Ligue 1: Quand les clubs tunisiens menacent le championnat

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L’inquiétude grandit chez de nombreux clubs de l’élite pas seulement à cause de l’épidémie du coronavirus, mais aussi en raison de l’exode massif des meilleurs joueurs du championnat.

Un phénomène qui a pris de l’ampleur, notamment depuis que la Fédération tunisienne ne considère plus les footballeurs nord-africains comme des étrangers. Il faut dire que le championnat tunisien est devenu la destination privilégié de nos joueurs, ces derniers mois. Ils sont de plus en plus nombreux à y exercer leur talent. A titre indicatif, ils ne sont pas moins de 7joueurs évoluant à l’ES Tunis. Le nombre de ces expatriés est appelé à augmenter sensiblement cet été, lors de l’ouverture du mercato. Le joueur algérien est en effet très convoité par les clubs tunisiens, car il n’est pas très couteux et peut rapporter gros. On l’a vu avec les Bounedjah et Belaili. Cette saignée n’est pas du goût de tout le monde, des voix s’élèvent pour mettre un terme à cette déperdition.

C’est ainsi que de plusieurs clubs de la Ligue 1, ne pouvant pas rivaliser avec leurs voisins tunisiens sur le plan financier, ont interpellé dernièrement la FAF à ce sujet, l’appelant à intervenir rapidement afin d’arrêter l’hémorragie. Pour rappel, la décision de la libre circulation des joueurs nord-africains dans leur région géographique a été prise au niveau de l’UNAF. Libre ensuite aux 5 fédérations membres de cette institution, de l’adopter ou pas. Pour le moment, seule la Tunisie l’a appliqué au niveau de son championnat. Il se peut que l’Egypte aussi lui emboîte le pas, cet été. Mais rien n’est encore officiel. Quant à la FAF, le sujet n’est pas à l’ordre du jour. La Fédération algérienne de football n’a pas du tout l’intention d’imiter son homologue tunisienne.Mais a-t-elle les moyens juridiques d’empêcher les clubs tunisiens de venir faire leur marché chez nous ? La FAF pourrait toujours se plaindre au niveau de la Fifa, mais dans ce cas elle mettrait en péril les fondements de l’UNAF dont l’Algérie est membre fondateur. C’est assez délicat comme dossier. D’un côté il faudra stopper le départ massif de nos joueurs vers la Tunisie et de l’autre garder de bonnes relations avec nos voisins. Le sujet sera certainement débattu lors des prochaines réunions du Bureau Fédéral de la FAF. C’est inévitable. D’autant que l’une des causes principales du net recul du niveau de nos équipes sur la scène internationale est liée à cet exode de nos meilleurs talents. Sans recourir à la Fifa, la Fédération pourrait en revanche exercer une pression au niveau de l’UNAF pour surseoir à cette décision très préjudiciable pour nos clubs. Au moins jusqu’à ce que ces derniers se mettent à niveau et puissent rivaliser avec les autres.

Pour le moment ce règlement ne profite qu’aux riches, surtout si les Egyptiens et les Marocains se mettent eux aussi de la partie. Il ne reste plus de joueur valable en Algérie. Même les espoirs sont pillés, c’est dire l’étendue des dégâts au niveau local. Le championnat national déjà décrié de toutes parts, n’avait nullement besoin d’un coup pareil qui risque de lui être fatal.

Ali Nezlioui