L’ouverture officielle de la première session ordinaire de la septième législature du Parlement panafricain, tenue hier à Midrand en Afrique du Sud, marque le début d’une étape charnière pour les institutions parlementaire du continent. Réunis au siège de l’organisation sous la présidence de Fateh Boutbig, les parlementaires africains ont affirmé leur volonté d’engager une phase décisive axée sur la réforme, l’efficacité et la concrétisation des objectifs de développement.
Invité d’honneur et orateur principal de cet événement, Son Excellence M. Cyril Ramaphosa, Président de la République d’Afrique du Sud, s’est adressé aux députés venus de tout le continent. Ces derniers seront rassemblés jusqu’au 1er août 2026 pour débattre du thème retenu par l’Union africaine pour cette année : « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ». Les travaux porteront également sur d’autres thématiques transversales majeures, telles que la paix et la sécurité, le commerce et l’intégration économique, la bonne gouvernance, ainsi que l’égalité des sexes et l’épanouissement de la jeunesse.
Au-delà des enjeux institutionnels, le message central de cette session d’ouverture réaffirme une ambition claire, faire de la gouvernance parlementaire un levier direct au service du développement économique, de la souveraineté continentale et du bien-être des citoyens africains.
Dans son discours, le Président du Parlement Panafricain, Fateh Boutbig, souligne que l’Afrique dispose de tous les atouts naturels, humains et stratégiques pour s’imposer comme un pôle majeur à l’échelle mondiale dans les décennies à venir. Il affirme toutefois que ce potentiel ne suffira pas à lui seul sans une volonté politique affirmée, des institutions solides et des partenariats stratégiques capables de convertir ces richesses en développement durable et en prospérité pour tous. Face aux transformations rapides du monde actuel, marquées par la révolution numérique ainsi que par des défis climatiques, sécuritaires et alimentaires majeurs, le continent doit cesser d’être un simple spectateur pour devenir un acteur clé de l’avenir. Selon lui, la responsabilité collective réside désormais dans la capacité des dirigeants à traduire ce potentiel en politiques efficaces et en résultats tangibles ayant un impact direct sur le quotidien des citoyens africains.
L’intégration économique au cœur des débats
Au cœur des orientations stratégiques présentées pour ce nouveau mandat, l’intégration économique occupe une place prépondérante. Évoquant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Fateh Boutbig a souligné qu’il ne s’agit pas d’un simple accord commercial ou d’un cadre juridique formel, mais d’un projet stratégique et civilisationnel majeur visant l’autonomie économique du continent. Pour le président de l’institution, « la ZLECAf incarne la volonté de l’Afrique de bâtir son avenir économique par ses propres capacités. » Il a rappelé que sa réussite repose sur l’harmonisation des législations, le développement des infrastructures, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que la levée des barrières commerciales. Sur le plan diplomatique et sécuritaire, il a mis en avant le rôle central du Parlement panafricain dans la prévention des conflits par le dialogue, réaffirmant le principe d’apporter « des solutions africaines aux problèmes africains » dans le respect strict de la souveraineté des États. Fidèle à ses valeurs fondamentales, l’institution réitère son soutien au peuple palestinien pour son droit à l’autodétermination, ainsi que son engagement indéfectible pour le parachèvement de la décolonisation sur le continent.
La technologie, une priorité de l’Afrique
Par ailleurs, pour Fatah Boutbig la transformation numérique est érigée en choix stratégique majeur afin de moderniser le travail parlementaire, d’exploiter le potentiel de l’intelligence artificielle, de renforcer la cybersécurité et de garantir la souveraineté des données. Cette orientation doit permettre à l’Afrique de s’imposer comme une créatrice de technologies et non comme une simple consommatrice. Dans cette perspective, le développement des infrastructures et du numérique passe par la promotion d’investissements stratégiques dans les transports, l’énergie et les technologies modernes, garantissant au continent la pleine maîtrise de ses capacités.
La jeunesse est la grande richesse du continent
Le plaidoyer économique porté lors de cette session s’inscrit dans une approche globale et intégrée du développement. La croissance durable y est présentée comme indissociable de la stabilité politique, de la sécurité alimentaire et hydrique, ainsi que de l’investissement prioritaire dans le capital humain. À ce titre, le président du parlement africain affirme que la jeunesse africaine est considérée comme la plus grande richesse du continent tout comme les femmes, doivent être pleinement associées aux instances de prise de décision et à la dynamique entrepreneuriale. En alignant son programme de travail sur les objectifs stratégiques de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, la septième législature du Parlement panafricain entend passer du temps des déclarations à celui de l’action. En faisant de la convergence économique et de la diplomatie parlementaire de véritables leviers d’impact, l’institution réaffirme son engagement déterminé pour une Afrique autonome, intégrée et prospère.
Mohamed B.






