Céréales:L’Algérie prévoit une production globale de 5 millions de tonnes en 2026 

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L’Algérie s’apprête à enregistrer l’une de ses performances agricoles les plus remarquables de la dernière décennie. Selon les dernières prévisions de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production nationale de céréales devrait atteindre environ 5 millions de tonnes durant la campagne 2026. Ce volume représente une hausse spectaculaire de près de 30 % par rapport à la moyenne des années précédentes et constitue le niveau de récolte le plus élevé enregistré dans le pays depuis 2019.

Cette trajectoire positive s’inscrit dans un contexte régional tout aussi dynamique. Le dernier rapport américain sur l’offre et la demande agricoles mondiales indique une hausse marquée de la production céréalière à l’échelle de l’Afrique du Nord. Pour la sous-région, la récolte de blé devrait bondir à 23,10 millions de tonnes, marquant une progression globale de 32,6 %. Cette embellie agricole régionale entraîne une nette baisse de la dépendance aux marchés extérieurs, les importations de blé pour le bloc nord-africain devant chuter à 29,10 millions de tonnes pour la saison 2026/2027, contre 35,57 millions de tonnes lors de la campagne précédente, soit une baisse significative de plus de 6,4 millions de tonnes. Sur le plan national, la récolte algérienne de 2026 marque une rupture nette avec les difficultés passées en affichant un gain de 800 000 tonnes par rapport à la saison 2025.

Cette dynamique repose sur une convergence de facteurs favorables, à commencer par le retour de précipitations adéquates après plusieurs années de sécheresse qui avaient lourdement impacté les zones céréalières de l’Ouest. Le rendement à l’hectare du blé et de l’orge a fortement progressé, soutenu par la modernisation des équipements, la mobilisation de près de 10 000 moissonneuses-batteuses à travers le territoire et le renforcement des capacités de stockage et de collecte, qui visent à engranger plus de 50 millions de quintaux. Malgré cette embellie historique, la hausse de la production locale ne signifie pas un arrêt immédiat de toutes les importations. Les besoins globaux du pays en céréales restent évalués à 14,5 millions de tonnes, dont environ 8,5 millions de tonnes de blé.

L’impact économique de cette récolte record réside principalement dans l’atteinte progressive de l’autosuffisance en blé dur, une avancée stratégique capable de réduire la facture d’importation de cette céréale de plus de 1,5 milliard de dollars. La situation demeure toutefois nuancée pour les autres cultures, notamment le maïs. La demande soutenue de la filière d’élevage et de la production d’aliments pour le bétail maintient les besoins d’importation de maïs à un niveau élevé, proche des 5 millions de tonnes, indépendamment des progrès réalisés dans la céréaliculture locale. La campagne agricole 2026 confirme ainsi une redynamisation concrète de la souveraineté alimentaire algérienne. Entre conditions météorologiques clémentes et investissements matériels ciblés, le pays consolide ses bases économiques et engage une réduction significative de sa vulnérabilité face aux fluctuations des marchés mondiaux du blé.

Maria T.

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