L’expert en développement économique, Abderrahmane Hadef, estime que la visite officielle du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en République fédérale d’Allemagne marque une étape décisive dans l’évolution des relations algéro-allemandes. Selon lui, cette visite ouvre un nouveau chapitre de coopération stratégique, fondé sur les investissements productifs, le transfert de technologie et le développement de partenariats industriels durables.
Invité de l’émission « L’Invité du matin » sur la Chaîne 1 de la Radio algérienne, M. Hadef a rappelé que les relations entre l’Algérie et l’Allemagne revêtent un caractère historique et stratégique, soulignant que l’Allemagne figure parmi les premiers pays européens à avoir reconnu l’indépendance de l’Algérie et qu’une coopération économique continue s’est développée entre les deux pays depuis cette période. Il a indiqué que le principal acquis de cette visite réside dans la décision de hisser les relations bilatérales au rang de partenariat stratégique, une évolution qui constitue, selon lui, une véritable feuille de route pour la coopération future et ouvre de nouvelles perspectives dans un contexte marqué par d’importantes mutations géopolitiques aux niveaux économique, politique et militaire. L’expert a souligné que la visite s’est distinguée par un programme particulièrement riche, marqué notamment par la tenue du Forum économique algéro-allemand, l’examen de plusieurs dossiers d’intérêt commun avec les responsables politiques, économiques et culturels des deux pays, ainsi que par une rencontre avec les membres de la communauté nationale établie en Allemagne. Selon lui, cette visite consacre l’émergence d’une nouvelle génération de partenariat entre l’Algérie et l’Allemagne et, indirectement, avec l’Union européenne, l’Allemagne étant la première puissance économique européenne et un acteur majeur dans l’orientation des politiques économiques du continent. M. Hadef estime ainsi que cette visite pourrait constituer un véritable tournant dans les relations de coopération bilatérale et régionale. Abordant la dimension géopolitique de cette nouvelle dynamique, il considère que la portée de la visite dépasse le cadre des relations bilatérales et s’inscrit dans le contexte de la recomposition des équilibres économiques entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Il a expliqué que l’intérêt de l’Allemagne pour l’Algérie ne se limite plus au gaz naturel. Il repose également sur les importantes perspectives qu’offre le pays dans les domaines de l’hydrogène vert, de l’énergie solaire, des minerais stratégiques indispensables aux industries de pointe, ainsi que sur sa proximité géographique avec les marchés européens, autant d’atouts qui font de l’Algérie un partenaire stratégique de long terme. Dans le même contexte, l’expert a souligné que l’Algérie adopte désormais une nouvelle approche dans ses partenariats internationaux. Celle-ci vise à dépasser le modèle fondé sur l’exportation des matières premières pour privilégier des partenariats reposant sur la production locale, le transfert de technologie, les investissements productifs, la formation des compétences et le développement d’industries communes, afin de générer davantage de valeur ajoutée pour l’économie nationale. Poursuivant son analyse, M. Hadef a relevé que la participation de dizaines d’entreprises allemandes au Forum économique algéro-allemand, ainsi que la signature de 31 accords et mémorandums d’entente, envoient un signal fort aux investisseurs internationaux sur la volonté de l’Algérie de consolider sa position en tant que destination attractive pour les investissements dans les secteurs de l’industrie, de l’énergie et des infrastructures. Dans son évaluation globale, il considère que cette visite a permis de renforcer les relations avec la première économie européenne et de conforter l’image de l’Algérie comme partenaire stratégique bénéficiant d’un intérêt croissant en Europe. Elle ouvre également la voie à une coopération élargie dans les domaines de l’industrie, de l’énergie et des technologies, des secteurs susceptibles de produire des effets structurants à long terme, notamment grâce aux 31 accords conclus entre les entreprises et institutions des deux pays. En conclusion, Abderrahmane Hadef a souligné que la signature de ces nombreux accords est l’aboutissement de plusieurs mois de préparation et de concertation entre les gouvernements et les opérateurs économiques algériens et allemands. Il estime que le principal défi consiste désormais à transformer ces engagements en réalisations concrètes, à travers la création d’usines, de centres de recherche, de projets dédiés à l’hydrogène vert et d’investissements industriels capables de faire de cette visite une étape majeure dans l’histoire des relations économiques entre l’Algérie et l’Allemagne.
Rym Hamzaoui






