Le secteur énergétique algérien continue d’afficher des indicateurs au vert, affirmant la position stratégique du pays au sein de l’échiquier pétrolier mondial. Dans un marché caractérisé par une volatilité constante, la stratégie nationale s’appuie sur une hausse graduelle mais soutenue des volumes d’extraction et sur la valeur ajoutée intrinsèque de son brut de référence. Cette dynamique positive permet à l’Algérie de maximiser ses revenus d’exportation tout en répondant à une demande internationale toujours soutenue pour ses produits pétroliers légers.
L’un des éléments les plus marquants de cette trajectoire réside dans la progression remarquable des volumes d’extraction. La production nationale de pétrole brut est passée d’une moyenne de 905 000 barils par jour en 2024 à 935 000 barils par jour en 2025. Cette tendance à la hausse s’est accélérée de manière significative au cours des derniers trimestres, avec un volume atteignant 972 000 barils par jour durant les trois premiers mois de l’année, puis 983 000 barils par jour au deuxième trimestre. Durant le mois de juillet, la production a franchi le cap des 995 000 barils par jour.
L’Algérie touche désormais du doigt le seuil symbolique du million de barils quotidiens, un développement qui renforce son poids opérationnel et diplomatique au sein de l’organisation des pays exportateurs.
Aussi, la valorisation du pétrole algérien sur les marchés internationaux demeure un atout majeur. Le Sahara Blend continue de bénéficier d’une surcote constante par rapport au brut de référence de la mer du Nord. Bien que le prix moyen du baril algérien ait enregistré une baisse en juillet pour s’établir à 83,79 dollars contre 87,27 dollars en juin, les cours restent à des niveaux nettement supérieurs à ceux observés l’année précédente. La moyenne du Sahara Blend depuis le début de l’année avoisine les 94,16 dollars le baril, marquant un bond spectaculaire par rapport à la moyenne de 72,18 dollars enregistrée sur l’ensemble de l’année précédente. La prime de qualité accordée au Sahara Blend s’est élevée à 1,73 dollar le baril en juillet, confirmant un attrait particulier auprès des raffineries européennes en raison de sa faible teneur en soufre et de son rendement élevé en produits légers.
Cette solidité des cours s’inscrit dans un contexte mondial caractérisé par une reprise progressive de la consommation énergétique. Selon les dernières estimations sectorielles, la demande mondiale devrait augmenter de 600 000 barils par jour à court terme, avant de connaître une accélération plus marquée pour atteindre 2,2 millions de barils par jour l’année suivante. Cette expansion est principalement portée par la croissance économique résiliente des pays non-membres de l’OCDE et par les besoins grandissants de l’industrie pétrochimique internationale. À court terme, la perspective des mois d’hiver et l’augmentation mécanique de la consommation de combustibles de chauffage constituent des facteurs de soutien supplémentaires pour le marché.
Toutefois, la prudence demeure de mise. L’évolution future de la scène pétrolière dépendra de l’équilibre fragile entre la hausse globale de l’offre et les ajustements stratégiques décidés dans le cadre de l’alliance OPEP+. La sensibilité des prix face aux incertitudes géopolitiques et aux fluctuations économiques mondiales impose une vigilance constante. Pour l’Algérie, la conjonction d’une production approchant le million de barils par jour et du maintien de la compétitivité du Sahara Blend offre une marge de manœuvre budgétaire et économique confortable pour aborder les échéances futures.
Mohamed B.






