13e FIBDA: Fatima, la fille du fleuve une nouvelle BD dédiée aux victimes des massacres du 17 Octobre 1961

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Le bédéiste Benyoucef Abbas-Kebir présente, lors de sa participation au 13e Festival international de la bande dessinée d’Alger (Fibda), un nouvel album intitulé Fatima, la fille du fleuve dédié à la mémoire des milliers de victimes des massacres du 17 octobre 1961 à Paris.

Paru aux éditions Dalimen, cet album restitue l’histoire de la petite Fatima Beddar, le plus jeune martyr de ces massacres, victime de la barbarie coloniale, assassinée par la police française, après avoir pris part à une manifestation pacifique contre un couvre-feu injuste, et dont le corps a été jeté à la Seine par les hommes de Maurice Papon. Les premières planches de cet album de 31 pages relatent l’arrivée de Fatima et de sa famille à Paris où ils se sont ilstallés dans une banlieue avant que la petite fille ne rencontre son amie Anie avec qui elle est scolarisée. Le hasard voudra que Fatima soit dans la classe du père de son amie, ce qui donne une amitié des plus solides entre les deux fillettes malgré les différences culturelles, jusqu’au déclenchement des manifestations du 17 octobre 1961 que le père de Fatima a participé à préparer en sa qualité de militant de la fédération de France du Front de libération nationale. Fatima, qui souhaite participer à la manifestation, se voit interdite de le faire par sa mère qui juge qu’elle est trop jeune et qu’elle doit se concentrer sur ses études, mais la fille réussi à sortir de la maison familiale en cachette pour rejoindre les milliers de manifestants qui seront très violemment réprimés par la police française et jetés dans la Seine. Inspiré d’une histoire vraie, Fatima, la fille du fleuve porte également une part de fiction afin d’éloigner l’œuvre du travail historique et de se rapprocher de la BD et du travail artistique. L’album comporte également des planches poignantes, montrant la petite Fatima se noyer dans les eaux froides de la Seine, ou des manifestants subir une violence policière atroce, en plus de la célèbre phrase inscrite sur les quais «Ici on noie les Algériens» et des célébrations du recouvrement de l’indépendance. Benyoucef Abbas-Kebir, qui a également annexé à son ouvrage une liste de plus de 300 noms de victimes de cette répression, a indiqué que cet album a été réalisé pour les 60es commémorations des massacres du 17 octobre 1961 et qu’il fait suite à son ouvrage 17 octobre 1961, 17 bulles publié en 2011. Il explique, par ailleurs, avoir entamé ce travail pour les commémorations en étant conscient de l’importance de ce triste événement qui donne une idée réelle de «l’extension de la guerre de Libération nationale sur les terres du colonisateur». Il a indiqué que le but de cette publication est de faire connaître aux plus jeunes ces événements historiques importants et mettre en avant la participation des plus jeunes dans l’effort de libération, rappelant son ouvrage paru en 2018 P’tit Omar, la révolution dans le cartable, dédié au parcours de ce jeune héro de la Bataille d’Alger, Omar Yacef, mort aux côtés de Hassiba Ben Bouali, Ali la Pointe et Hamid Bouhamidi. La 13e édition du Fibda a pris fin hier soir.

M. Toumi /Ag.