Adaptation climatique: Le barrage vert au cœur de la stratégie nationale

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L’Algérie renforce sa stratégie d’adaptation aux changements climatiques en misant sur le renouvellement du couvert végétal à travers l’introduction d’espèces résistantes aux conditions climatiques extrêmes. C’est ce qu’a affirmé, jeudi à Alger, la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, à l’ouverture d’une rencontre nationale consacrée aux espèces végétales résistantes, avec le Barrage vert comme modèle.

Dans son intervention, la ministre a souligné que l’adaptation du couvert végétal n’est plus un simple choix technique, mais constitue désormais un enjeu stratégique majeur pour renforcer la capacité du pays à faire face aux effets des changements climatiques. Elle a insisté sur l’importance de privilégier des variétés capables de résister à la sécheresse et aux températures élevées, dans un contexte marqué par l’aggravation de ces phénomènes. Kaouter Krikou a également mis en avant la dimension stratégique du projet du Barrage vert, considéré comme l’un des principaux chantiers structurants nationaux bénéficiant d’un intérêt particulier du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Elle a rappelé que ce projet fait l’objet d’une réhabilitation selon une nouvelle vision intégrant des approches modernes en matière de reboisement et de restauration des écosystèmes. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national climat, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement, dans un environnement marqué par la hausse des températures, l’intensification de la sécheresse et la dégradation des sols. Elle vise à sensibiliser les différents acteurs à l’importance du Barrage vert comme modèle d’adaptation des écosystèmes, tout en encourageant l’intégration d’espèces végétales résistantes dans les programmes de reboisement, afin de lutter contre la désertification et de promouvoir le développement durable. Les travaux ont réuni des experts, des représentants d’organisations internationales, dont l’Organisation mondiale de la santé, ainsi que la Coordinatrice résidente des Nations unies en Algérie. Les échanges ont porté sur les impacts des changements climatiques sur les écosystèmes forestiers, le rôle du Barrage vert comme levier stratégique, ainsi que sur la valorisation d’espèces adaptées aux conditions climatiques difficiles. Dans ce cadre, le chercheur à l’Institut national de recherche forestière, Ouahid Zandouche, a présenté une étude visant à diversifier les espèces d’arbres et de plantes destinées au Barrage vert, tout en améliorant les stratégies de reboisement. De son côté, Djamel Zellagui, directeur d’études à l’Institut national d’études de stratégie globale, a mis en avant l’intérêt de la biodiversité dans l’introduction de certaines espèces non locales, tout en soulignant la nécessité de les tester sur des superficies limitées afin d’évaluer leur impact environnemental avant toute généralisation. Le Haut-commissariat au développement de la steppe, à travers l’intervention de Lakhdar Brouri, a, pour sa part, présenté son expérience dans la lutte contre la désertification et la sécheresse, notamment en matière de réhabilitation des écosystèmes dégradés au cours des trois dernières décennies. En marge de cette rencontre, une convention de coopération a été signée entre plusieurs institutions nationales, dont le Centre national de développement des ressources biologiques, l’Agence nationale des changements climatiques, le Centre de recherche scientifique et technique sur les régions arides, le Haut-commissariat au développement de la steppe et l’École nationale supérieure d’agronomie. Cet accord vise à instaurer un cadre de coopération scientifique, technique et opérationnelle pour la mise en œuvre de programmes intégrés dédiés à la lutte contre la désertification, à la restauration des écosystèmes et au renforcement des capacités d’adaptation. À l’issue des travaux, la ministre, accompagnée de la représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement en Algérie, Natasha Van Rijin, et du représentant de l’Organisation mondiale de la santé, Phanuel Habimana, s’est rendue à l’EcoPark d’Oued Smar, où des variétés végétales résistantes aux changements climatiques ont été plantées. À cette occasion, la représentante du PNUD a salué la politique algérienne en matière de lutte contre la désertification et d’atténuation des effets des changements climatiques, qualifiant le projet du Barrage vert de modèle exemplaire à l’échelle régionale et internationale. De son côté, le représentant de l’OMS a mis en avant les avancées réalisées dans ce domaine, tout en soulignant l’importance d’initiatives comme l’EcoPark d’Oued Smar, qu’il a qualifié d’espace environnemental exemplaire contribuant à améliorer la qualité de vie et le bien-être des citoyens. À travers ces initiatives, l’Algérie confirme son engagement à renforcer sa résilience face aux changements climatiques, en s’appuyant sur des solutions durables, scientifiques et intégrées, au service de la protection des écosystèmes et de la qualité de vie.

Sonia Stambouli

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