Un nouveau coronavirus découvert chez une chauve-souris en Afrique de l’Est suscite l’intérêt des scientifiques, sans pour autant représenter une menace immédiate pour l’homme.
Cette découverte, publiée dans la revue Nature, apporte de nouvelles informations sur la manière dont certains virus peuvent interagir avec les cellules humaines. Les travaux ont été menés par une équipe de chercheurs britanniques, dirigée par Dalan Bailey de l’Institut Pirbright et Stephen Graham de l’Université de Cambridge. Ils ont identifié un alphacoronavirus baptisé KY43, issu d’une chauve-souris africaine. Parmi une quarantaine de virus étudiés, KY43 est le seul capable de pénétrer des cellules pulmonaires humaines. Pour analyser ce mécanisme, les chercheurs ont utilisé des « pseudovirus », des particules inoffensives permettant de comprendre comment le virus entre dans les cellules, sans risque d’infection réelle. Les résultats montrent que ce virus utilise une voie inhabituelle. Contrairement aux coronavirus connus, il ne passe pas par les récepteurs classiques mais utilise une protéine appelée CEACAM6, généralement associée à certains cancers. Cette découverte révèle que certains virus pourraient utiliser des mécanismes encore inconnus pour infecter l’homme. Cependant, les spécialistes insistent sur un point essentiel : la capacité à entrer dans une cellule ne signifie pas qu’un virus peut provoquer une maladie. Pour devenir dangereux, il doit aussi se multiplier, échapper au système immunitaire et se transmettre entre humains. Selon Stephen Graham, KY43 ne représente pas une menace comparable au Covid-19. Les études menées en Afrique n’ont d’ailleurs détecté aucun cas d’infection humaine lié à ce virus. Malgré cela, les experts appellent à rester vigilants. La chercheuse Huan Yan souligne que certains virus, même considérés comme peu dangereux, peuvent présenter des risques sous-estimés. De son côté, Olivier Schwartz insiste sur l’importance d’anticiper les menaces futures en identifiant les virus potentiellement dangereux. Les chercheurs recommandent ainsi de renforcer la surveillance, de développer des outils de diagnostic et de sensibiliser les populations, notamment face aux contacts avec les animaux sauvages. La pandémie de COVID-19 a montré que les interactions entre l’homme et la faune peuvent favoriser l’apparition de nouveaux virus. Cette découverte rappelle donc l’importance de rester attentif, sans céder à l’inquiétude excessive.
Neila M






