Le secteur de l’eau amorce un virage stratégique vers l’innovation avec le lancement d’un programme d’accélération dédié aux start-up, à l’initiative de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL) en partenariat avec l’accélérateur public Algeria Venture.
Un protocole d’accord a été signé mardi à Alger par les directeurs généraux des deux entités, Reda Boudab pour la SEAAL et Lyes Abdoun pour Algeria Venture, en marge de la célébration de la Journée mondiale de l’eau. Cette initiative vise à accompagner les porteurs de projets innovants et à développer des solutions technologiques capables d’améliorer la qualité du service public de l’eau et de l’assainissement. Le programme repose sur la mise en œuvre de projets pilotes, dont le premier porte sur un système de gestion à distance d’un site hydraulique, développé en partenariat avec une start-up. Cette démarche illustre l’orientation nouvelle du secteur, qui s’appuie désormais sur l’innovation et les technologies numériques pour optimiser la gestion des infrastructures hydrauliques. De son côté, Algeria Venture entend renforcer l’écosystème des start-up en facilitant leur accès au financement et en les connectant aux opérateurs économiques. L’objectif est d’étendre ce type de programmes à d’autres domaines stratégiques, notamment l’intelligence artificielle, afin de soutenir la transformation digitale des services publics. Organisée sous le thème « L’eau, source d’égalité », la Journée mondiale de l’eau a également offert une plateforme d’échange entre professionnels du secteur et jeunes entreprises innovantes, permettant de valoriser des solutions adaptées aux défis hydriques. À cette occasion, le Secrétaire général du ministère de l’Hydraulique, Omar Bougueroua, a réaffirmé l’engagement de l’État à sécuriser les ressources en eau à travers des politiques ambitieuses, incluant de grands projets de transfert et l’interconnexion des barrages, afin d’assurer un équilibre hydrique entre les régions. Face au stress hydrique lié au changement climatique, les autorités poursuivent également le développement de ressources non conventionnelles, notamment le dessalement de l’eau de mer. À ce jour, 19 grandes stations et 13 unités de dessalement ont été mises en service, contribuant à renforcer l’approvisionnement en eau. Pour les responsables du secteur, l’enjeu est désormais économique autant que stratégique : garantir la sécurité hydrique tout en soutenant les activités productives. L’eau s’impose ainsi comme un pilier de la souveraineté nationale et un levier clé du développement durable, appelant à des solutions innovantes pour répondre à une demande en constante croissance.
Hakima Halimi






