Finance islamique: Une caravane pour former 100 ambassadeurs de l’épargne

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Le développement de la finance islamique en Algérie constitue un levier stratégique pour mobiliser l’épargne nationale, diversifier les sources de financement et orienter les ressources vers l’investissement productif, ont souligné, jeudi à Alger, les participants à la Conférence nationale sur « La finance islamique, un levier pour mobiliser l’épargne nationale ».

Organisée par l’Union algérienne des sociétés d’assurance et de réassurance (UAR), en partenariat avec Djamaâ El-Djazaïr, sous le thème « Le développement de l’assurance Takaful en Algérie : enjeux, défis et perspectives, conformément aux principes de la charia islamique », la rencontre s’est déroulée en présence du recteur de Djamaâ El-Djazaïr, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, du président de l’UAR, Youcef Benmicia, ainsi que de la directrice générale de la Bourse d’Alger, Amel Selmoun. Les intervenants ont estimé que la réussite du système de finance islamique passe par l’élargissement de l’activité bancaire islamique et le développement de ses différents instruments, notamment le marché des capitaux, les Sukuk, les fonds d’investissement et l’assurance Takaful. Selon eux, ces mécanismes constituent des outils complémentaires capables d’offrir des solutions de financement adaptées aux besoins de l’économie nationale, tout en renforçant l’inclusion financière. À cette occasion, Cheikh Al Kacimi Al Hoceini a rappelé que la finance islamique repose sur une activité économique fondée sur un intérêt licite, soulignant que les institutions religieuses sont des partenaires à part entière du processus de développement économique. De son côté, le président de l’UAR, Youcef Benmicia, a indiqué que la mobilisation de l’épargne nationale et son orientation vers l’investissement représentent l’un des principaux défis de l’économie algérienne. Il a estimé que le développement durable exige un système financier performant capable de transformer les ressources financières disponibles en investissements réels. Il a ajouté que la finance islamique constitue aujourd’hui un choix stratégique permettant de répondre à la demande croissante de produits conformes aux préceptes de la charia, tout en favorisant l’intégration des capitaux circulant en dehors du système bancaire, l’élargissement de la base de l’inclusion financière et la création de nouvelles sources de financement au profit des entreprises et des projets d’investissement. Le professeur en jurisprudence islamique et finance islamique, Abderrahmane Senouci, a, pour sa part, présenté les grandes tendances internationales du secteur, appelant à s’inspirer des expériences réussies pour les adapter au contexte algérien. Il a notamment plaidé pour l’émission de Sukuk d’entreprise, après le lancement des Sukuk souverains, afin de financer les grands projets dans différents secteurs. Il a également insisté sur la nécessité d’accélérer la transformation numérique du secteur financier et de créer des banques islamiques spécialisées, au-delà des simples guichets islamiques, afin de renforcer la compétitivité de cette industrie financière.

Des propositions pour la loi de finances 2027

Le secrétaire général de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), Brahim Mihoubi, a annoncé que plusieurs propositions visant à développer la finance islamique ont été soumises au ministère des Finances en vue de leur intégration dans le projet de loi de finances 2027. Selon lui, leur adoption permettrait notamment l’émission de Sukuk d’entreprise, offrant ainsi aux opérateurs économiques un nouvel instrument de financement pour leurs projets d’investissement. Les participants ont également examiné les moyens de renforcer la complémentarité entre les banques islamiques, les Sukuk et le marché des capitaux afin de mobiliser davantage l’épargne nationale et de financer les projets de développement. Ils ont insisté sur la nécessité d’élaborer une stratégie nationale d’inclusion financière et de proposer des produits conformes aux principes de la charia répondant aux attentes des différentes catégories de la population. Le développement de l’assurance Takaful a également occupé une place importante dans les débats. Les intervenants ont appelé à parachever le cadre législatif et réglementaire encadrant cette activité afin de renforcer son rôle au sein du système de la finance islamique et d’en faire un acteur majeur de la gestion des risques et du financement de l’économie.

Lancement de la Caravane nationale de l’épargne

La conférence a été marquée par le lancement de la Caravane nationale de l’épargne, qui parcourra les wilayas d’El Oued, Adrar, Tamanrasset, Mostaganem, Tlemcen, Laghouat, Annaba, Tizi Ouzou et Alger afin de promouvoir la culture de l’épargne et de renforcer la culture financière auprès des différentes catégories de la société. Le fondateur de l’incubateur Axxam Business Hub, Anis Bentayeb, a précisé que cette initiative, organisée en partenariat avec l’UAR, le laboratoire de technologie financière Algeria Finlab et l’initiative nationale Cheb Fikra, comprendra des expositions, des actions de sensibilisation ainsi qu’une campagne de sélection de 100 ambassadeurs de l’épargne parmi les influenceurs et créateurs de contenu de plusieurs wilayas. Pour sa part, le délégué général de l’UAR, Abdelhakim Berrah, a souligné que cette caravane vise à associer davantage les citoyens au développement du marché financier et à renforcer l’inclusion financière. Il a également mis en avant le rôle de l’Observatoire national de l’épargne et du financement de l’économie comme mécanisme de modernisation du système financier et de mobilisation de l’épargne nationale.

Sarah Cheriet

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