Agriculture: 15 entreprises italiennes attendues à Alger pour l’innovation agricole 

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Avec objectif de renforcer et assurer sa souveraineté et sécurité alimentaire, l’Algérie accélère la modernisation de son secteur agricole. Les 28 et 29 septembre 2026, une délégation de 15 entreprises italiennes, leaders dans la mécanisation et l’agri-tech, se rendra à Alger pour procéder à la signature de nouveaux partenariats stratégiques avec des entreprises algériennes opérant dans le domaine de l’Agriculture. 

Cette mission économique de haut niveau, organisée conjointement par l’agence ICE et la fédération Feder-Unacoma, vise à répondre aux besoins urgents du secteur agricole algérien en matière de numérisation, d’irrigation intelligente, de stockage avancé et de pépinières spécialisées. Ce rapprochement intervient à un moment charnière où le secteur agricole représente environ 15 % du produit intérieur brut de l’Algérie. Avec une surface agricole utile dépassant les 8,6 millions d’hectares, le potentiel de croissance reste immense. Cependant, les évaluations techniques révèlent que près de 70 % des activités agricoles nationales reposent encore sur des méthodes traditionnelles. Cette réalité souligne l’urgence d’intégrer des technologies de pointe pour optimiser les rendements et préserver les ressources naturelles, notamment dans un contexte climatique exigeant. L’Italie s’impose déjà comme un partenaire commercial de premier plan, occupant la deuxième place parmi les fournisseurs de machines agricoles de l’Algérie.

Les chiffres témoignent d’une accélération nette des échanges : les exportations italiennes d’équipements agricoles vers le marché algérien ont atteint environ 35 millions d’euros en 2024, marquant une progression remarquable de 34,9 % par rapport à l’année précédente. La tendance s’est maintenue au début de l’année 2025 avec près de 5 millions d’euros enregistrés sur les seuls mois de janvier et février, consolidant la confiance mutuelle bâtie lors des récents forums d’affaires ayant réuni des centaines d’entreprises des deux rives. L’enjeu principal de cette mission réside dans la transformation du modèle de coopération. La démarche italienne dépasse la simple vente de tracteurs ou de moissonneuses-batteuses pour s’insérer dans une approche systémique globale.

Il s’agit de fournir un écosystème complet englobant l’analyse de données, la gestion intelligente de l’eau, la maintenance industrielle, la formation professionnelle et le transfert effectif de technologie. L’Algérie ne recherche plus de simples fournisseurs, mais des partenaires engagés dans la création de valeur locale et l’industrialisation progressive des équipements sur son territoire. Cette vision s’aligne parfaitement avec les réformes institutionnelles menées par les autorités algériennes au cours de l’année 2026. L’opérationnalisation du Conseil national de la mécanisation agricole, le déploiement de plateformes numériques dédiées et la mise en place du système national d’information agricole démontrent la volonté de piloter le secteur par la donnée et l’efficience.

Ces efforts sont particulièrement visibles dans les grands projets de mise en valeur des terres du Sud, à l’image du vaste programme algéro-italien s’étendant sur 36 000 hectares, dont les premiers résultats positifs sont illustrés par la récolte initiale de blé sur 1 600 hectares à Timimoun. L’intégration de la mécanisation et de l’irrigation intelligente italienne offre ainsi une opportunité concrète de réduire la facture d’importation de denrées stratégiques tout en renforçant la sécurité alimentaire du pays. En transformant le marché algérien d’un espace d’importation en un chantier industriel et technologique structuré, cette coopération pourrait poser les bases d’un modèle reproductible à l’échelle régionale, fondé sur la co-production, l’innovation durable et le développement des compétences locales.

Meryam M.

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