Rapport national volontaire 2026-2030: Le modèle algérien, de la résilience à l’émergence

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À mi-parcours de l’Agenda 2030 des Nations Unies, l’Algérie a présenté récemment à New York son deuxième Rapport National Volontaire sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD), lors des travaux du Forum politique de haut niveau 2026. La rédaction de « L’Écho d’Algérie » s’est procuré une copie de ce document de 132 pages, qui détaille les principaux chantiers structurants prévus pour la période 2026-2030.

Ce document dresse un bilan analytique approfondi de dix années de réformes structurelles tout en traçant les contours de la feuille de route du quinquennat allant de 2026 à 2030. « Sous l’impulsion des Hautes orientations du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie réaffirme son engagement intégral envers l’Agenda 2030. Le VNR 2026 n’est pas un simple exercice de reddition de comptes, il constitue à la fois un bilan probant des progrès accomplis et une projection vers l’avenir, témoignant du passage d’une logique de reporting à une logique d’apprentissage, d’ajustement et de transformation. C’est dans cet esprit de responsabilité partagée que l’Algérie avance, résolument, vers un avenir de durabilité, d’inclusion sociale et d’innovation », affirme le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, dans son avant-propos.

En dépit d’une conjoncture internationale marquée par des chocs successifs et multidimensionnels, tels que la crise sanitaire mondiale, la forte volatilité des marchés des hydrocarbures et la pression croissante des aléas climatiques, le modèle économique et social algérien a fait preuve d’une résilience remarquable. Cette solidité s’appuie sur le cadre rénové de la Constitution de 2020, qui consacre une vision stratégique fondée sur quatre piliers fondamentaux. Le pays mise d’abord sur la souveraineté économique et la diversification industrielle, tout en réaffirmant le principe d’équité sociale pour ne laisser personne au bord du chemin. En parallèle, la stratégie nationale place la sécurité hydrique et la transition énergétique au cœur des priorités, le tout soutenu par une modernisation en profondeur de la gestion budgétaire à travers l’application de la loi organique relative aux lois de finances.

Dix ans de progrès sociaux et d’investissements d’envergure

Le bilan des réalisations accomplies entre 2015 et 2025 met en lumière des avancées concrètes et mesurables à travers l’ensemble des indicateurs de développement. Sur le plan de la lutte contre la pauvreté, le taux d’extrême pauvreté a été maintenu sous le seuil des 0,5% à l’échelle nationale, tandis que le taux de couverture par la sécurité sociale a progressé pour atteindre 67% des actifs. La sécurité alimentaire a également connu une nette amélioration, illustrée par une disponibilité en blé portée à 265 kg par habitant et par an, une couverture des besoins en lait atteignant 71%, et un essor spectaculaire de la production aquacole nationale qui a été multipliée par plus de cinq.

Dans le secteur de la santé et du capital humain, le pays enregistre un gain de deux ans et demi d’espérance de vie pour s’établir à près de 80 ans, parallèlement à une baisse de 20% du taux de mortalité maternelle. Le système éducatif confirme sa gratuité et son universalité avec un taux de scolarisation primaire porté à 100% et une communauté universitaire comptant un 1,7 million étudiants, au sein de laquelle les femmes représentent près de deux tiers des effectifs. Enfin, l’effort d’équipement public s’est traduit par la distribution de plus de 1,7 million logements en quatre ans, un accès quasi universel à l’eau potable et à l’électricité, ainsi qu’un taux de pénétration d’Internet atteignant près de 90%.

Cinq chantiers structurants pour 2026-2030

Pour la période 2026-2030, l’action publique s’articule autour de cinq grands chantiers d’accélération stratégique. Le premier axe vise à garantir la souveraineté hydrique face aux contraintes du changement climatique. À cette fin, le programme de dessalement d’eau de mer vise une capacité de 5 millions de mètres cubes par jour d’ici 2030 afin de satisfaire plus de 60 % des besoins en eau potable des régions du Nord, tout en généralisant le recyclage des eaux usées épurées pour les besoins agricoles et industriels.

Le deuxième chantier concerne la transition énergétique et la décarbonation de l’économie. Il s’appuie sur le déploiement accéléré des énergies renouvelables avec pour cible la production de 15 000 mégawatts à l’horizon 2035. L’Algérie ambitionne également de s’imposer comme un acteur clé de la filière de l’hydrogène vert tout en respectant ses engagements internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Généralisation de l’e-gouvernance, l’autre priorité de l’Etat

Sur le plan économique, le troisième chantier cible la transformation structurelle de l’appareil productif. L’objectif est de porter la contribution de l’industrie manufacturière à 12 % du PIB d’ici 2030, notamment par la valorisation des ressources minières, la promotion de l’agriculture saharienne irriguée et une intégration dynamique au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine. Le quatrième axe se concentre sur l’autonomisation économique des jeunes et des femmes, visant le doublement du taux d’activité féminin et le soutien à l’écosystème de l’innovation grâce aux incubateurs et au statut d’auto-entrepreneur.

Le cinquième et dernier chantier porte sur la digitalisation intégrale des services publics et la modernisation de la gouvernance par les données. Cette démarche s’accompagne d’un renforcement des capacités du système statistique national sous la conduite de l’Office national des statistiques afin d’assurer un pilotage optimal des politiques publiques.

Promouvoir une croissance économique soutenue

Face à la dépendance aux ressources pétrolières, les pouvoirs publics algériens ont engagé une refonte globale du modèle économique national en misant sur la diversification, la modernisation financière et le soutien aux secteurs stratégiques. Ces réformes ciblées ont permis d’inscrire le pays dans une trajectoire de croissance plus résiliente, inclusive et créatrice d’emplois. Après la contraction subie en 2020, l’activité a rapidement rebondi pour se stabiliser à 3,7 % en 2024, se rapprochant de l’objectif de 4 % fixé pour 2030. Cette dynamique s’accompagne d’une revalorisation du pouvoir d’achat, marquée par la progression du salaire net moyen à 43 500 DA, ainsi que d’un renforcement de l’inclusion financière avec le développement du réseau de guichets automatiques. L’action publique vise désormais à consolider ces acquis en fixant des cap ambitieux à l’horizon 2030, notamment la réduction du chômage global sous la barre des 8 %, le faisant repasser sous les 20 % chez les jeunes, et la progression de l’emploi féminin jusqu’à 25 %.

L’Algérie réaffirme sa voix et son leadership  

A l’horizon 2030, l’Algérie entend réaffirmer sa place dans les instances internationales pour contribuer à la définition des futurs cadres mondiaux de développement. Cette vision prospective met l’accent sur la promotion de la justice climatique, l’intégration éthique des technologies émergentes comme l’intelligence artificielle au service des citoyens, et l’instauration d’une gouvernance économique mondiale plus équitable pour les pays émergents.

Mohamed B.

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