre de l’Intérieur français Laurent Nuñe qui a plaidé « pour une relation apaisée, critiquant la politique du bras de fer de son prédécesseur qui a provoqué un frein ( les relations ont toujours existé) de la coopération sécuritaire entre les deux pays » En plus des relations économiques, il convient de mentionner les relations sécuritaires ainsi que la forte présence de la diaspora algérienne en France, ce qui rend les relations plus sensibles et complexes et peut servir de pont pour le développement entre nos deux pays.
Il s’agit de privilégier le dialogue productif, afin d’éviter toute déstabilisation régionale qui aurait des conséquences dévastatrices sur tout l’espace euro-méditerranéen et africain, dont l’espace sahélien, appelé à connaître un profond bouleversement et dans ce cadre al consolidation du grand Maghreb auquel je suis profondément attaché sera un facteur de stabilité pour la région devant l’insérer être insérée dans le cadre de la coopération Maghreb -Europe dont pour les cinq pays l’Europe étant le principal client.. Selon l’UE, il faut inclure les importations européennes de pétrole et de gaz et dans ce cas le déséquilibre commercial est en défaveur de l’Europe et, bien que des efforts aient été faits par l’Algérie mais , d’importantes réformes structurelles sont nécessaires pour rendre l’économie algérienne compétitive, Pour l’Europe , il n’est pas question de modifier l’accord-cadre, l’UE ayant signé des accords avec de nombreux pays, l’Algérie ne pouvant faire exception. Aussi, l’Europe n’est pas contre une révision de certains articles de l’accord mais souhaiterait la création d’un cadre juridique stable et transparent, propice à l’investissement, ainsi que la réduction des subventions, la modernisation du secteur financier, la levée des entraves au secteur privé, le développement du potentiel des partenariats public-privé qui font partie des réformes structurelles nécessaires qui doivent encore être menées. L’Europe se félicite de l’assouplissement introduit récemment par les autorités algériennes de la règle 51/49 pour cent, au moins pour les secteurs non-stratégiques, encore qu’il faille définir avec exactitude ce qui est stratégique et ce qui ne l’est pas ». Sur le plan géostratégique, pour l’Europe, l’Algérie est un acteur déterminant de la stabilité régionale et de l’approvisionnement en énergie et dans le cadre de l’arbitrage de Bruxelles annoncé le 16 juillet 2025, Il s’agit de trouver une solution mutuellement acceptable, l’accord reconnaissant à l’Algérie un droit de prendre des mesures de protection, dont l’article 24 qui lui donne le droit de prendre des mesures de sauvegarde, en arrêtant l’importation d’une catégorie de produits si elle porte préjudice à la production nationale, mesures qui doivent être renégociés pour rendre son champ d’application plus efficace et avantageux. Pour l’Algérie, il s’agit de revoir les dispositions de l’accord d’association avec l’Union européenne (UE), en fonction d’une vision souveraine et d’une approche «gagnant l’objectif de cet accord étant de « densifier » cette coopération, dont la démarche d’évaluation réclamée ne vise nullement à remettre en cause le cadre global de l’Accord, mais, bien au contraire, à l’utiliser pleinement dans le sens d’une interprétation positive de ses dispositions permettant un rééquilibrage des liens de coopération et que seules des négociations constructives permettraient de relancer la coopération entre l’Algérie et l’UE dans le but de mettre les relations économiques au centre de cette coopération, de donner à cet accord toute son importance et d’utiliser tout son énorme potentiel dans ses trois composantes politique, économique et humaine.
En conclusion, chaque nation est souveraine dans ses décisions et chaque pays défend sa souveraineté, n’existant pas de sentiments dans les relations internationales mais que des intérêts, étant entendu que la politique des affaires étrangères doit être pragmatique étant est appelé à évoluer en fonction des évolutions géostratégiques. Espérons des relations apaisées entre l’Algérie et la France ainsi qu’une coopération fructueuse avec l’Union européenne comme facteur de prospérité commune , et de la stabilité de la région méditerranéenne. L’Algérie étant partie intégrante de ‘l’Afrique , les relations agéro -françaises doivent également s’inscrire dans le cadre de la ZLECAf , cette zone de libre échange stratégique intra -africaine qui permettra de réorganiser les marchés et les économies de la région , de stimuler la production dans les secteurs des services, de l’industrie manufacturière et des ressources naturelles par la création d’un marché commun de biens et de services renforçant la complémentarité économique du continent, de sortir de l’extrême pauvreté et en augmentant le leadership de l’Afrique face à la concurrence des grandes puissances et notamment de l’Europe où en 2024, les échanges commerciaux de biens entre l’UE et l’Afrique ont atteint près de 415 milliards de dollars , avec des importations européennes de 222 milliards de dollars et des exportations de 193 milliards de dollars et la Chine où en 2025, le commerce entre la Chine et l’Afrique a atteint un record de 348 milliards de dollars US , en hausse de 17,7 % sur un an, les exportations chinoises vers l’Afrique étant de 225 milliards USD (+25,8 %), contre 123 milliards USD d’importations en provenance du continent, les échanges avec les USA étant marginales et de surcroit pénalisés par les nouveaux tarifs douaniers US , où en 2025, les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique ont atteint environ 83,44 milliards de dollars , l’Afrique exportant pour 43,02 milliards de dollars et important pour 40,42 milliards de dollars.
AM






