L’Algérie dispose aujourd’hui d’une capacité de production électrique dépassant les 27.000 mégawatts, un niveau qui lui permet de couvrir largement les besoins nationaux tout en poursuivant ses ambitions de transition énergétique et d’expansion régionale. C’est ce qu’a affirmé le directeur de la communication et de l’information au ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Khalil Hedna, soulignant que le groupe Sonelgaz a mobilisé l’ensemble des moyens nécessaires pour assurer la stabilité du réseau national à l’approche de la saison estivale.
Invité de l’émission « L’Invité du matin » de la Chaîne I de la Radio algérienne, M. Hedna a indiqué que les mesures engagées par Sonelgaz visent à garantir un approvisionnement régulier en électricité durant les périodes de forte consommation, marquées par la hausse des températures. Il a précisé que la demande nationale atteint généralement son pic entre la mi-juillet et la mi-août, avec une consommation qui ne dépasse pas 21.000 mégawatts, soit un niveau largement inférieur aux capacités de production disponibles. Dans le cadre du renforcement continu de ses infrastructures, Sonelgaz augmente chaque année ses capacités de production de plus de 1.000 mégawatts.
Le groupe poursuit également le développement du réseau de transport de l’électricité à travers la réalisation de 1.596 kilomètres de nouvelles lignes électriques et l’installation de 644 transformateurs à travers différentes régions du pays. Selon le responsable, la progression constante de la consommation énergétique constitue un indicateur de la dynamique économique que connaît l’Algérie, portée notamment par le développement des activités industrielles et des services.
Il a toutefois insisté sur l’importance de promouvoir une utilisation rationnelle de l’énergie afin de préserver les ressources et d’optimiser les performances du système électrique national. Abordant le dossier de la transition énergétique, Khalil Hedna a qualifié le programme national de production de 15.000 mégawatts d’énergie solaire de « projet du siècle ». Placé sous la supervision du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, ce programme avance à un rythme soutenu et constitue l’un des principaux leviers de diversification du mix énergétique national.
La première phase du projet a déjà permis la réalisation de plus de 3.000 mégawatts. Dans ce cadre, les centrales solaires de Biskra et d’El Meghaïer, dotées chacune d’une capacité de 200 mégawatts, ont récemment été mises en service. Le responsable a également annoncé l’achèvement prochain de la centrale solaire d’El Oued, dont la capacité atteindra 600 mégawatts, ce qui en fera l’une des plus importantes installations photovoltaïques du continent africain. À terme, ce programme devrait porter la contribution des énergies renouvelables dans le mix énergétique national de 13 % actuellement à près de 15 à 16 %. L’intégration de ces nouvelles capacités au réseau national permettra non seulement de renforcer la sécurité énergétique du pays, mais également d’ouvrir des perspectives d’exportation vers l’Europe et les pays du bassin méditerranéen.
Sur le continent africain, Sonelgaz poursuit également son déploiement à travers sa filiale Sonelgaz International. Khalil Hedna a rappelé la réalisation de la centrale électrique de Gorou Banda à Niamey, au Niger, d’une capacité de 40 mégawatts. Cette infrastructure, réalisée dans le cadre d’une initiative de solidarité algérienne, fournit de l’électricité à plus d’un million de personnes et représente près de 20 % de la production électrique du pays. Le responsable a également annoncé le lancement d’un projet similaire au Tchad, quelques jours seulement après la visite du président tchadien en Algérie. Cette future centrale devrait couvrir environ 80 % du déficit énergétique enregistré à N’Djamena et contribuer à réduire les délestages de près de 40 %. Un projet de réhabilitation du réseau électrique tchadien est également prévu avant la fin de l’année.
Au-delà de l’exportation du savoir-faire algérien, ces projets favorisent également la promotion de l’industrie nationale grâce à l’exportation d’équipements et de matériels électriques fabriqués localement, dont le taux d’intégration varie entre 56 % et 99 %. Sonelgaz développe également de nouveaux projets au Mozambique, où une centrale hybride de 1.000 mégawatts est à l’étude, accompagnée de la fourniture de turbines à gaz et de travaux de modernisation du réseau électrique. En Côte d’Ivoire, un autre projet prévoit la réalisation d’une centrale hybride de 700 mégawatts ainsi que l’installation de turbines à gaz mobiles d’une capacité de 400 mégawatts. Dans le domaine des interconnexions régionales, plusieurs projets de raccordement électrique sont actuellement à l’étude, notamment avec la Tunisie, avant une extension future vers la Libye et l’Égypte.
Ces initiatives visent à renforcer l’intégration énergétique régionale et à créer de nouvelles opportunités d’échanges d’électricité. Pour Khalil Hedna, ces réalisations reposent sur une expertise nationale consolidée au fil des années. Celle-ci est soutenue par un réseau de cinq écoles de formation relevant de Sonelgaz, implantées à Aïn M’lila, Blida, Adrar, Ghardaïa et Ben Aknoun, qui contribuent à la formation des compétences nécessaires à l’accompagnement des transformations du secteur.
Le responsable a enfin souligné que cette dynamique participe pleinement à la stratégie de « diplomatie économique » menée par l’Algérie, laquelle s’appuie sur l’exportation du savoir-faire national, le développement de partenariats structurants et la valorisation des capacités industrielles et technologiques du pays sur les marchés africains et méditerranéens.
Nora Mohammedi






