Pourquoi l’espérance de vie a cessé de progresser malgré les avancées médicales

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Alors que les maladies infectieuses sont mieux maîtrisées que jamais, une nouvelle génération de pathologies liées aux modes de vie, au stress et aux inégalités freine, voire inverse, les gains de longévité. Depuis le XIXᵉ siècle, notre espérance de vie n’a cessé de croître, en corrélation avec l’évolution de nos connaissances médicales.

Cependant, depuis quelques décennies, la courbe stagne, voire aurait tendance à s’inverser. Pourquoi? Les infections et maladies qui tuaient la majorité de nos ancêtres sont pourtant aujourd’hui très bien soignées, alors quels sont les nouveaux maux qui causent notre perte? Jusqu’aux baby-boomers, les humains ont globalement vu leurs conditions de vie s’améliorer –exception faite des deux guerres mondiales, évidemment–jusqu’à ce que la tendance… s’inverse. La génération X, née entre 1970 et 1985, est la première à en avoir fait les frais avec une apparition précoce de maladies habituellement réservées aux plus âgés, comme les cancers du poumon liés au tabagisme et les cancers liés à l’obésité. Cette génération «rebelle» a en effet participé à une généralisation du tabac et de la malbouffe qui a laissé des traces. Autre facteur expliquant la stagnation de l’espérance de vie, et pas des plus joyeux: l’augmentation des «morts de désespoir», les décès par overdose, alcoolisme ou suicide. L’étude menée par la chercheuse Leah Abrams et relayée par Popular Mechanics nous explique que les comportements sociaux ont eu un énorme impact sur ces décès. En effet, la culture de rébellion, érigée comme modèle, a encouragé plusieurs générations à fumer des cigarettes, du cannabis et à consommer toutes sortes de substances nuisibles, posant les bases des cancers actuels. Notre environnement et nos modes de vie sont aussi à blâmer. En ce qui concerne les problèmes cardiaques –même si la médecine a largement progressé ces dernières années– nous soumettons nos corps et nos esprits à de nouvelles sources de stress. Sédentarité, pollution, sans oublier nos vices bien installés comme l’alcool ou désormais le vapotage: un cocktail toxique qui ralentit les capacités de récupération de l’organisme. Les États-Unis, où l’étude a eu lieu, sont loin d’être les mieux placés en matière de longévité parmi les pays développés. Mauvaises structures de soins, inégalités sociales très creusées, la question de la longévité et de sa stagnation est encore plus prégnante outre-Atlantique. Le grand défi du XXIᵉ siècle ne sera donc pas seulement médical. Prévenir les maladies est devenu tout aussi important que les guérir, et pour cela, soigner le monde dans lequel nous évoluons est indispensable.

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