Mémoire environnementale du colonialisme: Une carte numérique pour documenter les crimes coloniaux

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À l’occasion du 64ᵉ anniversaire de la Fête de l’Indépendance et du Recouvrement de la souveraineté nationale, la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, a présidé, mardi à Alger, aux côtés du ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tachrift, l’ouverture des travaux de la première session de la Commission interministérielle de la mémoire environnementale. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du suivi de la mise en œuvre du projet de la mémoire environnementale du colonialisme, consacré au recensement et à la documentation des crimes commis par le colonialisme français ainsi que de leurs conséquences sur l’environnement.

La rencontre s’est déroulée en présence de moudjahidine, de représentants d’institutions et d’organismes nationaux, d’organisations onusiennes ainsi que de membres du corps diplomatique accrédité en Algérie. Cette première session vise à poursuivre la concrétisation du dossier de la mémoire environnementale, dont l’objectif est de documenter les crimes environnementaux perpétrés durant la période coloniale et de mettre en évidence leurs effets durables sur les écosystèmes et les ressources naturelles, à travers une approche conjuguant les dimensions scientifique et historique. Dans son intervention, Kaouter Krikou a souligné que la mémoire environnementale constitue une composante indissociable de la mémoire nationale, dans la mesure où elle témoigne de l’une des formes les plus graves de crimes coloniaux commis contre l’homme et la nature. Elle a indiqué que son département œuvre, en coordination avec le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, à la constitution d’un dossier scientifique national fondé sur des preuves et des critères scientifiques rigoureux afin de documenter ces crimes. La ministre a précisé que la Commission interministérielle de la mémoire environnementale a engagé une première phase de travail consistant à établir un inventaire historique et scientifique des sites ayant subi des crimes coloniaux, notamment les bombardements au napalm, l’utilisation de gaz toxiques prohibés par les conventions internationales ainsi que les essais nucléaires. Elle a, par ailleurs, annoncé le lancement du projet de carte numérique nationale des sites affectés par les crimes environnementaux du colonialisme. Cette plateforme servira de référence nationale pour localiser les zones touchées et préparera les opérations de terrain ainsi que les analyses physiques et chimiques des sols et de la végétation, afin d’évaluer l’ampleur des dommages et leurs répercussions sur les écosystèmes et la biodiversité. Kaouter Krikou a réaffirmé l’engagement de son département à poursuivre l’enrichissement du dossier de la mémoire environnementale, dans le but de consolider la documentation des crimes environnementaux coloniaux et de soutenir les efforts nationaux visant à établir la responsabilité internationale. Les travaux de cette première session ont été sanctionnés par une série de recommandations, à commencer par l’adoption de la carte nationale préliminaire des sites présentant un intérêt environnemental en lien avec les séquelles des crimes coloniaux comme document national de référence, appelé à être régulièrement actualisé et enrichi à la lumière des résultats des études et des investigations de terrain. Les participants ont également recommandé l’enrichissement du guide scientifique numérique « Témoin oculaire » par l’intégration des nouvelles données scientifiques ainsi que des résultats des recherches et des analyses environnementales portant sur les séquelles du colonialisme. Ils ont, en outre, préconisé l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme national destiné à achever les opérations d’inventaire, de suivi et d’études environnementales sur les sites concernés, selon des priorités scientifiques et techniques clairement définies. Les recommandations portent également sur la création d’une base de données nationale de la mémoire environnementale regroupant les cartes, les documents historiques, les images satellitaires, les résultats des analyses de laboratoire ainsi que l’ensemble des données scientifiques disponibles. Enfin, les participants ont proposé la création d’un espace consacré à la mémoire environnementale au sein du projet du Musée national environnemental de la biodiversité, placé sous la tutelle du ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie.

Nora Mohammedi

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