Africa Global Summit 2026: Tebboune trace la voie du numérique africain

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 Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a souligné, hier, que l’Algérie, de par sa position économique et géostratégique influente sur le continent africain, était prête et en mesure de jouer un rôle d’acteur et de pôle d’excellence dans le renforcement de la souveraineté numérique africaine.

Dans une allocution adressée aux participants à la manifestation « Global Africa Tech 2026 » organisée au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal (Alger), lue par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, le président de la République a indiqué que « l’Algérie, de par sa position économique et géostratégique influente en Afrique, est prête et en mesure de jouer un rôle d’acteur et de pôle d’excellence dans le renforcement de la souveraineté numérique africaine ». Le chef de l’Etat a indiqué, à ce propos, que l’Algérie, « tout en réaffirmant sa pleine disponibilité à mettre ses potentialités en matière d’infrastructures de télécommunications et ses compétences humaines pour atteindre cet objectif ambitieux, traduit ses intentions en actions concrètes à travers des initiatives exemplaires à suivre, actuellement en cours de concrétisation sur le terrain, parmi lesquelles le projet de la dorsale transsaharienne à fibre optique ». La volonté de l’Algérie de servir cette démarche africaine unifiée « se manifeste à travers l’accueil de cette manifestation, en adéquation avec les objectifs des initiatives de l’Union africaine (CUA), de l’Union internationale des télécommunications (UIT), ainsi que des principaux programmes continentaux (NEPAD, Smart Africa, entre autres) », a-t-il dit. Il a également exprimé l’espoir que cette manifestation constitue « un espace interactif de concertation et une plateforme d’échange de visions et d’idées, ainsi que de partage d’expertises et de bonnes pratiques, en vue de l’élaboration d’une stratégie technologique unifiée, à même d’atteindre notre objectif commun pour une Afrique interconnectée, forte et souveraine dans le domaine du numérique ». De son côté, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a souligné que les transformations profondes et accélérées que connaît le monde imposent à l’Afrique une présence en tant qu’acteur à part entière dans la production technologique, au service des intérêts de ses peuples, de son développement, sa stabilité et sa prospérité. Il a relevé que « le monde connaît aujourd’hui des transformations profondes et accélérées qui exigent de l’Afrique d’imposer sa présence en tant qu’acteur à part entière dans la production technologique, la maîtrise de ses infrastructures et la formulation de ses priorités par sa propre volonté, conformément aux intérêts de ses peuples ». Le ministre a ainsi mis l’accent sur « la nécessité d’œuvrer à la construction d’un espace africain intégré, interconnecté, sûr et fluide dans le domaine des télécommunications et du numérique, reliant les pays du continent par voies terrestre, maritime et aérienne », appelant ainsi à faire de « l’intégration technologique un véritable levier de développement, de stabilité et de prospérité ». En ce sens, il a estimé qu’il « n’est plus acceptable que l’Afrique reste un simple espace de consommation technologique », relevant que « les enjeux auxquels le continent est confronté ne sont pas seulement d’ordre technique, mais éminemment stratégiques, de développement et de souveraineté ». « Notre avenir numérique commun sera déterminé par notre capacité à réaliser un ensemble de grandes priorités, notamment la construction d’infrastructures modernes, flexibles et dotées d’une haute fiabilité afin de réduire la fracture numérique et de renforcer l’accès équitable aux services », a recommandé M. Zerrouki qui a évoqué la nécessité d’une « exploitation intelligente et responsable des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle, les constellations de satellites, les réseaux intelligents et la cybersécurité », afin de mettre ces outils « au service du développement et de la souveraineté, en plus des partenariats efficaces et équilibrés, fondés sur les intérêts mutuels, le transfert de connaissances afin de garantir à l’Afrique la place qui lui sied ». A cet égard, le ministre a tenu à saluer l’importance d’organiser le salon « Global Africa Tech », qui se tient sous le haut patronage du président de la République, soulignant que cela traduit une « volonté politique de poursuivre la dynamique de la transition numérique, de soutenir l’intégration africaine et de renforcer la place de notre continent sur la scène technologique internationale ». M. Zerrouki a ainsi considéré cet événement comme une opportunité pour « diagnostiquer les défis, échanger les points de vue, élaborer des visions communes, lancer des dynamiques de coopération concrètes et formuler des propositions et recommandations pratiques soutenant la construction d’une véritable souveraineté numérique africaine, fondée sur la confiance, l’intégration, l’innovation et l’efficience ». Les participants à cette manifestation ont, pour leur part, appelé à la nécessité d’instaurer une souveraineté numérique africaine, à travers l’orientation du continent vers une nouvelle trajectoire numérique qui lui permet de devenir un partenaire dans les grandes orientations internationales. Ils ont souligné la nécessité pour l’Afrique de rompre avec la logique de consommateur de technologie et de s’efforcer à devenir « un acteur clé et un partenaire dans les grandes transformations numériques internationales ». Dans cette optique, la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Mme Selma Malika Haddadi, a exprimé la reconnaissance de l’organisation continentale envers le président de la République pour l’organisation de haut niveau de cet important évènement, soulignant que les aspects liés aux télécommunications « ne sont plus de simples questions techniques, mais sont devenus des enjeux stratégiques liés à l’avenir l’Afrique ». Dans ce cadre, elle a présenté l’expérience de l’Algérie en la matière, mettant la lumière sur son rôle dans le projet de câble subsaharien de fibre optique, ainsi que dans le lancement de satellites, rappelant que la souveraineté numérique constitue « une condition sine qua non pour la réalisation de l’Agenda 2063 de l’UA ». Elle a également mis en garde contre « les fractures d’usage » qui persistent, indiquant que « des millions d’Africains vivent dans les zones couvertes par les réseaux sans pouvoir y accéder, en raison du manque de moyens ou de compétences ». De son côté, l’Envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies pour les technologies numériques et émergentes, Amandeep Singh Gill, a averti que l’Afrique pourrait devenir le plus grand consommateur des systèmes IA conçus ailleurs, et reposant sur des données « qui ne reflètent ni ses langues, ni ses cultures, ni ses priorités », indiquant que « sa participation à l’économie mondiale fondée sur l’IA, ainsi que sa capacité de créer des solutions dans les domaines de l’agriculture, de la santé, et de l’adaptation au climat sont tributaires des décisions qui seront prises dans les deux à cinq années à venir ».

T. Benslimane

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