La Banque d’Algérie a publié, lundi, une instruction fixant les modalités d’attribution du droit de change pour voyage à l’étranger au profit des nationaux résidents, désormais octroyé par le biais d’une carte bancaire internationale ou d’une carte dédiée, conformément à la décision prise par le président de la République lors du dernier Conseil des ministres.
Cette instruction (n° 07-2026) met en œuvre la décision du président Abdelmadjid Tebboune d’attribuer, à titre provisoire, l’allocation touristique sous forme de carte bancaire et non plus en espèces. Cette mesure vise à mettre un terme aux dépassements ayant entraîné une importante fuite de devises, sans que les bénéficiaires n’utilisent effectivement cette allocation. Selon le texte, le droit de change pour voyage à l’étranger est mis à la disposition des bénéficiaires au moyen d’une carte de paiement internationale, ou d’une carte internationale spécialement dédiée à cette allocation, émise par les banques intermédiaires agréées conformément à la réglementation en vigueur. Le montant de l’allocation est fixé à 750 euros, ou son équivalent en devise librement convertible, pour les personnes âgées de 19 ans et plus, et à 300 euros, ou son équivalent, pour les jeunes de plus de 12 ans et de moins de 19 ans, dans la limite de deux enfants par famille. Ce droit de change est accordé une seule fois par année civile.
La Banque d’Algérie précise que la carte est délivrée à titre strictement nominatif. Elle ne peut être utilisée que par son titulaire et ne peut être cédée, prêtée ou mise à la disposition d’un tiers. Les voyageurs souhaitant bénéficier de cette allocation devront déposer, suffisamment à l’avance, une demande de délivrance de la carte auprès d’une banque intermédiaire agréée. La durée de validité de cette carte est fixée à trois ans au minimum. Le droit de change crédité sur cette carte ne pourra être utilisé que pour des opérations réalisées à l’étranger en lien avec le motif du déplacement ayant justifié son attribution. L’instruction précise également que l’émission de la carte est adossée au compte devises ouvert par le bénéficiaire auprès d’une banque intermédiaire agréée.
L’octroi du droit de change reste, par ailleurs, conditionné à la détention d’un compte bancaire en monnaie nationale. Les banques sont autorisées à émettre et remettre ces cartes à leurs clients avant même le dépôt d’une demande d’allocation touristique, celle-ci pouvant intervenir ultérieurement. Dans le cadre de cette procédure, elles devront inscrire sur le passeport du bénéficiaire le montant attribué, la devise correspondante ainsi que la date de l’opération. Elles seront également tenues d’effectuer une déclaration sur la plateforme électronique de la Banque d’Algérie dédiée au droit de change.
Enfin, les banques devront mettre en place des dispositifs permanents d’assistance aux porteurs de cartes, notamment des centres d’appels et des canaux d’interaction numériques accessibles depuis l’étranger, disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, afin de traiter en quasi temps réel tout incident ou toute demande liée à l’utilisation de ces cartes.
Amel Driss






