Face au défi majeur du changement climatique et à la rareté grandissante des précipitations, l’Algérie a engagé une véritable course contre la montre pour garantir sa sécurité hydraulique.
Consciente de l’urgence de la situation, les autorités ont déployé une stratégie nationale ambitieuse reposant sur le développement massif du dessalement d’eau de mer, la modernisation des infrastructures de transfert et la réutilisation des eaux usées traitées. Cette mobilisation sans précédent témoigne d’une volonté ferme de protéger le pays du stress hydrique et d’assurer un approvisionnement pérenne en eau potable pour l’ensemble des citoyens.
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a présidé, hier, une réunion de travail décisive consacrée au suivi de l’avancement des grands projets d’infrastructures hydrauliques à travers le territoire national. En présence des cadres de l’administration centrale ainsi que des directeurs généraux et responsables des établissements sous tutelle, cette rencontre a mis l’accent sur les travaux de raccordement aval liés aux nouvelles stations de dessalement d’eau de mer, véritables piliers de la stratégie nationale de sécurité hydrique.
Au cœur des discussions a figuré l’état de préparation du lancement des projets de raccordement aval. Ces infrastructures stratégiques comprennent la réalisation d’un vaste système de conduites de transfert s’étendant sur plus de 250 kilomètres. Alimentées par les nouvelles stations de dessalement de Tlemcen, Mostaganem et Chlef, ces conduites visent à approvisionner plusieurs wilayas de l’intérieur du pays, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis des ressources en eau conventionnelles.
Dans le détail, la station de Tlemcen permettra d’alimenter les wilayas de Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Saïda et Naâma. De son côté, l’infrastructure de Mostaganem desservira les wilayas de Mostaganem, Relizane, Tiaret et Tissemsilt. Enfin, la station de Chlef approvisionnera la wilaya, ainsi que celles d’Aïn Defla, de Médéa et la partie est de la wilaya de Tissemsilt.Avancement des grands chantiers et mises en service
La réunion a également permis de faire le point sur la concrétisation et l’entrée en exploitation de plusieurs installations majeures. Concernant le projet Fouka 2, les travaux de raccordement sont désormais achevés et les équipements mis en service, ce qui a entraîné une amélioration notable de la distribution d’eau potable dans les communes de l’est de la wilaya de Blida.
Pour le projet de KoudiatEddraouch, les opérations de nettoyage et de désinfection des conduites se poursuivent activement. Cette phase de préparation vise une mise en service progressive dès la finalisation des derniers détails techniques. Par ailleurs, les procédures d’appel d’offres ont été lancées pour les travaux de raccordement reliant KoudiatAserdoune à Cap Djinet, au bénéfice des wilayas de Bouira, Tizi Ouzou, M’Sila et Médéa.
Dans l’extrême Sud, le projet de Tin Zaouatine entre dans sa phase opérationnelle avec le lancement des travaux d’approvisionnement depuis la nappe du Tanezrouft, un chantier névralgique destiné à couvrir les besoins d’une population estimée à 32 815 habitants à l’horizon 2050. Dans les hauts plateaux et l’Est, l’alimentation de la ville d’El Eulma et des communes du nord-est de Sétif s’effectue désormais depuis le barrage de DraâDiss, tandis que la prise d’eau du barrage de Tabellout vient renforcer la desserte de six communes à Mila et de deux communes à Jijel.
Valorisation des eaux usées et impératifs de délais
Le volet relatif à l’assainissement a constitué un autre axe central des échanges. La présentation des projets de nouvelles stations et systèmes de traitement dans les wilayas de Blida, Tissemsilt et Mila a été l’occasion d’insister sur l’adoption systématique de la technique de traitement tertiaire. Ce choix technologique permettra la réutilisation efficace des eaux usées traitées dans les secteurs agricole et industriel, préservant ainsi les ressources en eau douce.
Le ministre Lounès Bouzegzaa fermement instruit l’ensemble des acteurs impliqués afin d’accélérer les procédures administratives et techniques, de respecter scrupuleusement les délais contractuels et de résorber sans délai les retards constatés. Il a rappelé que l’aboutissement rapide de ces projets revêt un caractère hautement stratégique pour garantir la continuité du service public de l’eau et consolider la souveraineté hydrique du pays.
Meryam M.






