Face aux nombreux accidents meurtriers: Quelle politique des transports en Algérie ?

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Pr des universités-Expert international- Dr d’Etat 1974 en managemen Abderrahmane Mebtoul

Selon le dernier rapport du FMI l’objectif du  développement des infrastructure est de  renforcer les liens économiques entre l’Afrique du Nord, l’Europe et l’Afrique subsaharienne afin intensifier la coopération dans des secteurs clés tels que le commerce, l’énergie, la finance et l’optimisation des ressources dans un contexte de changements économiques mondiaux rapides.

L’Afrique du Nord est  un carrefour, un trait d’union naturel entre les marchés industriels d’Europe et le dynamisme démographique de l’Afrique, sa position lui conférant  une valeur stratégique  dans la configuration actuelle des échanges mondiaux, cet avantage géographique étant un levier de croissance économique et de progrès social pour les populations. L’ambition de l’Algérie  est de  transformer ses axes routiers en véritables artères du commerce intra-africain dont les  projets ferroviaires et routiers  structurants visent à relier le nord du pays au Sahara et au-delà, ouvrant ainsi de nouveaux corridors logistiques vers des marchés encore peu connectés. C’est pourquoi, le Gouvernement algérien compte développer tout un programme concernant les infrastructures et le transport au carrefour des échanges et comme moyen de soutien à la croissance. Cette politique pour son efficacité doit séparer l’activité de régulation de celle des services commerciaux dans le transport routier, urbain, ferroviaire et l’activité portuaire. Ces projets qui doivent être menés au sein d ‘une planification stratégique, constituent des enjeux pour la dynamisation de l’économie algérienne, impliquant différents opérateurs.

Les différents modes de transport

Nous avons le  transport maritime.  La dynamisation du transport, sous toutes ses formes, a un impact sur le développement local et l’attractivité des territoires comme l’important axe routier Est-Ouest. Concernant le transport maritime, il est le mode de transport le plus utilisé dans le commerce international (75% du commerce mondial en volume transitent par voie maritime) et plus de 97% des marchandises destinées à l’Algérie passent par les compagnies de transport étrangères. Actuellement, le pavillon algérien ne couvre que 11% des échanges commerciaux. La dépendance de l’Algérie à l’égard des armateurs étrangers paraît évidente, rendant urgent l’amendement du Code maritime, afin d’ouvrir cette activité à des opérateurs privés très intéressés par le secteur maritime. Le problème principal qui se pose, actuellement, est que les ports algériens représentent le domaine public mais agissent, en même temps, comme entités commerciales. La gestion du secteur du transport maritime connaît certaines lacunes qui se traduisent par des coûts logistiques importants. Selon un rapport de la Banque mondiale, le coût moyen d’un conteneur de 20 pieds à l’importation est de 858 dollars en Tunisie, de 950 dollars au Maroc, alors qu’en Algérie il s’élève à 1.318 dollars. A l’exportation, le même conteneur coûte en moyenne 733 dollars en Tunisie et pas moins de 1.248 dollars en Algérie, soit un surcoût moyen annuel par rapport aux pays voisins de 400 millions de dollars. Concernant les surestaries, un séjour en rade d’un navire coûte entre 8.000 et 12.000 dollars par jour. Ainsi, la dépense nationale de transport maritime consacrée aux marchandises générales dépasse tout entendement. Ces surcoûts entravent tout effort de compétitivité des entreprises nationales, notamment celles désirant un développement à l’exportation, et épongent les trésoreries des entreprises importatrices qui paient beaucoup plus cher le transport de leur marchandise, ce qui se répercute sur le produit final donc le consommateur. En plus des ports existants qui nécessitent un important investissement pour leur mise à niveau, l’Algérie avait décidé d’investir dans la réalisation d’un grand port commercial. le port d’El Hamdania, d’un coût initial prévu entre 5 et 6 milliards de dollars, devrait disposer, selon le projet, de 23 quais d’une capacité annuelle de traitement de 6,5 millions de conteneurs et de 25,7 millions tonnes de marchandises, avec un trafic global en vitesse de croisière de 40 millions de tonne en plus du transbordement du trafic international. La durée prévisionnelle des travaux ayant été ramenée de 10 à sept ans, ce port devait être relié avec l’axe routier de l’unité africaine afin de faciliter la route de la Soie initiée par la Chine, projet auquel l’Algérie a adhéré. Or en rappelant que le groupe émirati DP World, est coactionnaire des ports de Djendjen et Alger, selon les dernières informations du mois de juin 2025, il serait abandonné par la Chine , avec la délocalisation du lieu , Projeté initialement à El Hamdania, dans la commune de Cherchell sur la côte de la wilaya de Tipasa, le méga-port en eau profonde devrait être réalisé sur la côte de la wilaya de Boumerdès selon le PDG du groupe public des services portuaires Serport le 9 juin 2025. L’Algérie, étant pour l’instant en pourparlers pas de contrat définitif avec CMA CGM pour un investissement de plusieurs milliards de dollars, mais sans mentionner la part du financement l’opérateur français CMA CGM et la part de l’Algérie, cet opérateur une grande multinationale étant , déjà présent dans neuf ports algériens, dont Alger, Annaba, Béjaïa, Skikda et Ghazaouet, ambitionne à court terme, d’avoir la concession du port d’Oran avec une implication directe dans la gestion logistique s’agissant notamment d’une ligne maritime entre Marseille et Oran, opérée par La Méridionale, filiale de CMA CGM et à moyen terme la construction d’infrastructures portuaires modernes, des terminaux à conteneurs à travers l’ensemble du territoire national.

Nous avons le  transport aérien.   La compagnie aérienne nationale « Air Algérie » en quasi monopole,  où entre 2O22/2023 avait 43 agences dans 26 pays bien qu’il ait été procédé entre 2020-2021 au rappel de 50 expatriés et la fermeture de 9 agences , a transporté, sans compter d’autres compagnies étrangères présentes dont Air France, près de 8 millions de passagers en 2024, soit une hausse de 10% par rapport à l’année 2023, Ce résultat a été atteint à travers 79 100 vols, avec en moyenne 200 à 250 vols par jour. Air Algérie prévoit d’élargir son réseau international, qui dessert actuellement 44 aéroports internationaux, avec l’ouverture de nouvelles lignes pour répondre à la demande croissante. Le PDG d’Air Algérie a dévoilé en août 2O24 un effectif de 8315 employés contre 1O.OOO vers les années 2O2O, mais révèle malgré cette baisse que le surplus d’effectifs était estimé à 3.000 employés mal répartis par les filiales et les services. Bien que bénéficiant d’un prix du carburant subventionné, pour faire face aux pertes enregistrées, Air Algérie avait sollicité un prêt gouvernemental, selon le conseil d’administration du 7 mai 2022, afin de faire face au déficit budgétaire estimé à 120 milliards de dinars, soit au cours  de l’époque 900 millions de dollars. Une partie est destinée à couvrir les dépenses de l’entreprise et les salaires,  une partie à rembourser les dettes de l’entreprise, le développement aérien étant  tributaire d’investissements pour de nouvelles acquisitions d’avions modernes, de  nouveaux aéroports et l’extension de ceux existants devant répondre au nombre croissant de passagers.

Nous avons les   réseaux ferroviaires.  Le réseau ferroviaire algérien s’étend actuellement sur 4 500 km, dont plus de 4 000 km en exploitation. Des projets de développement sont en cours pour augmenter cette longueur à 6 300 km à court terme et potentiellement à 15000 km d’ici 2030. Un programme d’investissement de 378 milliards de dinars (près de 2,8 milliards USD) a notamment été dévoilé en 2024, comprenant la modernisation des gares, des parcs de trains, l’installation de caméras de surveillance sur certaines lignes, le déploiement de distributeurs automatiques de billets. Nous avons la  ligne de Béchar à Gara Djebilet financé intégralement sur le budget de l’Etat  et dont la réalisation a été faite avec l’apport des chinois, qui s’étend sur environ 950 km en plein Sahara, l’ANESRIF  destinée au fer  de Gara Djebilet mais également au transport des voyageurs qui a été inauguré début  février 2026 par le président de la  république   car de par le monde le chemin de fer répond à une rentabilité sociale et non pas une rentabilité financière  permettant un développement équilibré et solidaire ( expérience USA).. La SNTF devrait procéder également au doublement et à l’électrification de certaines voies notamment  Béchar -Oran .Récemment le gouvernement a annoncé le lancement du e projet de chemin de fer Alger-Tamanrasset, couvrant plus de 2 000 km  ,le coût approximatif  selon des experts consultés  variant entre 10/15 milliards de dollars au total, dont le lancement du  premier tronçon  d’un coût   2,67 milliards de dollars( source APS) ,  (Laghouat–Ghardaïa–El Ménéa, de  495 km   financée par un prêt de 747,32 millions d’euros de la BAD.

Nous avons le transport terrestre.   Selon le Ministre des Travaux publics et des infrastructures de base, dans une déclaration en date du 29 janvier 2024, avec la superficie estimée à 2 381 774 km², le réseau routier algérien a atteint une longueur de 141 500 km dont 8 900 km d’autoroutes et voies express. il est possible de se rendre, en Algérie, par voiture depuis la Tunisie et la Libye. L’Algérie devrait être reliée à la Mauritanie grâce à un nouveau projet de réalisation d’une route reliant Tindouf en Algérie à Zouerate en Mauritanie, sur une longueur de 775 km. L’Algérie doit être aussi reliée au Mali, au Niger et au Nigeria à travers la route transsaharienne dont j’ai été officier d’administration entre 1971/1972 pour l’ axe Ghardaïa /El Goléa/ In Salah.. Que ce soit pour les voyageurs ou pour les marchandises, la route accueille pas moins de 85% du transport. Le transport doit être regroupé dans des entreprises non artisanales par la création d’entreprises de grandes envergures dans le transport terrestre. En 1988, il y avait 90% d’entreprises étatiques et 10% de privés. Actuellement, c’est le contraire mais avec une atomisation influant sur la rentabilité globale comme en témoigne les faillites et le non remboursement de crédits de transporteurs individuels dans le cadre de l’ ex-ANSEJ. Le développement des transports informels est une réponse aux dysfonctionnements du système de transport public. Aujourd’hui, le transport par taxi clandestin est une activité tout à fait banalisée dans la plupart des villes algériennes. Leurs stations, improvisées, sont partout dans les différents quartiers des villes. Cette activité s’est développée ces dernières années.

En conclusion, concernant les évènements récents, je  m’incline à  la mémoire es victimes, du drame dans la région de Boumerdès, à 50 kilomètres à l’est d’Alger  où un  autocar est tombé dans un ravin, faisant au moins 27 morts et 42 blessés  le 31 juillet 2026  selon la protection civile craignant  que le bilan ne s’alourdissent,  et sans compter les nombreux accidents sporadiques non médiatisés,  faisant suite à d’autres drames notamment  celui  d’août 2025, où un autocar était déjà tombé dans un ravin près d’Alger, faisant 18 morts. Sans sinistrose, il faut poser clairement les causes   et trouver des solutions non conjoncturelles mais pérennes, et pas seulement pénales sinon cette série noire  risque de s’intensifier devant délimiter   clairement les responsabilités

A.M

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