Législatives du 2 juillet 2026: Idriss Attia : «Le scrutin conforte la stabilité politique»

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Les résultats provisoires des élections législatives du 2 juillet 2026 consacrent le choix rationnel de l’électeur algérien et traduisent sa volonté de préserver la continuité des grandes orientations nationales. C’est l’analyse du professeur Idriss Attia, enseignant en sciences politiques et en relations internationales, qui estime que le scrutin a conforté le Front de libération nationale (FLN), le Rassemblement national démocratique (RND) et le Front El Moustakbal, appelés, selon lui, à jouer un rôle central dans la prochaine configuration politique.

Invité, mardi, de l’émission « L’Invité du matin » sur la Chaîne I de la Radio algérienne, le professeur Attia a affirmé que les urnes n’ont réservé aucune surprise. Les résultats, a-t-il expliqué, traduisent la volonté des électeurs de maintenir un cap politique institutionnel incarné par le FLN et le RND, une configuration qui, selon lui, caractérise la vie parlementaire algérienne depuis six législatures successives. Il a rappelé que le FLN a constamment occupé la première place en nombre de sièges, suivi du RND, estimant que cette bipolarité a largement contribué à préserver la stabilité politique du pays au cours des deux dernières décennies, voire au-delà. Selon l’universitaire, cette continuité s’explique également par les profondes mutations qu’ont connues les partis politiques. Les clivages idéologiques ont progressivement laissé place à une compétition fondée sur la pertinence et l’efficacité des programmes proposés, aussi bien au niveau national que local. Cette évolution conduit, selon lui, les principales formations politiques à soutenir davantage les choix stratégiques de l’État. Idriss Attia a également évoqué la percée du Front El Moustakbal, qu’il considère comme une force d’équilibre capable de contribuer à une nouvelle architecture politique. Cette formation pourrait jouer un rôle déterminant dans l’équilibre des forces partisanes et participer, aux côtés des principales formations, à la constitution d’un bloc ou d’une alliance présidentielle.

Une représentation politique plus diversifiée

Comparant les résultats de 2026 à ceux des élections législatives de 2021, le professeur Attia a relevé que le nombre de partis représentés à l’Assemblée populaire nationale est passé de 23 à 32, auxquels s’ajoute le bloc des indépendants. À ses yeux, cette évolution ne doit pas être appréciée uniquement sous l’angle du nombre de formations représentées, mais à travers une lecture plus approfondie des indicateurs structurels qui caractérisent la compétition électorale et l’évolution du paysage politique. L’universitaire estime que la scène politique demeure marquée par une stabilité des principales forces, avec le maintien du FLN et du RND, auxquels s’ajoute la montée en puissance du Front El Moustakbal. Il souligne également que les autres partis ont conservé leur présence parlementaire, tandis que de nouveaux profils technocratiques ont fait leur entrée à l’Assemblée populaire nationale sous les couleurs de différentes formations politiques. En conclusion, Idriss Attia considère que la nouvelle carte politique issue des législatives ouvre la voie à la formation d’une majorité présidentielle élargie, conduite par le FLN, le RND et le Front El Moustakbal. Selon lui, ces trois formations disposent de la majorité parlementaire nécessaire pour soutenir un programme gouvernemental, tout en laissant la porte ouverte à d’autres forces politiques susceptibles de rejoindre cette majorité. Une telle configuration favoriserait, selon lui, un climat de consensus entre le gouvernement et les deux chambres du Parlement, en cohérence avec le programme du président de la République et les objectifs fixés pour la prochaine étape politique.

Yasmine Derbal

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