Journée météorologique mondiale 2023: Le réchauffement climatique, un effet dévastateur et une menace pour la sécurité mondiale

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La Journée mondiale de la météorologie est célébrée chaque année le 23 mars pour marquer l’entrée en vigueur de la Convention de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) en 1950 afin de sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux liés à la météorologie et de promouvoir la compréhension des services météorologiques et climatologiques fournis par les organismes nationaux et internationaux, le thème retenu en 2023 est «l’avenir du temps, du climat et de l’eau à travers les générations» où la coopération internationale est essentielle afin de réduire les émissions et faire en sorte que les générations futures puissent à la fois survivre et prospérer sur notre planète.

Car les crises en Ukraine, les tensions USA/Chine en Asie, l’actuelle crise bancaire ne seront qu’un épiphénomène face aux effets dévastateurs des impacts du changement climatique qui menacent la sécurité mondiale. C’est dans ce cadre d’un thème stratégique qui interpelle l’Algérie à plus d’un titre étant un pays semi-aride et soumis aux effets du réchauffement climatique,  que le livre cette présente contribution. qui est une synthèse d’une émission de la télévision de l’Assemblée française LCP, émission «ces idées qui gouvernent le monde» d’une brûlante actualité,  sur l’impact du réchauffement climatique et la sécurité mondiale diffusée 24 octobre 2022, ayant été invité où je suis intervenu avec d’éminents experts internationaux ( TV LCP Paris 24/10/2022- l’impact du réchauffement  climatique Les intervenants ont été Brice Lalonde, ancien ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires, ex-sous-secrétaire général de l’ONU, coordonnateur exécutif de la conférence des Nations unies sur le développement durable (Rio+20), le professeur Hervé Le Treut, spécialiste de la simulation numérique du climat, membre de l’Académie des sciences, professeur à l’École polytechnique et à la Sorbonne, Fabienne Keller, députée européenne, diplômée de l’Université de Californie, Ecole polytechnique, Daniel Salmon, sénateur d’Ille-et-Vilaine, EELV, professeur des Écoles et le Pr  Abderrahmane Mebtoul). Cette présente contribution présente les grands axes des interventions sur un sujet qui engage la sécurité du monde et bien évidemment celle de l’Algérie. Fondamentalement, si nous échouons à passer à un monde à faible émission de carbone, c’est l’intégrité globale de l’économie mondiale qui sera menacée, car le climat mondial est un vaste système interconnecté. Toute action dans une zone déterminée du globe a un impact sur le reste du monde, où depuis 1850, notre planète s’est déjà réchauffée en moyenne de 1,1°C. Selon le sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), le réchauffement planétaire en cours pourrait atteindre 1,5°C à 4,4°C d’ici 2100. Les experts du Giec indiquent que le réchauffement climatique devrait être contenu à +1,5°C au maximum d’ici à 2100 pour éviter que notre climat ne s’emballe. Cette limitation sera hors de portée à moins de réductions immédiates, rapides et massives des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Le réchauffement climatique a plusieurs effets négatifs. Premièrement : pour la hausse du niveau des mers, le constat est la hausse moyenne des températures qui provoque une fonte des glaces continentales (glaciers, icebergs, etc.). Le volume de glace fondue vient s’ajouter à celui de l’océan, ce qui entraîne une élévation du niveau des mers. Près de 30% de cette élévation est due à la dilatation causée par l’augmentation de la température de l’eau. Entre 1901 et 2020, le taux moyen d’élévation du niveau marin s’accélère, était de près d’1,3 mm par an entre 1901 et 1971, d’environ d’1,9 mm par an entre 1971 et 2006, et il atteint près de 3,7 mm par an entre 2006 et 2020.

Le GIEC estime que le niveau des mers pourrait augmenter de 1,1 m d’ici à 2100. Comme impact, les zones côtières seront confrontées à des inondations dans les zones de faible altitude plus fréquentes et plus violentes. Deuxièmement :  la modification des océans qui absorbent naturellement du gaz carbonique, en excès dans les océans, acidifie le milieu sous-marin. Une acidification trop importante des eaux marines peut provoquer la disparition de certaines espèces, notamment des végétaux et des animaux tels que les huîtres ou les coraux. En plus de son acidification, les activités humaines entraînent d’autres modifications des océans : baisse de sa teneur en oxygène, réchauffement et augmentation de la fréquence des vagues de chaleur marines. Ces changements affectent les écosystèmes marins, et les populations qui en dépendent. Troisièmement :  l’amplification des phénomènes météorologiques extrêmes provoque l’évaporation de l’eau, ce qui modifie le régime des pluies. Cela apporte des pluies plus intenses, avec les inondations qui les accompagnent dans certaines régions, et des sécheresses plus intenses et plus fréquentes dans de nombreuses autres régions. En effet, lors de pluies violentes, les sols ne peuvent pas fixer l’eau. Elle s’écoule alors directement vers les cours d’eau plutôt que de s’infiltrer. Dans ces conditions, les nappes d’eau souterraines peinent à se reconstituer. Le réchauffement planétaire entraîne d’autres dérèglements tels que le dérèglement des saisons et le déplacement des masses d’air qui pourraient, à long terme, accroître le nombre d’événements climatiques extrêmes : tempêtes, ouragans, cyclones, inondations, vagues de chaleur, sécheresses, incendies. Quatrièmement :  le réchauffement climatique est une menace sur les plantes et les animaux car les cycles de croissance des végétaux sauvages et cultivés sont modifiés : gelées tardives, fruits précoces, chute des feuilles tardives, etc. Beaucoup d’espèces ne supporteront pas les nouvelles conditions climatiques et l’agriculture devra s’adapter en choisissant des espèces précoces. Les comportements de nombreuses espèces animales sont perturbés : modification des zones de vie de certaines espèces, modification des aires de migration, etc. Elles devront migrer ou s’adapter rapidement à ce dérèglement climatique sous menace d’extinction.

Un réchauffement de 1°C oblige déjà certaines espèces à se déplacer de plusieurs centaines de km vers le Nord ou de plusieurs dizaines de mètres en altitude pour retrouver leurs conditions de vie. Cinquièmement : l’impact du réchauffement climatique bouleverse les conditions de vie humaine. Certains de ces effets sont irréversibles, ils ont poussé les écosystèmes au-delà de leur capacité d’adaptation. Aujourd’hui, selon le rapport du GIEC, environ 3,3 à 3,6 milliards de personnes vivent dans des habitats très vulnérables au changement climatique.

Si le niveau des mers augmente d’1,1 m d’ici à 2100, près de 100 millions de personnes seront contraintes de changer de lieu d’habitation, et certaines terres côtières ne seront plus cultivables. En raison de la montée des eaux, des famines ou encore des tempêtes, de nombreuses personnes seront contraintes, pour s’adapter au dérèglement climatique, de quitter leur maison ou leur pays: près de 220 millions de migrants climatiques sont envisagés d’ici à 2050 à cause de toutes ces catastrophes. Par ailleurs, le changement climatique accroît les risques sanitaires : vagues de chaleur, cyclones, inondations, sécheresses, propagation facilitée de maladies. Sixièmement : les dérèglements climatiques perturbent la distribution des ressources naturelles, leur quantité et leur qualité. De plus, les rendements agricoles et des activités de pêche sont impactés.

Les rendements agricoles pourraient baisser d’environ 2% tous les 10 ans tout au long du XXIe siècle, avec des fluctuations chaque année. Cela mène à une insécurité alimentaire (augmentation du prix des denrées, difficultés d’approvisionnement, etc.) et des tensions autour des ressources. Septièmement :  les impacts sur les coûts, où selon l’AIE les engagements gouvernementaux actuels ne permettraient d’atteindre que 20% des réductions d’émissions nécessaires d’ici à 2030.

Pour atteindre les objectifs, il faudrait investir chaque année jusqu’à 4 000 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, en dirigeant la majorité de ces investissements vers les économies en développement. Des estimations plus larges sont réalisées pour chiffrer les investissements nécessaires à plus long terme. Morgan Stanley prévoit par exemple qu’il faudrait 50 000 milliards de dollars  pour transformer ce que le groupe bancaire décrit comme les cinq industries clés : énergies renouvelables : véhicules électriques, hydrogène, captage / stockage du carbone et biocarburants.

La Commission européenne, quant à elle, parle d’un investissement de 3500 milliards d’euros au cours des dix prochaines années (soit 25% du PIB), tandis que l’université de Tsinghua University prévoit que le plan chinois coûtera au cours des quatre prochaines décennies environ 21 600 milliards de dollars ce qui représente 122% du PIB. Selon le réassureur Swiss Re, assureur des assureurs, il faudrait 270 000 milliards de dollars d’ici à 2050, et les objectifs de l’accord de Paris ne pourront être atteints qu‘en 2069, soit 20 ans de retard, devant miser sur l’efficacité énergétique en premier lieu dans le transport de l’énergie, le BTPH, l’industrie sans compter les coûts dans, la santé et de l’agriculture et celui des loisirs nouveau mode du tourisme,  nécessitant la réforme du système financier mondial du fait que les obligations vertes représentent en 2021 seulement 2% de la valeur du marché obligataire mondial. Pour réduire les coûts, impossible à supporter les Etats à terme où selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde), une «transition décisive» pourrait entraîner une hausse de 2,5% du PIB mondial à l’horizon 2050, plusieurs propositions: premièrement, de développer la transition énergétique, favoriser le mix solaire /gaz moins nocif que le pétrole et le charbon, l’éolien, l’hydraulique le développement des énergies renouvelables, les panneaux photovoltaïques pour le marché local combiné avec la thermique  et l’hydrogène vert pour les interconnexions pour pouvoir exporter. Conclusion :  le monde connaît un bouleversement inégal depuis des siècles, d’un côté pluies diluviennes, inondations de l’autre côté, sécheresse et incendies avec des coûts croissants. Sans  changement de trajectoire de l’actuel modèle de développement au niveau mondial, les prévisions du NGES, qui s’appuient sur la simple mise en place des politiques actuelles, envisagent une perte de production équivalant à environ 5% du PIB mondial d’ici à 2050, et jusqu’à 13% d’ici à 2100. Espérons que les gouvernants de la planète trouveront des solutions concrètes où le réchauffement climatique dont la responsabilité en incombe en premier lieu aux pays développés y compris la Chine et la Russie gros pollueurs, avec un impact catastrophique sur les pays en voie de développement, notamment sur l’Afrique où les engagements de la COP21 ont été très partiellement appliqués. Or, avec les tensions en Ukraine et la crise énergétique, bon nombre de pays recourent massivement aux énergies fossiles et la paix dans cette région est une condition essentielle pour aborder sereinement le sujet stratégique du réchauffement climatique et donc la transition énergétique irréversible qui modifiera le pouvoir énergétique et économique mondial entre 2025/2030/2040 (sur la transition énergétique voir interview du président de l’AIE à EuroNew’s le 02/11/2022 17h). Pour les pays en voie de développement qui aspirent au bien-être des stratégies d’adaptation avec l’aide des techniques nouvelles des pays développés s’imposent pouvant tolérer un minimum. Si l’Afrique, l’Asie dont la Chine et l’Inde plus de 4 milliards d’habitants sur les 8 milliards avaient le même modèle de consommation énergétique que l’Europe et les USA, moins d’un milliard d’habitants pour un PIB de 40% sur un total en 2022  de 100 000 milliards de dollars, il faudrait selon les experts trois à quatre fois la planète terre.

  1. M.