Le rapport du FMI du 30  juin 2026 sur l’économie algérienne:De profondes réformes structurelles pour éviter de vives tensions budgétaires

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Par Abderrahmane Mebtoul, Pr  des universités- Expert international-  Dr d’Etat 1974 en management 

Rappelons qu’ une loi des finances n’est qu’un document comptable retraçant les recettes et les dépenses annuelles d’un pays  et ne saurait remplacer  la planification stratégique qui en Algérie fait cruellement défaut, les équilibres macro financiers et macro sociaux entre 2026/2028  étant largement tributaire de l’évolution des recettes d’hydrocarbures, les exportations hors hydrocarbures hors dérivées hydrocarbures étant marginales  ne dépassant pas 1 milliard de dollars en 2025 ,les réserves de change de l’Algérie ayant  clôturé le premier trimestre 2026 à environ 40,3 milliards de dollars (hors or) , la flambée des prix du fait de la guerre au Moyen Orient  pouvant contribuer à les  stabiliser sous réserves  d’une plus grande rigueur dans la gestion des dépenses publiques

1.-Evolution du déficit budgétaire  de 2021 aux prévisions de 2026  

Les principaux indicateurs du cadrage macroéconomique à moyen terme de la loi de finances  2026,  sont le  prix de référence fiscal du baril de pétrole brut est fixé à 60 dollars  et le   prix de marché du baril de pétrole brut est de 70 dollars, Objectif de croissance de 4,1 % en 2026, et  l’inflation à 2,9 %.

L’évolution du solde recettes dépenses entrée 2021 et  2026 contenu dans les différentes lois de fiances :est le suivant  – 2021 : des recettes budgétaires évaluées à 5 331,8 milliards de dinars et des dépenses totales de 8 113 milliards de dinars soit un  déficit  de 21,4 milliards de dollars ;   2022 :   des recettes de 5 683,22 milliards de dinars et des dépenses totales de 9858,40 milliards de dinars. soit un écart de  32,17 milliards de dollars ;2023 :  des recettes budgétaires de 7 901,90 milliards de dinars et des dépenses totales de 13 786,80 milliards de dinars. soit un déficit de 45,26 milliards de dollars ;  2024 : des recettes de 9.105,3 milliards de DA  et des  dépenses  de 15.292,47 milliards de DA  soit un déficit de 47,60 milliards de dollars ;  2025 en Algérie prévoit des recettes budgétaires de 8 523,1 milliards de DA et des dépenses de 16 794,6 milliards de DA, soit un écart  de 63,62 milliards de dollars  ;  2026, les  recettes devraient atteindre 8 009 milliards de dinars,(61,60 milliards de dollars) 19% du PIB  et les dépenses 17 636 milliards de dinars, 42% du PIB  (135,66 milliards de dollars ) soit un déficit de 9627 milliards de dinars soit au cours de  décembre  2025 74,06 milliards  de dollars où avec -un taux de consommation prévu à 70%, les dépenses budgétaires devraient atteindre 12.345,7 mds DA environ 95 milliards de dollars  en 2026,- en hausse de 5%par rapport à la clôture de 2025, la masse salariale, y compris  celle des EPA, s’élève à 5.926 mds DA en 2026, – 45,58 milliards de dollars soit 33,6% du budget de l’Etat avec un déficit structurel  pour les entreprises publiques , un rapport du premier ministre (source APS) ayant montré un assainissement  de 250 milliards de dollars  entre 2000/2020 et ces assainissements ayant continué entre 2021/2025 , 80% de ces entreprises  étant revenus à la case de départ montrant que ce n’est pas uniquement une question de capital argent. Un taux  de chômage  en prenant en compte  les demandes d’allocation chômage rapportées à la population active, environ 13,5 millions  (source ministère du travail) est  d’environ 15% mais incluant les emplois rente et touchant  de plus en  en plus les diplômés  du fait que le système socio éducatif est  non adapté à l’environnement économique devant s’adapter à l’avenir aux impacts de  l’intelligence artificielle, les   transferts sociaux avoisinent les 6.000 milliards de dinars soit 46,15 milliards de dollars soit 14,33% du PIB  reconduisant , les exonérations fiscales sur des produits de large consommation tels que l’huile brute de soja, le café, les légumes secs  ces mesures ayant été décidées pour exonérer ces produits de droits de douane afin de contenir la hausse des prix. Ces transferts non ciblées,  sont  permis grâce à la rente des hydrocarbures 

Le  prix du marché ou le fiscal retenu par la loi de finance 2025/206 , étant un artifice comptable car pour assurer l’équilibre budgétaire, , pour le FMI l’Algérie a besoin d’un baril entre 140/150 dollars et la  dévaluation rampante du dinar tant par rapport au dollar que l’euro  (la banque d’Algérie parle  de glissement)   a eu comme l’accroissement de  l’inflation importé pour les produits non subventionnés, le taux officiel se limitant aux produits de première nécessité, biaisés par les   subventions, ne reflétant pas la réalité,  devant être actualisé , le besoin étant historiquement  daté.

Les cours officiels (cotations commerciales de la Banque d’Algérie) et parallèles (marché noir au Square Port-Saïd) du dinar algérien (DZD) le 14 juillet 2026 accusent un écart considérable de plus de 75% . Sur le marché officiel, l’Euro s’échange autour de 152,10 DA, tandis que le Dollar US  autour de 133,00 DA et sur  le marché informel, l’Euro se négocie à environ 276,00 DA pour l’achat et 278,00 DA pour la vente, et le Dollar US est coté à  240,00 DA, n’ayant pas permis de dynamiser les exportations hors hydrocarbures, comme le montre les lois économiques , comme cela se passe en Chine , montrant que le blocage est d’ordre  systémique. C’est un artifice comptable  car     diminuant  artificiellement  le déficit budgétaire en accroissant les taxes de produits importés et en augmentant les recettes hydrocarbures converties en dinars dévalués

Pour l’Algérie qui a  une population en 2025 de 47,5 millions d’habitants, les   exportations algériennes  ont été ( données provisoires)  à environ 44 milliards de dollars  et les importations 60 milliards de dollars  soit au total importations – exportations un montant  entre 100 et 110 milliards de dollars  avec  comme principaux   fournisseurs (importations) , la Chine qui  arrive en tête (20% – 23%  des parts de marché), suivie de près par la France,    l’Italie , le Brésil et la Turquie et pour les clients  (exportations), les pays européens arrivant  en tête  Espagne  , Turquie , qui  absorbent la majeure partie des exportations algériennes dont les recettes à environ 80% proviennent de cette zone, mais avec des accords importants liant l’Algérie aux USA surtout dans l’énergie  et la Russie (coopération surtout militaire ), l es échanges entre l’Algérie de l’Allemagne  étant marginales, le . montant total des marchandises et services expédiés par l’Allemagne vers l’Algérie s’est établi à 2,37 milliards de dollars  en 2025 et les exportations algériennes vers l’Allemagne   ont atteint 1,58 milliard de dollars ,  l’’Algérie pour 2025 représentant  5,72% du PIB de l’Allemagne et dans les échanges globaux commerciaux de l’Allemagne un taux très faible   0,13%.  Soulignons sans compter que la coopération avec l’Europe  porte   également  sur  les énergies renouvelables  dont le développement de l’hydrogène  des technologies de pointe maitrisées par l’Allemagne .dont le SouthH2 Corridor , le pipeline  transcontinental de 3400 km visant à acheminer  jusqu’à 5 millions de tonnes  d’hydrogène  par an,   les exportations algériennes en 2025  d’environ 40 milliards de mêmes cubes gaz  à l’Europ  lui permettent  de conserver sa place de 2eme grand fournisseur  et de figurer dans le top 10 mondial des pays exportateurs,   la structure des exportations  étant   constituées d’environ 70% par canalisation notamment à travers le  Transmed via Italie qui s’est imposée comme le principal client  avec environ 21 milliards de mètres cubes gazeux en 20025 et l’Espagne via le Medgaz d’une capacité de 10,5 milliards de mètres cubes gazeux, les  exportations par GNL représentant environ  30%.

2.- Pour un développement durable, il faut résoudre quatre équations :

Premièrement, ce  déficit alimente t-il les dépenses non créatrices de valeur et dans ce cas l’accélération du processus inflationniste est inévitable, c’est une loi économique applicable à tous les pays sans exception, surtout en cas de stagnation comme en 2024/2025 ou de baisse des recettes des hydrocarbures en 2026 qui servent de tampon social ou une grande fraction sera t-elle affectée aux activités productives. Tout est fonction des recettes  des hydrocarbures où en cas de baisse des recettes,  il y a risque d’accroissement des tensions budgétaires . Aussi s’imposent une nouvelle gouvernance centrale et locale , la valorisation savoir et de profondes réformes au sein d ‘une planifications stratégique qui fait cruellement , la création de la valeur reposant sur des entreprises productives loin des injonctions administratives

Deuxièmement  il faut avoir un fort taux de croissance devant  attirer les IDE ce qui suppose   une visibilité dans la politique socio-économique, l’amélioration du milieu  des affaires et la lutte contre la bureaucratie étouffante et   l’émergence de segments hors hydrocarbures concurrentiels en termes de coût et qualité au niveau tant interne qu’au niveau international. . Le produit intérieur brut  pour 2022 a été de 225,6 milliards de dollars, en 2023, de 247,6 milliards de dollars , en 2024 263,6 milliards de dollars, de 286 en 2025,  et selon  la loi de finances 2026, le  produit intérieur brut (PIB), en valeur courante, devrait dépasser les 300 milliards de dollars . Or les exportations hors hydrocarbures sont en en stagnation , 7 milliards de dollars en 2022, 5,01 en 2023, 4,7 en 2024,  et environ 5 milliards de dollars en 2025 mais dont 67% sont des dérivées d’hydrocarbures

Troisièmement,, lié à l’axe précédent, la   LF 2026  mise surtout sur les recettes fiscales hors hydrocarbures étant prévu   que  la fiscalité des hydrocarbures budgétisée devrait diminuer, passant au cours constant de 130 dinars un dollar de  20,75 milliards de dollars  en 2026 à 19,90 milliards de dollars  en 2027 et à 19,30 milliards de dollars.  Or , un projet après sa mise en exploitation réelle , son seuil de rentabilité, sous réserve qu’il s ‘insère dans la logique des valeurs internationales et de la levée des contraintes bureaucratiques, n’est atteint qu’au bout de 3 ans pour les PMI/PME et 5/7 ans pour les grands projets.

Quatrièmement, constatant  la stagnation de la fiscalité ordinaire, qui ne représente que 10% du PIB, soit environ 4.300 milliards de dinars la LF 2026 prévoit pour plus de justice sociale élargir  l’assiette fiscale  ce par l’inclusion du marché parallèle mais  le grand problème qui se pose à l’Algérie   comment  intégrer  la masse minutaire hoirs banques ?.  Pour 2025, la masse monétaire en circulation hors banques (monnaie fiduciaire) en Algérie dépasse 9 654 milliards de dinars (environ 62,68 milliards de dollars), selon les données de la  Banque d’Algérie , , ce volume de cash représentant  une part importante de la masse monétaire globale,, montrant qu’il reste un long parcours  pour  bancariser cet argent, la numérisation n’étant qu’un moyen , la solution redonner confiance sans laquelle aucune mesure et aucun développement fiable  ne peut se concrétiser . Aussi se pose cette question de l’efficacité de la mesure introduites  dans le PLF 2026 où pour lutter contre l’informel où il est prévu  une amnistie fiscale à 10% et des garanties de non-poursuites judiciaires contre les personnes qui accepteraient de déposer leur argent dans les banques, procédure permettant la déclaration des montants cachés contre le paiement d’un impôt raisonnable et la garantie de ne pas être poursuivi, disposition  valable une année, jusqu’au 31 décembre 2026.

3.-le rapport du FMI de juin 2026 : de vives tensions budgétaires sans réformes structurelles 2026/2030

Le déficit budgétaire a plus que triplé entre 2021 et 2025/2026 et le risque, si on attire pas les investissements directs étrangers à valeur ajoutée et non de simples fournisseurs marchands    en cas de   baisse des recettes d’hydrocarbures, serait de recourir à la planche à billets qui aurait un effet inflationniste dévastateur   remettant en cause la nécessaire cohésion sociale. Face à un monde turbulent et instable et à des besoins sociaux internes croissants, l’Algérie étant fortement connectée à l’économie mondiale -importation/exportation, le taux de croissance via la dépense publique, le taux d’emploi, les réserves de change, le corps social étant irrigué essentiellement par la rente des hydrocarbures, une Nation ne pouvant distribuer plus que ce qu’elle produit, afin d’éviter de vives tensions sociales à terme, il y a urgence  de gérer efficacement les finances publiques pour assurer la stabilité et le développement économique à moyen et long terme. Il est utile  de rappeler que lors de sa mission de consultations conclue le 30 juin 2026, le FMI a  salué certes  la sortie de l’Algérie de la liste grise du GA , tablant sur une croissance du PIB de 3,8 % et un PIB nominal d’environ 317 milliards de dollars pour 2026 notant que directement et indirectement  le PIB est largement irrigué par la rente des hydrocarbures. Le FMI recommande de résorber l’excès de liquidité bancaire et d’ajuster les taux pour contenir ces pression  et un ajustement à travers l’élargissement de l’assiette fiscale, la numérisation pour intégrer le secteur informel et le ciblage des subventions aux ménages vulnérables, de profondes réformes structurelles  afin d’alléger les procédures administratives, de stimuler la concurrence et d’améliorer le climat des affaires  par l’encouragement du secteur privé productif pour stimuler la croissance hors hydrocarbures. En   Algérie, le taux d’intégration tant des entreprises tant publiques que privées algériennes entre 2023/2025 ne dépasse pas 15%.   Il  s’agit d’éviter  le mythe du bureaucrate qui pense que faire de nouvelles lois  et reposer son action sur  l’administration, sans intermédiations politiques  et sociales collant avec la  réalité sociologique du pays,  résout tous les problèmes, et de s’éloigner du  mythe monétaire de  l’équilibre de la balance commerciale afin de préserver les réserves de change . C’est une  vision statique, et non dynamique, où on assiste à des pénuries et  hausse de prix  pour les produits non subventionnés allant   entre 2023 à 2026 jusqu’à 200/300% comme les pièces détachées  tout secteur confondu,  du fait  de la gestion administrative  et des restrictions d’importations , qui paralysent le tissu économique, faute de la faiblesse de la production nationale (15% taux d’intégration secteur public et secteur privé)

A.M

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