Trafic de drogue vers l’Europe: Les réseaux marocains étendent leurs ramifications

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Les données publiées par le Centre espagnol de renseignement contre le terrorisme et le crime organisé mettent en évidence l’expansion des réseaux acheminant de la drogue depuis le Maroc vers l’Europe, mais aussi la diversification croissante des substances mises en circulation.

Les chiffres relayés par le quotidien espagnol « Europa Sur » donnent un aperçu de l’ampleur prise par ces flux criminels au cours des deux dernières années. Dans l’une des affaires les plus récentes, la première compagnie de la police douanière et frontalière relevant de la Garde civile espagnole a déjoué, dimanche, une tentative d’introduction de 10,2 kilogrammes de résine de cannabis en provenance du Maroc. La drogue a été découverte au port de Ceuta. Un ressortissant marocain résidant en France a été interpellé alors qu’il s’apprêtait à embarquer à bord d’un ferry à destination d’Algésiras. Les opérations menées récemment en Italie confirment, de leur côté, l’extension de ces activités à des réseaux criminels opérant à l’échelle transfrontalière. Elles révèlent également la diversification des substances commercialisées et la répartition des rôles entre les différents membres de ces organisations. Les carabiniers italiens ont ainsi annoncé l’arrestation d’un homme et d’une femme de nationalité marocaine dans une zone située entre Capaccio Paestum et Eboli, dans le sud de l’Italie. Les deux suspects sont poursuivis pour détention de stupéfiants destinés au trafic dans le cadre d’une activité criminelle transfrontalière. Selon les informations rapportées par le site « La Milano », les enquêteurs ont découvert, à l’intérieur d’un véhicule, près de 2,4 kilogrammes de cocaïne et de crack. Les perquisitions menées dans plusieurs domiciles ont permis de saisir d’autres quantités de résine de cannabis en provenance du Maroc, ainsi que de la marijuana, de l’héroïne, de la cocaïne et du crack. L’opération a également mis au jour l’implication de ces réseaux dans la détention d’armes. Les autorités italiennes ont saisi trois armes et 280 cartouches. Les procédures engagées ont aussi concerné un autre ressortissant marocain, tandis qu’une opération distincte, menée dans le nord-ouest de l’Italie, a révélé une nouvelle ramification de cette activité criminelle. Dans la banlieue d’Albenga, les autorités italiennes ont interpellé un ressortissant marocain soupçonné d’être impliqué dans la commercialisation de cocaïne. Selon le quotidien « La Repubblica », une enquête conduite durant trois mois a permis de mettre au jour un important trafic de stupéfiants dans la région de la plaine d’Albenga. Les investigations ont révélé l’implication d’un ressortissant marocain dans des réseaux criminels spécialisés dans la commercialisation d’importantes quantités de cocaïne et d’héroïne.

75,1 tonnes de cannabis saisies en une année

La saisie de 75,1 tonnes de résine de cannabis en une seule année dans la province espagnole de Cadix témoigne de l’ampleur des flux de drogue en provenance du Maroc à travers la Méditerranée. Les opérations sécuritaires successives ont mis en évidence l’implication de ressortissants marocains dans des réseaux criminels actifs dans le transport, le stockage et la commercialisation de stupéfiants sur le territoire européen. Ces données placent le régime du Makhzen face à ses responsabilités dans l’expansion de ce phénomène et dans ses conséquences sur les pays de la rive nord de la Méditerranée. Au cours de l’année 2025, les autorités de la province de Cadix ont saisi près de 75,1 tonnes de résine de cannabis, sur un total de 198 tonnes interceptées dans les différentes régions d’Espagne. Les saisies de cocaïne effectuées dans cette seule province ont, quant à elles, atteint 8,3 tonnes, soit près du tiers de la quantité totale saisie à l’échelle nationale. Les autorités espagnoles ont également recensé au moins 1 019 arrestations dans des affaires liées au trafic de stupéfiants. Au-delà du volume considérable des saisies, ces chiffres illustrent l’intensification des flux de résine de cannabis en provenance du Maroc à destination de l’Espagne. Les réseaux criminels marocains opérant à l’échelle transfrontalière injectent les revenus générés par le trafic de stupéfiants dans une économie parallèle alimentée par l’argent de la drogue. Le Makhzen continue, pour sa part, de fermer les yeux sur une activité criminelle dont les conséquences sécuritaires et sociales affectent directement les pays de l’autre rive de la Méditerranée. Les différentes affaires mises au jour montrent que cette activité ne se limite désormais plus au simple transport de cargaisons de cannabis. Elle repose sur des réseaux criminels structurés, organisés et actifs dans plusieurs pays européens. L’implication récurrente de ressortissants marocains apparaît à différents niveaux de ces réseaux, leurs rôles allant du transport et du stockage à la distribution et à la commercialisation des stupéfiants. Les activités de ces organisations s’étendent également à plusieurs catégories de drogues, notamment la cocaïne, le crack, l’héroïne et la marijuana. Les revenus tirés de ce trafic constituent ainsi l’une des principales sources d’alimentation de l’économie parallèle marocaine.

Malia Sahli

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