Commerce énergétique: L’Algérie, 2e fournisseur de l’UE avec 18,5 % des importations

0
139

Cette précision concerne bien le gaz naturel acheminé à l’état gazeux, principalement par gazoduc, et non l’ensemble des importations énergétiques européennes. L’Algérie consolide son rôle dans l’approvisionnement énergétique de l’Europe, à la faveur de la recomposition du marché gazier européen et de la recherche de fournisseurs fiables. Les dernières données d’Eurostat placent le pays au deuxième rang des fournisseurs de gaz naturel acheminé par gazoduc vers l’Union européenne.

Au premier trimestre 2026, l’Algérie a assuré 18,5 % des importations européennes de gaz naturel à l’état gazeux. Elle arrive derrière la Norvège, qui conserve largement la première place avec une part de 54,4 %, et devance la Russie, dont la contribution s’est établie à 9,8 %. Ces chiffres confirment le poids stratégique de l’Algérie sur le marché européen, particulièrement auprès des pays du sud du continent bénéficiant de liaisons directes avec les infrastructures gazières algériennes.

Un fournisseur stratégique pour l’Europe

La place occupée par l’Algérie s’inscrit dans un contexte de profonde transformation du paysage énergétique européen. Depuis le déclenchement du conflit en Ukraine, l’Union européenne cherche à réduire sa dépendance au gaz russe et à diversifier davantage ses sources d’approvisionnement. Cette nouvelle configuration a renforcé le rôle de plusieurs partenaires, notamment la Norvège, les États-Unis et l’Algérie. Cette dernière dispose d’un avantage géographique important, renforcé par ses infrastructures de transport reliant directement ses installations gazières au marché européen. Le gaz algérien est principalement acheminé par le gazoduc Transmed, qui relie l’Algérie à l’Italie en passant par la Tunisie, ainsi que par Medgaz, qui dessert directement l’Espagne. Le pays exporte également du gaz naturel liquéfié vers plusieurs terminaux européens.

Une baisse de la facture énergétique européenne

Selon Eurostat, la valeur des importations énergétiques de l’Union européenne a diminué de 16,3 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025. Les volumes importés n’ont toutefois reculé que de 0,3 %, ce qui montre que la baisse de la facture énergétique européenne résulte principalement du repli des prix. Les importations européennes de gaz naturel à l’état gazeux ont, pour leur part, diminué de 12,7 % en valeur et de 4 % en volume. Malgré ce recul général, l’Algérie maintient sa position de deuxième fournisseur de l’Union européenne dans cette catégorie. Le marché du gaz naturel liquéfié reste, en revanche, largement dominé par les États-Unis, qui ont représenté 57,4 % des importations européennes de GNL au premier trimestre 2026. La Russie occupait la deuxième place avec 17,3 %, suivie du Qatar avec 6,6 %.

Alger et Bruxelles approfondissent leur partenariat

L’Algérie et l’Union européenne ont réaffirmé, en février 2026, leur volonté d’approfondir leur partenariat dans le secteur énergétique. Les deux parties ont notamment souligné le rôle de l’Algérie en tant que fournisseur fiable et durable de gaz naturel. Cette coopération ne se limite plus aux hydrocarbures. Elle englobe également les énergies renouvelables, l’hydrogène, la réduction des émissions de méthane, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la modernisation des réseaux électriques. L’Union européenne entend ainsi sécuriser ses approvisionnements à court et moyen termes, tout en préparant sa transition vers une économie moins dépendante des énergies fossiles. Pour l’Algérie, ce partenariat représente une occasion de consolider ses parts de marché, d’attirer de nouveaux investissements et de développer progressivement des filières énergétiques à plus forte valeur ajoutée. Le maintien de cette position dépendra toutefois de la capacité de l’Algérie à accroître sa production, à renouveler ses infrastructures et à répondre simultanément à la progression de la demande intérieure. Le développement de nouveaux gisements, l’amélioration de la récupération des réserves existantes et la maîtrise de la consommation nationale constituent, à ce titre, des enjeux déterminants. L’objectif est de préserver les capacités d’exportation du pays tout en garantissant la couverture durable des besoins du marché national. Dans un environnement énergétique international en pleine mutation, l’Algérie dispose ainsi de plusieurs atouts pour renforcer son rôle auprès de l’Europe : sa proximité géographique, ses réserves, ses gazoducs et une coopération ancienne avec les principaux marchés du sud du continent.

Selma Dey

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici