Vacances: Pourquoi laisser un enfant s’ennuyer est parfois la meilleure chose à faire

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Le célèbre « Je m’ennuie ! » résonne dans de nombreuses familles pendant les vacances et pousse souvent les parents à chercher immédiatement une activité pour occuper leur enfant. Pourtant, les spécialistes estiment que cet ennui n’est pas forcément un problème à résoudre. Lorsqu’il est vécu dans un cadre rassurant, il peut au contraire devenir un formidable moteur de créativité, d’autonomie et de bien-être.

Face à un enfant qui ne sait plus quoi faire, beaucoup de parents proposent spontanément un dessin animé, une sortie, un atelier cuisine ou une activité sportive. Cette réaction, motivée par la volonté de stimuler l’enfant, laisse cependant peu de place aux moments de vide, pourtant essentiels à son développement.

Selon Teresa Bolton, spécialiste des émotions et de l’apprentissage, les activités organisées sont indispensables au développement physique, social et cognitif des enfants. Mais elles ne doivent pas occuper tout leur temps. Les enfants ont aussi besoin de périodes où ils peuvent rêvasser, réfléchir, explorer leurs envies et inventer eux-mêmes leurs occupations.

Les chercheurs décrivent l’ennui comme un mécanisme psychologique naturel qui signale un besoin de changement. D’après Anke Zeißig, chercheuse en psychologie de l’éducation, cet état favorise la contemplation, l’imagination, le traitement de l’information et l’exploration de nouvelles expériences, qu’elles soient créatives, sociales ou émotionnelles.

Les bénéfices de l’ennui dépendent toutefois de la manière dont il est perçu. Une étude publiée dans le Journal of Personality montre que les jeunes qui considèrent l’ennui comme une expérience normale présentent un meilleur bien-être psychologique que ceux qui le vivent comme quelque chose de négatif. Le regard des parents joue donc un rôle déterminant : en dédramatisant ces moments, ils aident leur enfant à les accepter et à développer davantage son autonomie.

Les spécialistes soulignent également que ces périodes sans stimulation favorisent la créativité et la connaissance de soi. Loin des sollicitations permanentes des écrans, l’enfant apprend à mobiliser ses propres ressources, à imaginer de nouveaux jeux et à découvrir ses centres d’intérêt. Des travaux publiés dans la revue Behavioral Sciences indiquent d’ailleurs que la capacité à faire preuve de créativité face à l’ennui renforce l’estime de soi, l’optimisme et les émotions positives, tandis qu’un manque de ressources créatives est associé à davantage de ruminations et de symptômes dépressifs.

Pour autant, l’ennui n’est bénéfique que lorsqu’il reste ponctuel. Certains enfants, notamment ceux à haut potentiel, peuvent vivre ces périodes plus difficilement et se désengager rapidement. Les chercheurs rappellent également que des épisodes d’ennui trop longs, en particulier chez les adolescents, peuvent favoriser l’insatisfaction, les idées dépressives ou certains comportements à risque.

L’enjeu consiste donc à trouver le bon équilibre : laisser à l’enfant suffisamment d’espace pour inventer, créer et développer son autonomie, tout en restant attentif à son bien-être. Car parfois, ne rien faire est précisément ce dont il a besoin pour grandir. 

Neila M

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