Camp de Guantánamo: La LADDH évoque le drame de deux détenus algériens

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Photo conception L'Echo d'Algerie@

La Ligue algérienne pour la défense des Droits de l’Homme exprime sa profonde «préoccupation» à propos de l’oubli des deux prisonniers algériens victimes d’une détention «illimitée» à Guantánamo sans aucune inculpation par les Américains, ni sans aucun souci ou inquiétude des autorités algériennes de leur sort. Selon en effet, un communiqué de presse de la LADDH, les concernés, Abderazak Ali Abderrahmane et Sofiane Barhoumi, tous deux âgés de 47 ans, croupissent dans cette prison depuis de nombreuses années et le gouvernement américain viole en toute «impunité» les lois internationales, se croyant «au-dessus des lois».

« Symbole d’une décennie d’atteinte aux Droits de l’Homme et consid- éré comme une tache d’ombre pour les consciences et les mémoires collectives, la prison Guantanamo est devenue le visage des responsables du département d’État des Etats-Unis d’Amérique en pleine crise de confiance et de valeurs morales. Le chemin sera très long pour que les USA puissent gagner à nouveau la confiance des peuples qui ont longtemps cru que les fondements et les principes de justice étaient des valeurs sacrées aux Etats-Unis d’Amérique», regrette la LADDH qui affirme à ce propos que les conditions de détention sont «insupportables». Surpopulation carcérale, détention inhumaine et violation des lois internationales, théâtre pendant plusieurs années de multiples violations des droits humains y compris des disparitions forcées, combinaison orange symbole de désobéissants, maintien en détention indéfinie sans jugement, isolement pour une durée pouvant atteindre jusqu’à trente jours ou encore la mise à nu des prisonniers et l’utilisation de leurs phobies comme l’usage de chiens. Autant de violations soulevées par la LADDH qui relève également le harcèlement et la privation de sommeil avec certaines méthodes telles que Flashs de lumière avec de la musique très forte, les humiliations sexuelles imposées aux prisonniers et la simulation de noyade jusqu’à avoir des bulbes sortant de la bouche et l’alimentation par voie rectale. «Le gouvernement américain autorise des techniques cruelles, inhumaines d’interrogatoire, notamment les positions inconfortables et douloureuses, l’isolement prolongé, la privation sensorielle et les simulacres de noyade, constitutives de tortures ou de mauvais traitements au regard du droit international. La mise des détenus dans des cellules en noir parfois 40 jours pour accentuer son sentiment de peur, frapper les détenus, enchaînés et encagoulés, au visage et à l’estomac et les propulser contre des murs font partie du quotidien des détenus de Guantánamo» , poursuit la Ligue algérienne pour la défense des Droits de l’Homme. Il est à noter que la fermeture de Guantanamo a toujours été l’une des promesses phares de l’ex-président américain, Barack Obama, lors de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2008. Elle fut même suivie d’un ordre exécutif en janvier 2009. «Malheureusement, neuf ans après et alors que Donald Trump, rien n’a changé et cette promesse a été réduite en poussière. D’ailleurs, à ce jour, aucun projet de fermeture de la prison n’est à l’ordre du jour», déplore la LADDH qui soutient la justice est un droit «inaliénable» et que chaque être humain a le droit à un jugement, «quelque soit le crime commis». Pour la LADDH, il est temps pour la communauté internationale de faire «pression» sur Washington pour «obtenir» cette fermeture en urgence pour que nul ne puisse se placer au-dessus des principes du Droit. «La Ligue algérienne pour la défense des Droits de l’Homme appelle le gouvernement des EtatsUnis à mettre un terme à cette parodie de justice et de mettre fin aux détentions de Guantánamo d’une manière totalement conforme au droit international relatif aux droits humains. Des enquêtes approfondies et impartiales doivent être ouvertes et menées pour mettre la lumière sur les violations des droits humains et des poursuites judiciaires contre les responsables de ces violations s’imposent afin de donner réparation aux victimes», conclut la LADDH.

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