Championnats: Le huis clos, un mal nécessaire

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Nous l’avons évoqué, il y a quelques jours, dans ces mêmes colonnes, le huis clos pour toutes les manifestations sportives nationales, notamment les championnats de football au niveau de tous les paliers, est désormais effectif.

Ainsi en ont décidé les hautes instances du pays, un peu contre l’avis des autorités sanitaires qui, la veille, n’en voyaient pas vraiment la nécessité pour le moment. Mais vaut mieux prévenir que guérir. L’Algérie ne peut pas être en reste ou en retrait de ce qui se passe dans le monde qui se mobilise contre la propagation galopante du coronavirus. C’est un fléau insidieux difficile à combattre et à contrôler qui ne connaît pas de frontières, ni de limites. Personne n’est à l’abri de la pandémie. La décision de décréter le huis clos est la plus indiquée et la plus sage dans ce genre de situation exceptionnelle. «Aux grands maux, les grands remèdes». Certains pensent même qu’on a tardé à le faire. Contrairement à d’autres pays, notamment européens, dont les pertes en billetterie seront conséquentes, le huis clos ne devrait pas poser vraiment un problème chez nous sur ce plan.

Les recettes aux guichets sont insignifiantes et n’ont jamais constitué une manne financière sur laquelle les clubs comptent énormément dans leur financement. D’autant qu’il est limité dans le temps. Il sera en vigueur jusqu’au 31 mars courant. Du moins c’est ce qu’il a été annoncé. Il pourrait néanmoins être prolongé si la situation l’exige. Dans un autre registre, nos équipes et nos joueurs ne seront pas dépaysés, ils ont l’habitude d’évoluer sans la présence du public.

Le championnat algérien tient sans doute le record du monde des matches joués à huis clos. Pour une fois qu’il est justifié, on ne va s’en plaindre. Seulement, il pose un petit problème d’équité en Coupe d’Algérie. En effet, les matches aller des quarts de finales disputés mardi, se sont déroulés en présence de supporters. Ce qui ne sera pas le cas des manches retour dans une semaine. Les clubs amphitryons seront quelque peu lésés par rapport à leurs adversaires. Mais ils ne peuvent pas faire autrement. Ils n’ont d’autre choix que de l’accepter. Ce n’est pas propre à nous, puisque même en Ligue des champions européenne, il s’est posé le même problème. Des clubs comme le PSG, Barcelone ou encore la Juventus sont contraints de recevoir leurs hôtes devant des gradins affreusement vides. Ce qui pourrait leur coûter la qualification. Ce sera aussi le cas de l’équipe nationale dont le prochain match contre le Zimbabwe comptant pour les éliminatoires de la CAN, se jouera sans la présence des fans. Une première dans l’histoire des Verts. Mais cela ne devrait pas empêcher la bande de Djamel Belmadi de réaliser un bon résultat. Ils ont suffisamment de marge pour pouvoir l’emporter, même si en football on ne peut jurer de rien à l’avance. On vit une période incertaine et difficile, il faut savoir s’y adapter et faire le dos rond avant un retour à la normale que l’on souhaite le plus tôt possible. Tout le monde est dans le même bateau, on doit tous tire dans le même sens. Le sport en est impacté comme tous les autres secteurs de la vie active. Il faudra faire avec jusqu’à nouvel ordre.

Ali Nezlioui