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mercredi, septembre 28, 2022
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Opéra d’Alger: Le groupe Ferda de Béchar fait sensation

Chants spirituels, chants soufis, le «medh» un spectacle inouï qui se veut paix, sagesse et sérénité. Mysticisme, prière, beaucoup de termes dont on pourra aisément qualifier la musique du groupe Ferda de Kenadsa, venu de Béchar, qui a ravi le public de l’Opéra d’Alger. 

Le sentiment s’est surtout accentué dans un espace aussi feutré que celui qu’a offert l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih. Gardant le verbe haut, le groupe Ferda, avec un Si Larbi toujours ingénieux, s’est invité samedi, le temps d’une soirée, et n’a pas manqué de contenter ses admirateurs. Ce spectacle, dédié au patrimoine de la ville de Kenadsa, fait partie d’un programme spécial d’animations musicales élaboré par cet Opéra durant le Ramadhan, sous l’égide du ministère de la Culture. Prenant place en demi-cercle, les éléments du groupe joueront à leur manière d’instruments comme le karkabou, donnant une tonalité à une musique qui met au jour la souffrance et les privations. Lors de ce spectacle, le public était invité à redécouvrir le patrimoine musical de la région de la Saoura à la faveur d’un tour de chant oscillant entre la poésie et le «medh», porté par une grande richesse musicale. Une musique qui garde son cachet originel la distinguant de toutes les scories qui s’y sont greffées chez d’autres groupes de musique plutôt versés dans ce que l’on appelle sans trop se gêner la world music. Avec Ferda, c’est une tout autre histoire, bien que le groupe ait aussi perdu, avec ces dernières créations, de sa superbe, diront, déçus, les mordus de ce groupe de Béchar.

Le public n’avait pas de mal à suivre la cadence de ces «vieux routards» du rythme et du verbe. El Ferda fera un tour d’horizon de son répertoire, maniant des sonorités gnaoua, des houaza de Tlemcen, de «sanaâ» algéroise, de chaâbi, de chants liturgiques et de melhoun. Le groupe exhorte à la paix, à la prière, à la sérénité. Son chant se fait invocation et élévation. Les influences, ce groupe qui s’est fait connaître surtout par Ben Bouziane, en compte plusieurs et pas seulement du patelin qui l’a vu se constituer. Les «qaçidate» bien senties des poètes du cru ne cessent ainsi d’étonner les habituées de cette musique où la religion se mêle avec le profane jusqu’à s’y confondre. Des admirateurs sont toujours nombreux à trouver chez Ferda des consonances perdues au fil du temps. Avec le mois de Ramadhan, ces textes retrouveront une autre consistance. Mené par Larbi Bestam au luth et au chant, le groupe qui s’est produit dans une nouvelle formation pour l’occasion, a enchanté son public, peu nombreux mais composé de connaisseurs du genre, avec ses succès les plus connus qui font la renommée de la troupe depuis plus de 10 ans tels que Karim El Kourama, Nefs Fi Nefs ou encore Ben Bouziane. «El Ferda» a marqué cette soirée par le retour sur scène d’un des piliers du groupe, Hocine Zaïdi, au chant, banjo et soussen et qui a, lui aussi, interprété des textes de poètes contemporains de la région sur les rythmes d’«El Ferda», proches du chaâbi et soutenu par le son métallique du «mahrez» (pilon). Pour cette prestation, les deux fondateurs de la troupe étaient accompagnés du violoniste Khair-Eddine Mkachich et de musiciens du groupe Essed de Kenadsa dont Lahcen Bestam et Saber au goumbri.

«Krim el Kourama» est le premier titre interprété  lors de cette soirée qui a duré plus de deux heures. Ce poème, écrit par Sidi Kaddour El Alami et qui ouvre toutes les soirées de la Ferda, est une invocation à la clémence de Dieu usant de fortes métaphores empruntées à la poésie arabe classique et au riche patrimoine populaire. Toutes les qualités et tous les noms de Dieu sont cités.Elle est d’une spiritualité telle qu’à Kenadsa, il n’y a pas un «taleb» qui ne se fait un point d’honneur de la connaître par cœur. «Sawalt Nefsi fi nefsi», présente aussi dans cette production, un opus qui a toujours ravi le public, donne à voir cette souffrance et l’envie de s’en détacher. La musique est là pour aider les plus démunis qui s’y imprègnent sans trop se gêner. «Sidi M’Hamed Ben Bouziane» est le dernier titre qui a clôturé le  spectacle.

 

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