L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a défini sept priorités interconnectées pour passer des simples engagements politiques à la mise en œuvre effective de l’agriculture verte.
Cette démarche intervient dans un contexte critique où les ressources renouvelables en eau douce intérieure en Algérie ne dépassent pas 247 mètres cubes par habitant et par an, selon les dernières données disponibles de la Banque mondiale. Une telle situation fait de l’efficience hydraulique, de la protection des sols, du financement et de la digitalisation des conditions économiques indispensables à la poursuite de l’expansion agricole, et non de simples options environnementales. Ces orientations ont été formalisées dans le nouveau rapport de synthèse de la FAO sur l’agriculture verte, lancé lors d’un dialogue régional qui s’est tenu à Budapest les 14 et 15 septembre 2026. Réunissant des responsables et des experts d’Europe, d’Asie centrale, du Proche-Orient et d’Afrique du Nord, cette rencontre visait à faire évoluer les politiques agricoles des interventions sectorielles fragmentées vers une gestion intégrée reliant la production, l’eau, le climat, la finance, les marchés et le développement rural. Intitulé « Green Agriculture: A Stocktaking », le document regroupe les conclusions de cinq évaluations régionales couvrant l’Afrique, l’Asie-Pacifique, l’Europe et l’Asie centrale, l’Amérique latine et les Caraïbes, ainsi que le Proche-Orient et l’Afrique du Nord. Bien que ce rapport ne constitue pas une évaluation nationale isolée pour l’Algérie, il situe directement le pays au cœur de la région la plus exposée à la raréfaction des ressources en eau, à la dégradation des terres et à la variabilité climatique. Son intérêt stratégique pour l’Algérie réside dans la fourniture d’un cadre de référence permettant de mesurer l’alignement des programmes d’immatriculation foncière, d’agriculture saharienne, d’irrigation par les eaux usées traitées et de développement des cultures stratégiques avec les nouvelles normes internationales de redéploiement des politiques agricoles. La FAO conclut que le principal obstacle ne réside plus dans le manque d’ambition politique, mais dans la faible capacité à traduire ces engagements en programmes coordonnés et déployables à grande échelle. L’institution onusienne souligne que l’agriculture verte ne peut s’appuyer sur un projet isolé d’irrigation, de mise en valeur de nouvelles superficies ou d’introduction ponctuelle de technologies modernes. Elle exige au contraire une articulation globale des décisions relatives à l’agriculture, à l’eau, à l’environnement, au climat, au financement et au développement rural au sein d’une politique unifiée englobant la production, le transport, le stockage, la transformation, la consommation et la réduction du gaspillage.
Selma Dey






