Économie du savoir et entrepreneuriat: L’université vise 5 000 produits innovants d’ici à 2030

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Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présidé, samedi à Alger, les travaux de la Conférence nationale des universités, consacrée à la poursuite des grandes réformes engagées dans le secteur. L’objectif est de faire de l’université un moteur de l’économie nationale fondée sur le savoir, l’innovation et la création de richesse.

Dans son allocution d’ouverture, Kamel Baddari a affirmé que l’université algérienne était entrée dans une nouvelle étape, placée sous le signe de « l’université intelligente, entrepreneuriale, productrice de savoir et de richesse ». Cette nouvelle orientation s’inscrit dans la concrétisation des directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à bâtir une économie de la connaissance et à renforcer la souveraineté scientifique et technologique du pays. À cette occasion, le ministre a présenté la feuille de route de la prochaine année universitaire. Celle-ci prévoit le lancement de plusieurs projets structurants, parmi lesquels la mise en place d’un parcours pédagogique personnalisé pour chaque étudiant, soutenu par les technologies de l’intelligence artificielle. Dans ce cadre, un assistant intelligent accompagnera les étudiants dans le choix de leurs unités d’enseignement. Cet outil devra leur permettre d’élaborer un parcours de formation correspondant à leurs ambitions, à leurs compétences et à leurs objectifs professionnels. Kamel Baddari a également annoncé le développement d’un grand modèle de langage, ou LLM, destiné aux enseignants universitaires. Cet outil les aidera à concevoir des exercices et des activités pédagogiques, tout en intégrant l’intelligence artificielle dans l’évaluation des réponses des étudiants. Ce dispositif doit contribuer à améliorer la qualité de la formation universitaire et permettre aux enseignants de suivre les évolutions les plus récentes en matière de pratiques pédagogiques. Abordant le renforcement du rôle économique de l’université, le ministre a présenté les résultats obtenus dans les domaines de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Il a notamment fait état de la délivrance de 2 339 labels de projets innovants et de l’enregistrement de 3 949 brevets d’invention. Cette dynamique a également permis la création de 673 start-up, de 4 906 micro-entreprises et de 442 spin-off. Au total, 17 046 emplois directs ont été générés entre 2022 et juillet 2026 grâce aux différents projets issus de l’environnement universitaire.

Le ministre a indiqué que le secteur ambitionnait de mettre sur le marché national, d’ici à 2030, un total de 5 000 produits algériens innovants sous le label « Made in Algeria ». Chaque produit devra donner lieu à la création d’une start-up, d’une micro-entreprise ou d’une spin-off. Cette démarche vise à transformer l’université en un véritable espace de production, d’innovation, d’entrepreneuriat et de création de richesse. Dans le même contexte, Kamel Baddari a annoncé l’organisation de la deuxième édition du programme « Proto Market », destiné à soutenir la réalisation de prototypes technologiques conçus par des étudiants. Les projets sélectionnés bénéficieront de financements compris entre un et deux millions de dinars, afin de faciliter la transformation des idées innovantes en prototypes susceptibles d’être développés et commercialisés. S’agissant des mécanismes de financement innovants, le ministre a rappelé la création, au sein de l’Université d’Alger 3, de la première société d’investissement en capital-risque installée dans un établissement universitaire. Il a également évoqué le lancement du premier fonds d’investissement en capital-risque en Algérie, tout en annonçant l’objectif de créer quatre fonds supplémentaires avant la fin de l’année. Ces mécanismes doivent assurer un financement durable aux projets innovants portés par les étudiants. Le premier responsable du secteur a, par ailleurs, rappelé que cinq établissements universitaires algériens avaient obtenu la certification internationale de qualité ISO 9001:2015. Il s’agit des universités de Ouargla, de Sidi Bel Abbès, de Boumerdès et de la Formation continue, ainsi que de l’École nationale supérieure de management. Évoquant l’ouverture de l’université algérienne sur son environnement international, Kamel Baddari a appelé à redoubler d’efforts afin d’améliorer le classement des établissements universitaires algériens à l’échelle mondiale. Il a souligné les résultats positifs enregistrés par les universités algériennes au cours des dernières années, tout en insistant sur la nécessité de conforter leur présence scientifique et académique au niveau international. Concernant les œuvres universitaires, le ministre a enfin mis en avant les progrès considérables réalisés dans l’amélioration des conditions d’hébergement des étudiants. Selon lui, les mesures engagées ont permis de rationaliser les dépenses, tout en améliorant la qualité des repas et des prestations d’hébergement proposées aux étudiants.

Sonia Stambouli

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