L’Algérie amorce une véritable métamorphose de son secteur minier. Au-delà des grands projets structurants déjà engagés, les autorités déploient une stratégie d’envergure visant à élargir l’exploitation et la transformation des minéraux industriels et des métaux stratégiques. Des ressources telles que la baryte, la diatomite, la dolomite ou encore le lithium s’inscrivent désormais au cœur d’un écosystème minéral intégré. Cette démarche est conçue pour soutenir l’industrie nationale, réduire la dépendance aux importations et diversifier durablement l’économie nationale hors du secteur des hydrocarbures.
Dans une analyse publiée au premier numéro de la revue « Istithmar DZ », éditée par l’Agence Algérienne de Promotion de l’Investissement, le ministère des Mines et de l’Industrie Minière précise que la stratégie nationale dépasse le cadre des gisements emblématiques de fer à Gara Djebilet, de phosphate à Oued El Hadba ou de zinc-plomb à Béjaïa. Elle englobe un ensemble de substances minérales d’une valeur économique majeure.
Parmi les projets phares, le site d’extraction et de production de baryte situé dans la wilaya de Médéa vise une capacité de 100 000 tonnes par an, avec une entrée en exploitation prévue pour 2028. De son côté, le projet de diatomite à Sig, dans la wilaya de Mascara, cibles une production annuelle de 25 000 tonnes à la même échéance. Concernant la dolomite, la nouvelle usine de transformation implantée à Oum El Bouaghi a franchi une étape décisive en entrant en service au cours du premier semestre de cette année, affichant une capacité de 100 000 tonnes par an.
En parallèle de ces minéraux industriels, l’Algérie accentue ses efforts d’exploration sur les métaux stratégiques indispensables à la transition énergétique. Dans le cadre du programme de recherche minière 2026-2028, des travaux d’évaluation des ressources en lithium sont actuellement menés dans la région de l’Ahaggar, couvrant les wilayas d’In Guezzam et de Tamanrasset. En outre, le développement de l’exploitation industrielle de l’or participe directement à cette dynamique de diversification de la production minérale.Le secteur minier algérien traverse ainsi une phase fondatrice fondamentale destinée à en faire un pilier de la croissance à moyen terme. Pour concrétiser cette ambition, les priorités des autorités reposent sur le respect des délais d’exécution des projets, le développement de la transformation industrielle locale au détriment de l’exportation de matière brute, le renforcement du cadre réglementaire pour attirer des partenariats technologiques qualifiés, ainsi que la formation de compétences spécialisées. Portée par une volonté politique affirmée et une modernisation du cadre législatif, cette orientation vise à valoriser un potentiel géologique exceptionnel et à accroître substantiellement la contribution des mines au produit intérieur brut national.
Nora Mohammedi






