Pour assurer sa souveraineté économique: L’Algérie s’appuie sur ses capacités

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Pour l’expert en économie et professeur universitaire, Dr. Mourad Kouachi, l’économie s’impose aujourd’hui au centre des grands enjeux mondiaux, au cœur des tensions géopolitiques et de la restructuration des marchés.

Face à ces secousses internationales, l’Algérie a fait le choix de s’appuyer en priorité sur ses capacités propres, précise l’expert lors de son passage au Podcast dédié à l’économie de nos confrères de « Baraka News ». En effet, pour Mourad Kouachi, cette orientation vers une souveraineté économique affirmée porte désormais des résultats tangibles, marqués par un taux de croissance stabilisé autour de 4 %, une consolidation nette des réserves de change et une maîtrise relative de l’inflation, le tout sans sacrifier la politique sociale de l’État.Sur le plan macroéconomique, « le produit intérieur brut du pays s’établit à environ 330 milliards de dollars, avec un cap clairement fixé vers la barre des 400 milliards », a-t-il laissé entendre, avant de poursuivre « cette dynamique repose sur deux piliers fondamentaux. Si le secteur des hydrocarbures demeure la colonne vertébrale des revenus, illustré notamment par une production gazière en constante progression, le secteur agricole s’est imposé comme le deuxième moteur de l’économie. Représentant 15 % du PIB avec une valeur de production atteignant 35 milliards de dollars, l’agriculture s’approche progressivement de l’objectif d’autosuffisance nationale », a-t-il expliqué.

Pour rompre définitivement avec la dépendance exclusive aux rentes énergétiques, le pays a engagé des projets miniers structurants à forte valeur ajoutée. L’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, riche de 3,5 milliards de tonnes de réserves, ambitionne d’atteindre une production de 12 millions de tonnes par an à l’horizon 2030. S’y ajoutent le mega-projet de phosphate intégré, représentant un investissement de 7 milliards de dollars pour des retombées annuelles estimées à 2 milliards de dollars, ainsi que le développement du gisement de zinc et de plomb d’Oued Amizour à Béjaïa. L’enjeu central de ces chantiers réside dans le développement d’une véritable industrie de transformation locale, afin de capter la valeur ajoutée sur le territoire plutôt que de se limiter à l’exportation de matières brutes.Cette volonté de modernisation industrielle concerne également les infrastructures historiques comme le complexe sidérurgique d’El Hadjar. Confronté sur le long terme à des difficultés d’exploitation et au vieillissement de ses installations, le site doit concrétiser son redressement à travers des partenariats technologiques mondiaux. L’objectif ciblé est de porter la production à 3 millions de tonnes en s’appuyant sur des modes de gestion modernes. La relance économique, affirme Mourad Kouachi, s’articule directement avec la diplomatie extérieure. Des acteurs majeurs tels que Sonatrach et Sonelgaz jouent un rôle d’entraînement en investissant dans plusieurs pays voisins, notamment le Niger, le Tchad et le Mali. Cette approche vise à stabiliser l’environnement régional en privilégiant le co-développement économique et le soutien aux populations locales.L’avenir de cette transformation repose sur le capital humain et l’innovation. Avec un bassin de près de deux millions d’étudiants, le pays détient un potentiel important pour accélérer sa transition numérique et s’imposer dans des domaines de pointe comme l’intelligence artificielle, affirmant ainsi son ambition d’émerger comme un pôle technologique majeur dans la région. Propose des titres poignants

Hakima Halimi

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