La wilaya de Sidi Bel-Abbès bénéficiera de plus de 70 000 m³ d’eau par jour à la faveur de plusieurs projets structurants destinés à résorber le déficit, à stabiliser l’alimentation en eau potable et à renforcer l’irrigation agricole. Cette nouvelle dynamique repose sur la diversification des sources d’approvisionnement, l’interconnexion des réseaux et la valorisation des eaux usées épurées.
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a posé, samedi après-midi, dans la commune de Ras El-Ma, la première pierre d’un projet de périmètre d’irrigation agricole couvrant une superficie de 100 hectares. Ce nouveau périmètre sera entièrement alimenté par les eaux traitées provenant de la station d’épuration des eaux usées de la commune. Il permettra ainsi de soutenir l’activité agricole tout en réduisant la pression exercée sur les ressources hydriques conventionnelles. En marge du lancement du projet, intervenu lors de la deuxième journée de sa visite de travail et d’inspection dans la wilaya, le ministre a souligné la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement en eau. Il a mis en avant la stratégie nationale de valorisation des ressources hydriques non conventionnelles, notamment à travers la réutilisation des eaux usées épurées dans l’irrigation agricole. Selon Lounès Bouzegza, cette démarche permet à la fois de valoriser une ressource hydrique importante, de préserver les réserves conventionnelles et d’accompagner le développement des activités agricoles dans les régions confrontées à un déficit en eau.
Généraliser l’utilisation des eaux épurées
Le ministre a appelé à généraliser l’expérience engagée à Ras El-Ma à d’autres communes de la wilaya. Il a notamment demandé l’inscription de projets de réalisation de nouvelles stations d’épuration des eaux usées à Sfisef et Telagh. Ces futures infrastructures devront répondre aux besoins des activités agricoles et industrielles, tout en contribuant à une exploitation rationnelle et durable des ressources en eau. La réutilisation des eaux traitées constitue, dans cette perspective, un axe central de la politique du secteur. Elle permet de mobiliser des volumes supplémentaires sans accroître les prélèvements dans les nappes souterraines ou les barrages. Cette orientation vise également à renforcer la résilience des territoires face aux périodes de sécheresse et à sécuriser l’approvisionnement des périmètres agricoles.
Le barrage de Tabia bientôt réhabilité
La visite du ministre a également porté sur le barrage de Tabia, où il a donné des instructions pour l’élaboration d’une fiche technique complète en vue de la réhabilitation de cette infrastructure. Cette étude devra déterminer les travaux nécessaires pour assurer une exploitation optimale du barrage, renforcer sa contribution au développement de l’agriculture et améliorer son rôle dans la protection contre les inondations. La remise à niveau de cette infrastructure s’inscrit dans la démarche visant à optimiser l’utilisation des ouvrages hydrauliques existants et à préserver leurs capacités de mobilisation et de stockage de l’eau.
Sept kilomètres de l’oued Mekerra à aménager
Lounès Bouzegza a également inspecté le projet d’aménagement de l’oued Mekerra sur une longueur de sept kilomètres, à l’intérieur du tissu urbain du chef-lieu de la wilaya. Le projet vise à traiter les points noirs recensés le long de l’oued et à moderniser les réseaux d’assainissement. Il doit permettre de renforcer la protection de la ville contre les risques d’inondation, tout en préservant son environnement urbain. L’aménagement de l’oued Mekerra constitue ainsi un volet important du programme local de prévention des risques et d’amélioration du cadre de vie des citoyens.
Compteurs intelligents et lutte contre les fuites
Le ministre a, par ailleurs, appelé à intensifier les efforts de lutte contre les fuites d’eau, qui représentent une perte importante pour les réseaux de distribution. Il a insisté sur la modernisation du service public de l’eau à travers le recours à la numérisation et l’installation de compteurs intelligents. Ces équipements devront permettre d’améliorer le suivi de la consommation, de détecter plus rapidement les anomalies et de renforcer l’efficacité de la gestion des réseaux hydrauliques. La transformation numérique du secteur doit également contribuer à améliorer la qualité du service fourni aux citoyens et à assurer une répartition plus rationnelle de la ressource.
Réactivation de la « police de l’eau »
Lounès Bouzegza a également annoncé la réactivation de la « police de l’eau », chargée de lutter contre les infractions et l’exploitation illégale des ressources hydriques. Cette structure devra intervenir avec fermeté contre les branchements illicites, les prélèvements non autorisés et les différentes formes de gaspillage ou de détournement de l’eau. La réactivation de ce dispositif traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer le contrôle sur l’utilisation de la ressource et d’assurer sa protection face aux pratiques illégales.
Vers une stabilisation de l’alimentation en eau
Lors d’une conférence de presse tenue à l’issue de sa visite de terrain, le ministre de l’Hydraulique a affirmé que la wilaya de Sidi Bel-Abbès s’orientait résolument vers une stabilisation et une amélioration de son approvisionnement en eau potable et en eau d’irrigation. Cette évolution repose sur plusieurs projets stratégiques nationaux et locaux fondés sur la diversification des sources d’approvisionnement et l’interconnexion des réseaux hydrauliques. Le ministre a rappelé que la wilaya dépendait auparavant principalement de ses ressources souterraines. Elle a depuis bénéficié d’importants programmes destinés à renforcer son alimentation à partir des Chotts Est et Ouest. D’autres projets permettront l’acheminement de plus de 70 000 m³ d’eau par jour et le raccordement du réseau de la wilaya à une nouvelle station située à Tlemcen. Ces opérations devraient permettre de résorber progressivement le déficit enregistré, de sécuriser la distribution de l’eau potable et d’assurer une meilleure complémentarité entre les eaux souterraines et les eaux de surface provenant des barrages et des infrastructures de stockage. Avec le lancement du périmètre irrigué de Ras El-Ma, la réhabilitation programmée du barrage de Tabia, l’aménagement de l’oued Mekerra et le renforcement des transferts d’eau, Sidi Bel-Abbès engage ainsi une nouvelle étape dans la sécurisation et la gestion durable de ses ressources hydriques.
Lehouari K






