Relations algéro-angolaises et coopération africaine: Djedi salue un partenariat stratégique avec l’Angola

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L’analyste politique, le professeur Mohamed Salah Djedi, a affirmé que le discours prononcé par le président angolais João Lourenço devant les deux chambres du Parlement algérien traduit la profondeur des relations entre l’Algérie et l’Angola ainsi que le niveau élevé de convergence stratégique entre les deux pays.

Invité ce mercredi de l’émission « Invité de la chaîne internationale » de la Radio algérienne internationale, le professeur Djedi a estimé que l’accueil réservé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à son homologue angolais revêt une forte portée politique. Selon lui, ce type d’accueil demeure exceptionnel et reflète la place particulière qu’occupe l’Angola dans la politique africaine de l’Algérie. Le même intervenant a rappelé que les relations algéro-angolaises reposent sur un héritage historique profond, soulignant que le président João Lourenço a tenu à rappeler, dans son discours devant le Parlement, le soutien apporté par l’Algérie à l’Angola durant la période de libération et d’indépendance, dans le cadre de l’engagement constant d’Alger en faveur des mouvements de libération en Afrique, en Amérique latine et dans plusieurs régions du monde.

Le professeur Djedi a également mis en avant le rôle joué par l’Algérie dans la défense des causes africaines, notamment lors de la Conférence des non-alignés organisée à Alger en 1973, lorsque le défunt président Houari Boumédiène avait plaidé pour la libération des peuples africains du colonialisme et appelé au renforcement de la coopération entre les pays du Sud afin d’instaurer un ordre mondial plus équitable. Selon l’analyste politique, le président angolais a également souligné que l’Algérie et l’Angola sont aujourd’hui passés du combat pour la libération au combat pour le développement, sous la conduite des présidents Abdelmadjid Tebboune et João Lourenço, à travers la lutte contre l’ignorance et l’analphabétisme, le développement des infrastructures et le renforcement de la croissance économique au profit des deux peuples.

Évoquant les perspectives de coopération entre les deux pays, le professeur Djedi a expliqué que l’Angola bénéficie d’une position géostratégique importante au sud-ouest du continent africain et d’une longue façade maritime sur l’océan Atlantique, ce qui en fait un partenaire économique stratégique pour l’Algérie. Il a estimé que les accords signés à l’occasion de cette visite présidentielle pourraient ouvrir la voie à d’importants investissements algériens dans plusieurs secteurs en Angola. Le professeur Djedi a notamment mis en avant l’expertise algérienne dans le domaine du dessalement de l’eau de mer, rappelant la visite effectuée par le président angolais à la station de dessalement « Fouka 2 » dans la wilaya de Tipaza, un projet susceptible, selon lui, d’inspirer l’Angola dans la gestion des ressources hydriques. L’intervenant a également insisté sur l’importance de la coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des nouvelles technologies, notamment après la visite du président angolais au pôle scientifique et technologique de Sidi Abdallah à Alger.

Cette visite lui a permis de découvrir plusieurs établissements spécialisés, dont l’École nationale supérieure d’intelligence artificielle ainsi que les écoles supérieures de mathématiques et de cybersécurité. Le professeur Djedi a rappelé, dans ce contexte, que l’Algérie avait accordé 8.000 bourses universitaires aux étudiants angolais. Sur le plan économique, il a souligné que l’Algérie est devenue l’un des principaux pôles africains de l’industrie pharmaceutique, avec près du tiers des établissements de production de médicaments du continent, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour accéder au marché angolais et à ceux de plusieurs pays d’Afrique australe.

Il a également estimé que les groupes Sonatrach et Sonelgaz sont en mesure de jouer un rôle majeur sur le marché angolais, aussi bien dans les secteurs des hydrocarbures que dans celui de l’électricité, à l’image des projets déjà engagés par l’Algérie dans plusieurs pays du Sahel. Selon lui, la réussite de ce partenariat dépendra de la rapidité de mise en œuvre des accords signés, afin de renforcer davantage la crédibilité de l’Algérie sur le continent africain et de consolider son influence au sein des instances internationales.

Le professeur Djedi a enfin souligné la convergence des positions algériennes et angolaises sur plusieurs questions africaines et internationales, notamment en ce qui concerne le soutien aux solutions africaines aux crises du continent, loin des ingérences étrangères, ainsi que la défense du droit des peuples africains à exploiter leurs richesses au service du développement. Il a également rappelé l’engagement constant de l’Algérie en faveur des causes africaines au sein des organisations internationales, notamment à travers son plaidoyer pour l’octroi à l’Afrique d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, le continent demeurant, selon lui, le seul encore privé d’une telle représentation.

Nora Mohammedi

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