Orchestré par l’Algérie, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS) s’est réuni pour examiner l’évolution de la situation au Sahel. Cette session a été consacrée à un briefing approfondi sur les derniers développements politiques, sécuritaires et humanitaires dans la région, ainsi que sur les défis socio-économiques et le respect des droits de l’Homme.
Dans son allocution prononcée lors de la séance d’ouverture, l’ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’UA, Mohamed Khaled, a souligné que la réunion se tenait dans un contexte marqué par l’aggravation des défis sécuritaires et humanitaires dans le Sahel, précisant qu’il s’agit de l’une des régions les plus touchées par le terrorisme et le crime organisé, outre les crises humanitaires aiguës, l’insécurité alimentaire et la montée de l’immigration clandestine.
L’ambassadeur a également précisé que la sécurité et la stabilité du Sahel sont étroitement liées à la sécurité de l’ensemble du continent africain, soutenant que la prise en charge de ces défis exige le renforcement de la coordination et de la coopération régionale. A ce propos, le président du Conseil s’est félicité de la nouvelle dynamique et de la volonté réelle affichées par les pays du Sahel en vue de consolider leurs relations avec les pays voisins et de la région, y voyant l’expression d’une prise de conscience mutuelle quant au caractère inéluctable de la coopération pour vaincre le terrorisme transnational.
Il a, en outre, affirmé que la réunion vise à parvenir à des recommandations pratiques à même de promouvoir l’action africaine commune et de contribuer à la consolidation de la sécurité et du développement durable.
Le briefing présenté au Conseil a porté sur les efforts consentis aux niveaux, régional et international pour renforcer la sécurité et le pouvoir de l’Etat, citant la persistance des défis en dépit des indicateurs de résilience enregistrés par certaines économies de la région.
Le briefing a abordé aussi les efforts déployés par l’UA, à travers une adhésion politique de haut niveau, une diplomatie préventive et le soutien au dialogue qui s’est traduit récemment par la visite, en juillet dernier, du président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf au Mali et au Burkina Faso.
Le CPS a affirmé la nécessité de poursuivre le dialogue constructif avec les autorités des pays du Sahel, en appui aux processus nationaux inclusifs et crédibles, soulignant l’importance de renforcer la coopération entre l’UA, les Etats membres, les groupements et les mécanismes régionaux concernés, l’objectif étant de garantir une réponse collective face au terrorisme et au crime organisé, à travers l’intensification de l’échange d’informations, le renforcement de la sécurité des frontières et le développement des opérations conjointes.
Au terme de ses délibérations, le Conseil a appelé au renforcement des capacités d’alerte précoce, à la prévention contre les conflits, à la lutte contre l’extrémisme violent et au tarissement des sources de financement du terrorisme, ainsi qu’à l’intensification des aides humanitaires aux déplacés, aux réfugiés et aux pays hôtes, en veillant à assurer leur acheminement de manière sûre et régulière.
Il a également lancé un appel aux institutions financières africaines et internationales et aux partenaires du développement pour continuer à soutenir les programmes de relance économique, à construire la capacité de résilience et à traiter les causes profondes de l’instabilité comme la pauvreté, le chômage, l’insécurité alimentaire et les effets croissants du changement climatique.
Le Conseil a affirmé que la région du Sahel demeure d’une importance stratégique pour le continent, ajoutant que la réalisation d’une paix durable exige le renforcement de la coopération régionale, la bonne gouvernance et l’adoption d’une approche globale alliant sécurité, développement et gouvernance.
Nora Mohammedi






