Installation du Conseil national de la recherche scientifique et des technologies: Djerad insiste sur l’importance de la recherche dans le développement socio-économique du pays

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En procédant, hier, à l’installation du Pr Mohamed Tahar Abadlia dans ses fonctions de président du Conseil national de la recherche scientifique et des technologies (CNRST), le Premier ministre, Abdelaziz Djerad a mis en avant l’importance de cet organisme en tant qu’instrument dans le développement socio-économique du pays. Tout en qualifiant cette installation de «moment mémorable», le Premier ministre a estimé qu’il s’agit là d’un outil important pour promouvoir la recherche scientifique, forger la prise de décision et soutenir l’économie nationale.

«Le CNRST se veut, également, un acteur essentiel pour tracer la politique nationale de la recherche scientifique», a-t-il soutenu. Pour sa part, le ministre de l’Enseignement supérieur, Chems Eddine Chitour a salué la création de ce conseil qu’il a qualifié de «nouvelle pierre renforçant davantage le rôle du savoir et de la recherche en Algérie», appelant cette instance, une fois sa composition humaine mise en place, à «travailler que faire se peut pour être au niveau des challenges et défis de la recherche scientifique et technologique dans notre pays». Ceci intervient au moment où le gouvernement s’apprête à prendre des mesures pratiques pour accélérer la mise en place d’un nouveau modèle économique basé sur la diversification du développement et l’économie du savoir. Ce nouveau modèle a été évoqué par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune qui a insisté, lors du dernier Conseil des ministres, sur la prise des mesures pratiques pour accélérer la mise en place d’un nouveau modèle économique basé sur la diversification du développement et l’économie du savoir, en sus d’une nouvelle politique d’industrialisation orientée vers les industries petites, moyennes et émergentes, soulignant l’importance d’accorder la priorité aux produits garantissant un taux d’intégration élevé. Cette politique industrielle permettra de réduire la facture d’importation et de créer des postes d’emploi et à ce titre, le chef de l’Etat a instruit le gouvernement à l’effet de recenser toutes les ressources naturelles nationales non exploitées afin de renforcer les capacités d’exportation du pays, compenser la baisse des recettes hydrocarbures et préserver cette richesse aux générations montantes. Il a relevé, à ce propos, que l’Algérie dispose de compétences et de ressources matérielles susceptibles de la mettre à l’abri de l’instabilité des recettes pétrolières, appelant à mettre en valeur les ressources humaines afin de remporter le pari, de surmonter les séquelles de la pandémie Covid-19 et de jeter les fondements d’une véritable industrie nationale dans le cadre d’une véritable économie, dont les échéances et les objectifs sont bien définis. Le président de la République a affirmé que l’évaluation doit s’appuyer sur la réalité pour pouvoir sortir avec une vision claire, tout en déplorant le fait que cette réalité montre que «nous ne sommes pas parvenus, à ce jour, à produire localement à 100% un téléviseur ou un réfrigérateur, alors que l’Algérie recèle des compétences scientifiques dans les divers domaines, des compétences qui ont démontré leur potentiel dans notre lutte collective contre la propagation de la pandémie du Coronavirus». Ainsi, et partant de la réforme des structures de gouvernance et de gestion direct de l’économie productive, une stratégie industrielle sera élaborée à travers la révision du cadre législatif relatif à la promotion de l’investissement et la réorganisation du secteur économique public relevant du ministère de l’Industrie et des Mines en vue de sa relance et sa séparation complètement du Trésor public en tant que principal pourvoyeur. Partant de ce constat, le président Tebboune a mis l’accent sur la nécessité de se tourner résolument et avec détermination vers l’industrie pétrochimique, le développement des secteurs de l’industrie et de l’agriculture et l’exploitation des ressources humaines sortant chaque année de nos universités afin de permettre aux jeunes de mettre en avant leur génie habituel. Il a insisté également sur la nécessité de s’orienter immédiatement vers l’investissement dans le secteur des énergies renouvelables pour l’exportation afin d’immuniser notre indépendance économique contre toute éventualité pouvant se produire sur le marché pétrolier. Pour rappel, le président de la République avait appelé à prioriser l’investissement dans les produits agricoles assurant la sécurité alimentaire du pays. Il s’agit ici d’encourager les filières céréalières, notamment le maïs, ainsi que les filières à même de couvrir les besoins nationaux en sucre, huile et céréales. A cet égard, il avait chargé le ministre de l’Agriculture et du Développement rural de mettre en place, à court terme et avant la fin de l’année en cours, un mécanisme sous forme d’un office ou autres en vue de relancer et de promouvoir les investissements agricoles qu’ils soient nationaux, étrangers ou mixtes. En outre, le président de la République a affirmé que le «recul des recettes algériennes d’exportation des hydrocarbures était une réalité liée à l’évolution de la pandémie du coronavirus que connaît le monde», assurant que «nous devons nous préparer sérieusement pour surpasser les répercussions de la crise économique mondiale.» Si pour ce faire, «nous sommes appelés à revoir l’ordre des priorités de l’élan économique, ça ne doit en aucun cas affecter les axes vitaux des plans nationaux de développement, notamment ceux pourtant sur les acquis sociaux à l’instar du niveau de vie du citoyen, des salaires et retraites et des postes d’emploi», a-t-il souligné. Et d’ajouter, «c’est également une occasion pour nous de prendre conscience de la vulnérabilité de notre économie nationale, en raison de notre négligence pendant des décennies à la libérer de la rente pétrolière, indiquant qu’il est impératif de mettre un terme aux mauvaises pratiques qu’a inculquées la période de l’aisance financière, à l’exemple du gaspillage, de l’esprit dépendantiste, de fainéantise et de surconsommation». Se débarrasser de ces pratiques demeure un devoir noble pour nous tous afin de passer sérieusement, collectivement et définitivement vers l’édification d’une nouvelle économie fondée sur la diversification des recettes, la protection de la production nationale, l’économie du savoir et la concrétisation de la transition énergétique, et ce, a-t-il expliqué, pour que le destin de toute une nation ne soit pas à la merci des fluctuations des marchés pétroliers». En outre, il a été décidé de surseoir à l’examen du projet de loi de Finances complémentaire jusqu’à évaluation des répercussions des mesures financières prises au niveau du gouvernement, ainsi que l’évolution de la situation dans le monde. En attendant, le président de la République a annoncé la réduction du montant de la facture d’importation de 41 à 31 milliards de dollars et des dépenses du budget de fonctionnement de 30% sans toucher les charges et salaires. Il a également donné une instruction à l’effet d’arrêter la conclusion des contrats d’études et de services avec les bureaux étrangers, ce qui épargnera à l’Algérie près de 7 milliards USD/an, outre le report du lancement des projets inscrits ou en cours d’inscription, dont la réalisation n’a pas encore été entamée, à l’exception des projets prévus pour les zones de l’ombre. Il s’agit aussi du maintien des dépenses relatives au secteur de la santé, tout en renforçant les moyens de lutte contre la propagation de l’épidémie de coronavirus et les maladies épidémiques en général, et le maintien du niveau de dépenses liées au secteur de l’éducation.

  1. Benslimane