Face à l’aggravation critique de la situation frontalière à Ceuta, l’expert espagnol en questions sécuritaires et crises migratoires, Rubén Pulido a livré un constat alarmant au micro de la station « EsRadio Ceuta ».
Spécialiste reconnu de la sécurité frontalière, l’analyste a décrypté les mécanismes et les conséquences d’une pression migratoire d’une ampleur inédite, marquée par l’arrivée de plus de 72 000 migrants en seulement 11 jours, une affluence multipliée par trois par rapport à la même période l’année précédente. Lors de son intervention, Rubén Pulido a mis en lumière la saturation extrême des infrastructures d’accueil de l’enclave espagnole. Le Centre de séjour temporaire pour immigrants (CETI), conçu pour héberger 512 personnes, en abrite désormais près de 900. Cette situation force plusieurs centaines de migrants à camper en plein air, créant une situation d’urgence humanitaire et logistique particulièrement tendue.
L’expert a apporté un éclairage juridique fondamental pour expliquer cette brusque accélération des flux. Selon Rubén Pulido, l’élément déclencheur majeur réside dans une récente jurisprudence du Tribunal suprême espagnol interdisant la pratique des « refoulements chauds ». L’analyste souligne que les réseaux et les candidats à l’exil ont rapidement adapté leur mode opératoire à ce nouveau cadre légal, en atteignant les côtes à la nage et en déposant immédiatement une demande d’asile dès leur arrivée sur le sol espagnol, ils se protègent juridiquement contre toute expulsion automatique.
Rubén Pulido a également rappelé que ce phénomène ne se limite pas à Ceuta. À Melilla, bien que la situation bénéficie d’une couverture médiatique moindre, la réalité de terrain est rigoureusement identique, marquée par une hausse constante des arrivées par voie maritime depuis le mois de juillet.
Face à des forces de l’ordre à bout de souffle et débordées par l’ampleur des assauts répétés, l’analyste réclame une réaction ferme et rapide des autorités centrales. Rubén Pulido appelle le ministère de l’Intérieur à déployer d’urgence des renforts d’effectifs sur le terrain et à adopter des mesures politiques concrètes pour reprendre le contrôle de la frontière et répondre durablement à cette crise sécuritaire majeur.
Selon l’analyste politique espagnol Rubén Pulido, l’Algérie joue un rôle protecteur fondamental pour Madrid en se plaçant en tête des pays africains dans la lutte contre l’immigration illégale, le tout en finançant entièrement ses propres dispositifs sécuritaires. À l’inverse de cette approche autonome, l’expert pointe du doigt l’attitude du Maroc, accusant Rabat de réclamer continuellement des subventions financières de l’Union européenne tout en instrumentalisant le dossier migratoire comme un levier d’extorsion et de pression politique sur l’Espagne et l’Europe.
Nora Mohammedi






