Un cheveu pousse en moyenne d’un centimètre par mois. Ce rythme ne suffit pourtant pas à prévoir quand une chevelure retrouvera sa longueur ou sa densité. Chaque follicule suit son propre cycle et peut rester au repos plusieurs mois avant de produire une nouvelle fibre visible.
Sur le cuir chevelu, la fibre capillaire s’allonge en moyenne de 0,35 millimètre par jour. Cela correspond à près d’un centimètre par mois, soit environ 12 centimètres par an. Le rythme varie d’une personne à l’autre, et tous les follicules ne sont pas actifs au même moment. Le cheveu naît au fond d’un follicule, une petite structure implantée dans la peau. Dans sa zone de croissance, appelée matrice, des cellules se divisent, se chargent en kératine, puis forment la tige qui émerge du cuir chevelu. Cette tige est constituée de cellules mortes. Elle peut se casser, mais elle ne se répare pas comme un tissu vivant. Une pousse rapide ne garantit pas une chevelure dense. La vitesse d’allongement, le diamètre des fibres et le nombre de cheveux présents constituent des paramètres distincts. Une fibre peut ainsi gagner un centimètre alors que la chevelure paraît encore clairsemée. La génétique influence l’épaisseur des cheveux et la réaction des follicules à certaines hormones. L’âge joue aussi. Au fil des années, la période de croissance peut raccourcir et moins de follicules restent actifs. Les cheveux deviennent alors plus fins et atteignent parfois une longueur moins importante. Dans la calvitie héréditaire, certains follicules rétrécissent peu à peu, mais ce phénomène ne concerne pas tout le monde. Plusieurs événements peuvent interrompre plus tôt la croissance de nombreux cheveux : une forte fièvre ; une opération ; un accouchement ; une perte de poids rapide. Les cheveux concernés restent au repos avant de tomber deux à quatre mois plus tard. Cette chute, généralement temporaire, est appelée effluvium télogène. Une carence en fer, un manque de protéines, un trouble de la thyroïde ou certaines maladies inflammatoires peuvent aussi perturber ce cycle. Sans carence identifiée, les compléments alimentaires n’accélèrent pas nécessairement la pousse. Un excès de vitamine A ou de sélénium peut même favoriser la chute. La saison semble modifier légèrement le nombre de cheveux en croissance ou au repos, mais les études ne prouvent pas qu’ils poussent systématiquement plus vite en été.
Couper ou raser les cheveux les fait-il pousser plus vite ?
Non. Une coupe agit uniquement sur la tige visible, alors que la croissance se produit dans le follicule, sous la peau. Elle ne modifie donc ni la vitesse de pousse ni l’épaisseur du cheveu produit. Après une coupe ou un rasage, la fibre peut toutefois paraître plus épaisse. Son extrémité droite et franche contraste avec la pointe naturellement affinée d’un cheveu qui n’a pas été coupé. Cette différence d’aspect ne traduit ni une pousse plus rapide ni une fibre réellement plus épaisse. Couper les pointes abîmées peut améliorer leur aspect, sans agir sur la pousse. La chaleur, les traitements chimiques et les manipulations trop vigoureuses peuvent en revanche endommager la tige et favoriser la casse.
Se laver les cheveux accélère-t-il leur chute ?
Voir beaucoup de cheveux au fond de la douche peut faire croire que le shampooing les a fait tomber. Lors du lavage, les mouvements peuvent déloger des cheveux déjà arrivés à la fin de leur cycle. Le shampooing rend donc leur chute plus visible, sans nécessairement l’avoir déclenchée. La quantité observée dépend aussi du temps écoulé depuis le lavage précédent. Lorsque les shampooings sont espacés, les cheveux libérés au cours de plusieurs journées peuvent être retrouvés ensemble dans la douche. La British Association of Dermatologists souligne que la chute se remarque surtout au lavage ou au brossage. Le contenu de la bonde ne permet donc pas, à lui seul, d’évaluer la perte quotidienne. Il n’existe pas de fréquence idéale pour tout le monde. Le sébum, la sécheresse et la texture des cheveux varient selon les personnes. L’American Academy of Dermatology recommande de laver les cheveux selon leur niveau de saleté ou de gras. Des cheveux raides associés à un cuir chevelu gras peuvent nécessiter un shampooing quotidien. Des lavages plus espacés peuvent convenir aux cheveux secs, bouclés, frisés ou épais.
Quand les follicules redémarrent-ils après une chimiothérapie ?
Toutes les chimiothérapies ne provoquent pas une chute complète. Le risque dépend des molécules, des doses, de leur association et du calendrier des cures. Lorsqu’une chute de cheveux (alopécie) survient, la chimiothérapie atteint les cellules de la matrice capillaire, qui se divisent rapidement pendant la phase anagène. La fibre devient fragile, cesse de se former, puis tombe. Ce mécanisme explique le début souvent rapide de la chute, quelques semaines après la première perfusion. Le follicule reste le plus souvent capable de produire un nouveau cheveu, mais il ne redémarre pas immédiatement après la dernière cure. Selon l’Institut national du cancer, les cheveux recommencent généralement à pousser environ six à huit semaines après la fin du traitement. Les premiers cheveux peuvent être très fins et ressembler à du duvet. La repousse des cheveux après une chimiothérapie ne se fait pas au même rythme pour tout le monde. Une repousse plus précoce ou plus tardive n’est pas forcément le signe d’un problème. Plusieurs mois sont souvent nécessaires avant que la chevelure se densifie, puis davantage pour retrouver une coupe longue. La texture et la couleur peuvent changer au début. Des cheveux autrefois raides repoussent parfois bouclés. Ils peuvent aussi sembler plus fins, plus épais, plus clairs ou plus foncés. Ces changements sont souvent temporaires. Certains médicaments de chimiothérapie de la famille des taxanes, notamment le docétaxel, peuvent entraîner une repousse incomplète au-delà de six mois. Une radiothérapie de la tête peut également provoquer une alopécie prolongée.
Une chute signifie-t-elle que le follicule est détruit ?
Pas forcément. Le cheveu retrouvé sur la brosse ou l’oreiller correspond à la tige. Le follicule, lui, reste implanté dans la peau. La petite masse blanchâtre parfois visible à l’extrémité d’un cheveu tombé ne correspond pas au follicule, mais à sa racine kératinisée. Le follicule peut rester intact tout en demeurant temporairement au repos. La repousse n’est alors pas immédiatement visible. Le nouveau cheveu se forme d’abord sous la peau avant d’émerger à la surface. Un délai peut donc séparer la fin de la chute et le retour progressif de la densité. La situation diffère dans les alopécies cicatricielles. Une inflammation endommage alors le follicule et peut empêcher définitivement la production d’un nouveau cheveu. À l’examen, la présence ou la disparition des orifices folliculaires aide à distinguer une alopécie non cicatricielle d’une alopécie cicatricielle. Le dermatologue peut compléter cette observation par une trichoscopie et, dans certains cas, par une biopsie du cuir chevelu. Ces examens servent à préciser le mécanisme de la chute et à rechercher une inflammation.
Quand demander un avis médical ?
Si les cheveux se mettent à tomber brutalement ou par plaques, mieux vaut consulter. Un avis médical est également recommandé si le cuir chevelu devient rouge, démange durablement ou fait mal. Un professionnel peut distinguer une alopécie d’une casse et rechercher une éventuelle cause médicale. Pour suivre l’évolution, on peut prendre une photo chaque mois, toujours sous le même angle et dans le même éclairage. Après un traitement anticancéreux, mieux vaut en parler à l’oncologue ou au médecin traitant si les cheveux ne repoussent pas ou si l’état du cuir chevelu inquiète. Le délai attendu dépend des médicaments reçus et du temps écoulé depuis la fin du traitement.






