Rapport BMI: L’Algérie révise sa croissance à la hausse

0
119

Alors que la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord fait face à des turbulences économiques majeures, l’Algérie affiche une résilience remarquable. Selon le dernier rapport de l’agence de recherche et d’analyse financière et économique BMI, une filiale de Fitch Solutions, les prévisions de croissance pour l’économie algérienne en 2026 ont été révisées à la hausse pour atteindre 3,6 %. Cette performance contraste nettement avec les perspectives de la zone MENA, dont l’économie devrait subir une contraction globale de 3,3 %. Initialement fixées à une régression de 0,9 %, les estimations régionales ont été dégradées de 2,4 points de pourcentage, sous le coup des interruptions majeures du trafic maritime et énergétique.

La stabilité des perspectives algériennes repose sur une conjoncture doublement favorable. D’une part, le pays bénéficie directement du renchérissement des cours mondiaux du pétrole et du gaz. D’autre part, la position géographique de l’Algérie et la structure de ses infrastructures logistiques la mettent à l’abri des perturbations qui paralysent actuellement le détroit de Ormuz. Contrairement aux producteurs du Golfe, dont une part prépondérante des exportations dépend de ce passage stratégique, l’Algérie achemine ses ressources énergétiques vers l’Europe principalement via des gazoducs transméditerranéens et grâce à une puissante flotte de transport de gaz naturel liquéfié à partir des terminaux d’Arzew et de Skikda. Cette spécificité opérationnelle protège l’économie nationale là où d’autres nations pétrolières subissent de plein fouet l’impasse logistique.

La dégradation des prévisions touche l’ensemble des pays tributaires du détroit, prévoyant des récessions marquées pour le Koweït à hauteur de 20,6 %, l’Irak à 19,4 %, le Bahreïn à 16,1 % et le Qatar à 12,4 %. Même les géants économiques de la péninsule arabique voient leur activité ralentir fortement, avec une contraction de 1,3 % anticipée pour l’Arabie saoudite et une quasi-stagnation fixée à 0,3 % pour les Émirats arabes unis. Dans ce paysage fragilisé, seule Oman maintient une trajectoire positive avec 2,9 %, bien que dépassée par la trajectoire algérienne. Le diagnostic posé par BMI s’inscrit dans un consensus international plus large. Les grandes institutions financières confirment toutes la solidité du produit intérieur brut algérien pour l’année en cours : le Fonds monétaire international mise sur un taux de 3,8 %, la Banque africaine de développement anticipe 4,1 %, tandis que la Banque mondiale avance une progression de 3,5 %. Cette dynamique se traduit sur le plan commercial par une empreinte renforcée sur le marché européen.

Sonatrach a ainsi concrétisé sa première livraison directe de gaz naturel liquéfié vers l’Allemagne au début de l’été 2026, avant la mise en œuvre d’un nouvel accord d’approvisionnement à long terme conclu avec la société VNG, devant prendre effet au début de l’année 2027. Toutefois, la solidité de ces indicateurs ne doit pas masquer les défis structurels du pays. L’économie algérienne demeure intrinsèquement liée à la volatilité des cours des hydrocarbures. Pour convertir cette conjoncture favorable en une prospérité durable, l’accélération de la diversification économique et le soutien aux secteurs hors hydrocarbures demeurent des impératifs stratégiques indispensables.

Meryam M.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici