Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a mis en lumière un vaste réseau d’anomalies et de pratiques suspectes lors du traitement des dossiers d’importation de matières premières et d’équipements.
Cette opération d’envergure, menée à travers la plate-forme numérique dédiée aux programmes prévisionnels, a tiré sa force de mécanismes automatisés de croisement de données renforcés par des algorithmes d’intelligence artificielle, révélant des similitudes troublantes dans les pièces administratives fournies par plus d’un millier d’opérateurs. L’analyse approfondie menée par les services de contrôle a mis à nu des incohérences majeures concernant mille treize opérateurs économiques. Ces derniers ont présenté des documents censés être strictement individuels et uniques, mais dont le contenu s’avère parfaitement identiquement reproduit d’un dossier à l’autre. L’ampleur de ces fraudes présumées touche l’ensemble du spectre administratif et fiscal nécessaire aux activités d’importation. Les données recoupées révèlent notamment que 278 opérateurs ont introduit une déclaration d’affiliation identique auprès de la Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés, tandis que deux cent soixante-dix-sept autres ont partagé le même document d’affiliation auprès de la caisse dédiée aux non-salariés.
Le volet fiscal et financier présente également des irrégularités spectaculaires qui remettent en cause la véracité des déclarations transmises. Deux cent quarante acteurs économiques ont utilisé un extrait de rôle fiscal rigoureusement identique, et soixante autres ont déposé un bilan comptable commun. Plus grave encore pour l’authenticité des identités juridiques, le numéro d’identification fiscale s’est avéré semblable dans les dossiers de cinquante-six opérateurs distincts. À cela s’ajoute l’utilisation partagée d’attestations émanant de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, où trente-huit opérateurs ont produit la même liste d’équipements éligibles aux avantages fiscaux, et vingt-cinq autres ont soumis une attestation d’enregistrement identique auprès de cette même institution. Enfin, vingt-cinq relevés d’identité bancaire identiques ainsi que quatorze programmes complémentaires d’entreprises dupliqués ont été identifiés.
Face à ces révélations déconcertantes, les services compétents du ministère entendent réagir avec la plus grande fermeté administrative et juridique. L’ensemble des opérateurs économiques concernés sera sous peu convoqué afin de présenter les originaux des pièces contestées. Cette démarche permettra de vérifier la conformité des documents auprès des organismes émetteurs, d’identifier avec précision leur provenance exacte et de faire toute la lumière sur les conditions de leur utilisation frauduleuse. Le ministère a tenu à rappeler avec insistance que l’usage croisé de documents officiels nominatifs constitue une anomalie grave qui porte atteinte aux principes fondamentaux de la concurrence loyale et de la transparence commerciale.
L’aboutissement de ces investigations déterminera la nature exacte des sanctions administratives et judiciaires qui seront infligées aux contrevenants. Les autorités administratives comptent appliquer toute la rigueur des lois et règlements en vigueur contre toute entité dont la culpabilité dans la falsification ou le détournement de documents sera établie. Cette intervention marque une étape clé dans le processus de numérisation des procédures publiques, démontrant l’efficacité des nouveaux outils technologiques pour assainir le climat des affaires, protéger l’économie nationale et garantir un traitement équitable des acteurs économiques vertueux.
Mohamed B.






