Les importations européennes de naphta ont enregistré une nette progression au cours du mois de juillet 2026, fortement soutenues par l’augmentation des livraisons en provenance d’Algérie.
Les volumes globaux acheminés vers le continent ont bondi de 39,2 % par rapport au mois de juin, représentant une hausse d’environ 490 000 tonnes pour atteindre un total de 1,74 million de tonnes. L’Algérie s’est hissée en tête des pays fournisseurs, enregistrant son niveau d’exportation vers l’Europe le plus élevé depuis 14 mois. Cette dynamique s’explique notamment par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations logistiques en mer Rouge, qui ont incité plusieurs acteurs du marché à réorienter leurs flux marchands.
L’Algérie a expédié près de 397 400 tonnes de naphta vers l’Europe en juillet. Ce repositionnement stratégique découle des risques sécuritaires accrus dans le détroit d’Ormuz à Bab el-Mandeb, incitant à éviter les routes maritimes exposées du Moyen-Orient. Bien que les exportations algériennes vers l’Asie aient également progressé pour atteindre 441 000 tonnes le mois dernier, ces cargaisons ont dû contourner le continent africain par le cap de Bonne-Espérance. Face à l’allongement des trajets et aux coûts de fret asiatiques, une part plus importante des volumes algériens a été naturellement redirigée vers le marché européen, plus proche et plus sécurisé. D’autres fournisseurs méditerranéens et transatlantiques ont complété l’approvisionnement du continent. L’Italie a acheminé 264 700 tonnes, suivie par l’Espagne avec 212 300 tonnes. Les États-Unis ont également enregistré un sommet de livraisons en 11 mois vers l’Europe, atteignant 160 800 tonnes grâce aux chargements effectués depuis le golfe du Mexique à destination des ports de Rotterdam et d’Anvers. Toutefois, les perspectives d’arbitrage financier entre les deux rives de l’Atlantique s’amenuisent, ce qui pourrait ralentir les flux américains dans les mois à venir.
L’évolution du marché européen du naphta reflète des réalités contrastées entre l’industrie pétrochimique et le secteur du raffinage. D’un côté, le secteur pétrochimique a vu sa consommation ralentir en raison de la baisse du niveau du Rhin en Allemagne, qui a perturbé le transport fluvial des matières premières et contraint plusieurs sites à réduire leur rythme de production.
D’un autre côté, le secteur du raffinage a affiché une forte demande en naphta, stimulée par un écart de prix historique entre l’essence et le naphta, atteignant un sommet en trois ans à 341,8 dollars la tonne. Le naphta a été largement utilisé comme composant de mélange pour produire de l’essence destinée à l’exportation. Cette stratégie a permis aux raffineurs européens, notamment aux Pays-Bas, en Belgique et en Espagne, d’alimenter la demande sud-américaine. Les exportations d’essence vers le Brésil ont ainsi atteint 420 000 tonnes en juillet, leur niveau le plus élevé depuis octobre 2022, profitant notamment de la prolongation des restrictions russes sur les exportations de carburant.
Mohamed B.






