Le Ministère de l’Industrie a annoncé, hier dans un communiqué rendu public, la prorogation d’une durée de 15 jours des délais impartis pour la déclaration de la production nationale via la plateforme numérique « PRODNAT ».
Les entreprises et opérateurs économiques ont désormais jusqu’au 15 septembre 2026 pour régulariser et finaliser la soumission de leurs données relatives au premier semestre de l’année 2026.Cette décision fait suite aux demandes formulées par de nombreux opérateurs économiques désireux de finaliser leurs démarches dans les meilleures conditions. S’appuyant sur l’article 9 de l’Arrêté interministériel du 26 avril 2025, la tutelle a ainsi accordé un délai supplémentaire de 15 jours, s’étalant du 1er au 15 septembre 2026.Pour rappel, ce cadre réglementaire fixe les modalités de transmission des données relatives à la production physique, aux intrants et matières premières, ainsi que l’établissement d’un rapport d’activité annuel pour l’ensemble des entreprises de production de biens appartenant au secteur industriel. Cette obligation s’inscrit en application de l’article 48 de la loi n° 18-18 du 27 décembre 2018 portant loi de finances pour 2019.
Afin de garantir l’adhésion des entreprises, le ministère de l’Industrie a maintenu la mobilisation des directions de wilaya pour accompagner les déclarants jusqu’au terme de l’échéance. L’enjeu central réside dans le dépassement du simple enregistrement juridique des entreprises pour évaluer leur activité réelle. Le nombre d’inscriptions au registre du commerce ne reflète pas toujours la réalité du terrain, où des unités peuvent se trouver à l’arrêt, sous-exploiter leurs équipements ou faire face à des ruptures d’approvisionnement en matières premières. En croisant les volumes produits avec les capacités installées, les heures de fonctionnement, les stocks, l’emploi et l’accès aux infrastructures énergétiques et logistiques, l’administration sera en mesure de quantifier l’écart entre le potentiel théorique des usines et leur production effective. Cette visibilité permettra d’orienter les choix économiques avec davantage d’efficience. Rehausser le taux de charge d’une unité existante de 40 % à 70 % constitue fréquemment une solution plus rapide et moins dispendieuse que le financement d’une nouvelle structure. Inversement, l’analyse des données mettra en lumière les filières saturées et celles qui fonctionnent à pleine capacité tout en laissant subsister un déficit d’offre, justifiant alors le ciblage de nouveaux investissements. Selon l’expert économique Abderrahmane Hadef, la valeur stratégique de la veille industrielle repose précisément sur la transformation des données brutes en connaissances exploitables pour la prise de décision. Sur le plan du commerce extérieur, la cartographie industrielle apportera des éléments factuels pour ajuster la politique de substitution aux importations. La régulation des flux d’importation pourra désormais s’appuyer sur la capacité réelle des fabricants locaux à couvrir le marché en quantité, en qualité et à des coûts compétitifs, plutôt que sur des estimations théoriques. De même, l’identification de besoins communs en composants et produits semi-finis permettra de déceler des opportunités d’intégration locale pour des projets industriels mutualisés. À l’exportation, les mécanismes d’accompagnement pourront être concentrés sur les filières disposant de capacités excédentaires avérées et régulières. La fiabilité de ce dispositif reposera sur la vérification technique des déclarations, par le biais de recoupements avec les bases de données douanières, fiscales et de la sécurité sociale. La mise à jour semestrielle prévue par la réglementation garantira la pérennité de l’outil face aux évolutions du tissu économique. L’articulation de la plateforme avec le système d’information dédié aux petites et moyennes entreprises, encadré par un arrêté interministériel en 2026, offrira une vision consolidée liant la structure des entreprises à leurs performances industrielles effectives.
Sarah Cheriet






